Le Sénégal c’est d’la balle au SIAL!

Mercredi 24 octobre, Villepinte.

Le plus grand salon international sur l’alimentation

Après une virée lyonnaise au Natexpo, on s’attaque au SIAL: Salon International de l’Alimentation. Et c’est un sacré morceau! En quelques chiffres (merci à ZePros News*): 7200 exposants venus de 119 pays, 310 000 visiteurs (75% d’internationaux), 650 startups, 400 000 produits et une surface d’exposition équivalente à 100 supermarchés… On a tellement marché que je me suis foulé la cheville gauche, et c’est pas une blague.

Hall SIAL
Une des 8 halles du salon…

Difficile de ne pas trouver son bonheur ici, tellement les produits présentés couvrent absolument tous les domaines: de l’épicerie fine aux géants des produits laitiers et carnés, en passant par les tablettes de légumes bio, les céréales petit déjeuner au quinoa, et même l’alimentation animale. La plupart des pays sont représentés, et disposent de leurs pavillons nationaux. Certains sont gigantesques, on pense notamment au Brésil et à l’Argentine, où l’on a même assisté à une grillade party en direct!

Nous commençons par un passage express au stand de l’Épicurien. La cousine d’Edouard y travaille, et une fois n’est pas coutume, parlons un peu des produits régionaux (Occitanie et même Hérault, la société étant située à Le Bosc). L’occasion de découvrir des nouveaux produits et notamment la gamme « Pop Fruits », de délicieuses purées de fruits à utiliser en cocktails, verrines ou nappages.

L’Épicurien
Les confitures/chutneys et les Pop Fruits de l’Épicurien

Les produits africains en ligne de mire: place aux fruits secs

Nous attaquons ensuite par des ingrédients en lien direct avec l’Afrique, et plus particulièrement les fruits séchés et fruits secs. Nous partons ainsi à la rencontre du très amical fondateur de BC Agro fruits secs (aujourd’hui Base Organic Food), « société française spécialisée dans la création de filières de production de fruits secs, graines, céréales exclusivement biologiques à travers le monde ». L’occasion de passer à table de bon matin et de déguster la mangue séchée et la cajou du Burkina ou encore la noix de macadamia du Kenya (même si origine non africaine, mention spéciale à la banane séchée!). La plupart des produits sont bio et équitables. Base Organic a également conçu une machine qui permet de faire de la purée d’oléagineux (noix, amandes etc), en conservant les minéraux et les vitamines.

Au détour d’une allée nous rencontrons la société Hpw Ag, qui propose une gamme intéressante de fruits séchés, tous originaires du Ghana: mangue, coco et ananas.  Le site de transformation, situé non loin de la capitale Accra, est un des plus importants d’Afrique pour les fruits séchés. Il a un impact fort sur toute l’activité économique de la région, en employant près de 1 000 personnes sur les pics de production. Le responsable du site nous explique le fonctionnement éco-responsable de l’usine. Les déchets issus des noix de coco sont par exemple utilisés comme biomasse pour alimenter le système de séchage des fruits, et les pelures des fruits comme biogaz. La société a également investi dans l’énergie solaire. Une fois l’aspect technique et commercial passé en revue, place à la dégustation! J’ai été conquis par la saveur légèrement acide et sucrée de la mangue séchée, préparée en lamelle, en cube et aussi en petites boules, commercialisées sous la marque « Tropicks ». Pratique pour du snacking!

Nous sommes également passé(e)s par le stand de Fruit Gourmet pour une dégustation de fruits séchés réhydratés. L’objectif de ce processus est d’augmenter la durée de conservation, et retrouver l’aspect d’un fruit « frais » par la suite, avec une texture tendre et moelleuse. Un passage par le pavillon Afrique du Sud nous a ensuite permis de rencontrer un fournisseur de raisins secs, et d’en apprendre plus sur les différentes variétés.

Céréales africaines

Dans nos pérégrinations sur les ingrédients africains, nous nous intéressons depuis le début aux céréales. Fonio, sorgho, petit mil, teff…autant de céréales originaires et cultivées en Afrique, et ce depuis depuis des siècles, voir des millénaires pour le fonio. Résistantes à des conditions climatiques de culture extrêmes, elles nécessitent peu d’eau, et, cerise sur le gâteau, elles sont sans gluten, très digestes, avec un indice glycémique bas. Certaines sont aussi riches en acides aminés essentielles et en protéines. Elles sont donc bonnes pour l’environnement et pour la santé. Nous nous rendons sur le Pavillon africain et échangeons avec Danaya Céréales, producteur malien de diverses céréales et préparations: fonio, diouka, couscous de mil (le fameux thiakry), farines de maïs…

Puis, nous partons pour le stand de Baonane. Baonane est une société sénégalaise avec qui nous avions déjà échangé à distance. C’est un important fournisseur de matières premières végétales, et notamment de dérivés du baobab: poudre, feuilles, graines, huiles… Baonane travaille également sur la mangue, le sésame ou encore l’hibiscus. Nous sommes chaleureusement accueilli(e)s par les fondateurs Adama et Martin. Si nous sommes au SIAL aujourd’hui, c’est surtout grâce aux invitations qu’ils nous ont gentiment envoyées! Située près de Kaolack au Sénégal, Baonane exerce depuis 2013. Partie avec une construction modeste, la société est aujourd’hui en pleine croissance avec deux entrepôts et un grand atelier. Adama et Martin nous racontent plus en détail l’histoire de Baonane et la quantité de travail qu’il a fallu fournir pour en arriver là. Nous échangeons également sur les céréales africaines, et plus particulièrement le fonio et le mil, que la société fournit. Et en bio en plus!

Nous repartons de cet échange revigoré(e)s et plein d’entrain pour notre projet. Pour rester dans le monde des « céréales », nous rencontrons deux producteurs et spécialistes des céréales petit déjeuner (muesli, barres…), Dailycer et Markal.

Innovations

Pour finir la journée, direction l’entrée du hall 6, avec les espaces SIAL Innovation et Foodtech. Le Futur Lab « Foodtech » regroupe les jeunes pousses de l’alimentaire, c’est l’occasion pour nous de s’inspirer des startups qui se lancent, comme La Mère Mimosa (et ses délicieux granola que nous avons dégusté). Côté innovations, un vaste espace présente les nouveautés 2018, celles que nous verrons dans nos rayons et nos assiettes prochainement. Les tendances sont claires: retour au produit naturel, le moins transformé possible, qui assure de la transparence au consommateur, tout en apportant de nouvelles « expériences plaisirs »: kéfir, graines de quinoa, tablettes de légumes, insectes, super fruits…autant d’ingrédients et de concepts qui sont à suivre de près.

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Merci SIAL 2018, on se revoit en 2020!

Edouard

*https://tokster.com/article/le-sial-fait-le-bilan–2

La FABIC

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Jeudi 7 juin, Montpellier.

C’est par une belle journée de début d’été (le soleil s’est enfin installé dans le Sud) que nous nous retrouvons dans le jardin de la boulangerie artisanale Drôle de Pain. Nous avons été conviés à un afterwork organisé par la FABIC: la Fabrique d’Innovation Culinaire. La FABIC est une entreprise créée par Laure Barbaza en 2017, dont l’idée est de mettre à disposition des cuisines professionnelles partagées. C’est en quelque sorte le premier « Airbnb » de la cuisine pro.

La start-up propose également d’autres services, que l’on peut résumer ainsi (ok j’ai piqué directement les infos du site internet): « des tarifs préférentiels sur des matières premières aux utilisateurs FABIC / la mise à disposition de chefs / l’organisation de pools de consommateurs / la mise en réseau avec d’autres professionnels (photographe culinaire, agence spécialisé de communication, distributeurs…) »

Autant de services qui seraient à même de nous intéresser, car nous recherchons à la fois un cadre professionnel pour cuisiner, un chef qui élaborerait nos recettes, des potentiels clients pour tester nos produits, et l’accès à un carnet d’adresses.

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Ambiance détendue dans le jardin de Drôle de Pain / Photo©Les 3 Grâces

Laure est diplômée de Sciences Po, formation complétée par un master en intelligence économique. Après ses études, elle a travaillé durant 5 années dans le domaine du conseil, puis a décidé de tout arrêter pour se consacrer à sa passion, la cuisine. Elle monte sa propre pâtisserie, Les Gourmandises de Baba, et passe en parallèle le CAP Pâtissier. C’est en se lançant dans cette aventure qu’elle se rend compte des difficultés, notamment financières, que peuvent rencontrer les entrepreneurs dans le milieu culinaire:  le coût d’un matériel de cuisine professionnel et d’un accès à des locaux adaptés est très élevé. L’idée de la FABIC commence alors à germer.

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Laure, fondatrice de la FABIC / Photo©FABIC

Aujourd’hui 8 cuisines sont disponibles sur Montpellier, nous avons eu l’occasion d’en visiter une sur le secteur Millénaire. Drôle de Pain a été le premier partenaire qui a fait confiance à Laure. La FABIC est parrainée par le Cl’hub des Chefs d’Oc, qui regroupe 13 chefs de restaurants gastro de Montpellier. En plus de ce parrainage, la start-up est accompagné par des Ambassadeurs, principalement des formateurs et des chefs cuisiniers. C’est un de ces chefs, Arnaud Bourg-Broc, que nous avons l’occasion de rencontrer pendant l’afterwork, et a qui nous avons présenté notre idée. Arnaud est le chef de la maison pâtissière Certifié Toqué. Il a récemment concouru, avec son équipe, dans l’émission Le Meilleure Pâtissier: les professionnels sur M6. Cela valait bien une petite photo pour l’Instagram de Monia! Nous avons aussi eu l’occasion d’échanger avec des formateurs, un photographe culinaire et un spécialiste des fruits et plantes tropicales.

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Monia en compagnie d’Arnaud, chef de la maison Certifié Toqué

Laure nous a également mis en relation avec un second chef de la région, François Jacques, que nous avons eu l’occasion de rencontrer peu de temps après dans son atelier du Gard. Il sera l’objet d’un prochain article…stay connected!

Edouard

 

 

SENAR – Les Délices Lysa

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Lundi 16 avril, Dakar.

Ce matin nous décidons d’aller visiter les boutiques des transformateurs-trices que nous avions rencontré(e)s au Dakar Farmers Market. Et peut-être aurons-nous l’occasion d’en savoir plus sur les produits, en rencontrant celles et ceux qui les côtoient au quotidien. En effet, sur le marché il y avait foule et il n’était pas toujours évident d’avoir un échange approfondi.

Après quelques péripéties, nous arrivons à bon port et sommes introduits à l’intérieur du bâtiment. Puis nous sommes chaleureusement accueilli(e)s par Sylvie Sagbo Gommard, la directrice adjointe de LYSA & CO, qui porte la marque SENAR – Les Délices Lysa. Nous ne nous attendions pas à un tel accueil, et mieux qu’une visite en boutique, nous avons la chance de nous assoir autour de la table et d’échanger pendant une bonne heure sur l’histoire et les activités de LYSA & CO, sur le parcours de Sylvie et sur notre projet au Sénégal.

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Sylvie Sagbo Gommard, Directrice adjointe de LYSA & CO

LYSA & CO est une SA sénégalaise basée à Dakar et spécialisée dans la transformation et la commercialisation d’arachides, de noix de cajou et de maïs. L’histoire de la marque SENAR – Les Délices Lysa est une histoire familiale. En 1977, Lydie Sagbo, la mère de Sylvie, commence à vendre des arachides transformées devant chez elle. En 1982, elle crée la marque SENAR (SEnegal ARachide) et commence à commercialiser sa production dans les supermarchés de Dakar. En 1987, l’entreprise étend son offre avec la vente de noix de cajou et de pop-corn sous la marque Les Délices Lysa (pour LYdie SAgbo).

Sylvie part faire ses études en France puis y lance sa carrière professionnelle, dans le domaine de la finance de marché, puis plus tard de la restauration avec l’ouverture d’un restaurant en région parisienne. Elle n’en suit pas moins de près l’aventure entrepreneuriale de sa mère et s’implique dans le développement de SENAR – Les Délices Lysa. Sylvie nous parle avec passion de l’histoire de la société, et nous avons pu saluer sa maman qui a fait une courte apparition dans la pièce. Bravo à cette femme qui a mis tant d’efforts à bâtir et faire vivre sa société !

En 2015, Sylvie revient au Sénégal et reprend les rênes de l’entreprise. L’idée est de la faire rentrer dans une nouvelle phase de croissance, et de saisir tout le potentiel de la marque et de ses produits. En 2017, LYSA & CO est créé, et le fonds TERANGA CAPITAL investit dans l’entreprise. Une nouvelle unité de transformation devrait voir le jour fin 2018, afin notamment de répondre à une demande croissante. Cette nouvelle phase devrait aussi permettre à la société d’accélérer son développement commercial et de conquérir de nouveaux marchés à l’export. La qualité des produits devrait sans nul doute conquérir le cœur des consommateurs du monde entier ! En mars 2018, la société a remporté le Prix d’Encouragement du Salon de l’Agriculture à Paris.

Aujourd’hui les produits sont principalement commercialisés dans les chaînes de distribution sénégalaises (Citydia, Exclusive, Auchan, Casino…), les hôtels (ex : Novotel) et en vente directe (ex : le fameux Dakar Farmers Market !).

Produits SENAR
Un aperçu de la gamme SENAR- Les Délices Lysa

Après avoir écouté attentivement les explications de Sylvie, nous passons à une autre étape, et pas des moins agréables, la dégustation !! Tout en savourant un beurre de cajou 100% naturel, Sylvie nous explique l’ensemble du process, de l’approvisionnement en local de la matière première à la transformation et la commercialisation de ses produits. L’entreprise met un point d’orgue à respecter un processus artisanal de transformation (tri minutieux, cuisson au feu de bois, salage au cœur), et d’utilisation d’ingrédients 100% naturel, gage de qualité. Et cela se ressent en bouche, un vrai délice ! Nous en apprenons beaucoup sur le fruit de l’anacardier, appelé la pomme de cajou, avec lequel on peut faire des confitures et des jus. Et la fameuse « amande » ou noix de cajou, celle que l’on retrouve sur la table. C’est également l’opportunité d’en apprendre plus sur les contraintes à l’export et à l’import (Union Européenne) des produits alimentaires transformés au Sénégal.

Pomme de cajou
La pomme de cajou, et en dessous l’amande cachée sous sa coque

La gamme de SENAR – Les Délices Lysa est très large, et Sylvie a encore beaucoup d’idées dans sa botte secrète ! Nous avons aussi pu tester le délicieux cajoutella, les cajous pralinées au sésame (personnellement mon coup de cœur), à l’anis, au gingembre, les cajous grillées/salées et nature, et les cacahuètes grillées. Autant dire que nous ne sommes pas repartis les mains vides !

Un grand merci à Sylvie pour son accueil chaleureux et le temps accordé, ce fut un plaisir de pouvoir échanger sur sa société et ressentir son énergie entrepreneuriale communicative !

D’ailleurs si vous voulez suivre les aventures de SENAR – Les Délices Lysa et les dernières recettes, ça se passe ici.

« Croquez un jour, Craquez toujours! »

Edouard

 

Biosene

Produits Biosene

Mercredi 18 avril, Dakar.

On recherche avec obsession du beurre de karité…Oui mais pas n’importe lequel ! Il faut qu’il soit local et 100% naturel.
La mère et la grand-mère de Mathy nous mettent en garde : le beurre de karité généralement vendu au Sénégal provient du Mali ou du Burkina Fasso et il est difficile d’avoir une traçabilité sur le processus de transformation de la noix. Le « Dakar Farmers Market » fait alors écho dans nos têtes ! On récupère les flyers des standistes récoltés durant l’évènement et celui de l’entreprise Biosene fait mouche : « 100% naturel », « Free GMO »,  « Beurre de karité » … what else ?! Nous décidons d’en savoir plus sur l’entreprise et ses produits. Direction la zone industrielle Sodida à Dakar, au pied de la radio dunya !

Arrivés dans la boutique, nous demandons s’il est possible de rencontrer un(e) commercial(e). Très naturellement, notre hôtesse nous indique le 1er étage. Nous sommes alors chaleureusement accueillis par Mao BA, le directeur adjoint de la société, et Mme Mame Rokhaya FALL, une des commerciales.

Biosene est une entreprise familiale leader dans la production et la transformation des produits agro-alimentaires et cosmétiques au Sénégal. Les matières premières sont issues de la récolte et de la cueillette locale : moringa, karité, hibiscus, jojoba, pain de singe, coco, miel…
La gamme de produits est variée : compléments alimentaires sous forme de poudre, feuilles, gélules, mais aussi produits cosmétiques formulés en crèmes, huiles ou beurres. Leur leitmotiv : santé & beauté pour un « mieux vivre » et un « mieux-être » de nos consommateurs.

L’histoire de Biosene débute en 2005. A cette époque, l’entreprise, fondée par l’incroyable Mame Khary DIENE,  est connue sous le nom des Laboratoires Bioessence. C’est une PMI spécialisée dans la cosmétique naturelle et biologique et les compléments alimentaires naturels.

Mame Khary Diene
Distinctions obtenues par Mame Khary DIENE

A l’origine, les Laboratoires Bioessence proposent exclusivement du beurre de karité et de l’huile de baobab certifié bio. Puis la société se diversifie avec une gamme de produits agro-alimentaires. En 2017, Les laboratoires Bioessence sont renommés Biosene. C’est alors la petite-sœur de Mame Khary DIENE, Salamba DIENE, qui reprend les rênes de l’entreprise.

Salamba Diene
Salamba DIENE

Les produits viennent essentiellement de Kédougou (Sénégal oriental) et Kolda où la société collabore avec des GIE (Groupement d’Intérêt Economique) de femmes transformatrices. Biosene s’inscrit clairement dans une volonté d’aide aux femmes sénégalaises et joue un véritable rôle social.

Au Sénégal, les produits Biosene sont distribués dans plusieurs supermarchés tels que les Casino et le Sea Plazza à Dakar. A l’international, Biosene exporte en France, aux Etats-Unis, au Canada et en Asie. Leurs produits sont distribués essentiellement dans les boutiques exotiques, l’objectif de la société à moyen terme etant de pénétrer le marché du Bio.

Parmi les challenges que l’entreprise doit relever, on compte d’abord celui de l’exportation. Il n’est pas évident de faire des envois depuis Dakar en respectant les délais et la qualité de la livraison. La meilleure solution serait d’avoir des distributeurs dans les pays cibles. Une autre problématique est celle du packaging. Biosene importe une partie de leur emballage de France afin de pouvoir exporter leurs produits dans les normes. Le packaging est un problème global au Sénégal et un réel frein à l’exportation. Aujourd’hui, Biosene travaille sur la création d’un site e-commerce afin de valoriser leur gamme de produits naturels.

Nous avons craqués et sommes repartis avec du beurre de karité évidemment (objectif atteint !!!) mais également des savons, de la poudre de baobab et de moringa !
A travers Biosene, nous avons découvert un Sénégal exigent quand à la qualité de ses produits transformés, dynamique sur le point de vue de l’innovation produit, et engagé socialement à travers ses partenariat avec des GIE de femmes transformatrices.

Nous souhaitons à Biosene une bonne continuation pour tous leurs projets et nous avons hâte de pouvoir retrouver leurs produits en France dans les magasins Bio 😉

Monia

La qualité Biosene
Ils font confiance à Biosene

 

Ministère de la Santé: Cellule Santé Digitale

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Mardi 17 avril, Dakar.

Grâce à un contact audacieusement pris par Monia (merci Monia !!), nous avons réussi à avoir une entrée au Ministère de la Santé. Direction le Centre Hospitalier National Universitaire de Fann, où se trouve également le Ministère. Le centre dispose de plusieurs compétences (ORL, neurologie, neurochirurgie, cardiologie…) et est notamment pionnier pour son expertise en Afrique dans le domaine de la psychiatrie.

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Le Ministère de la Santé et de l’Action Sociale du Sénégal

Nous avons rendez-vous pour un entretien de 45min avec le Docteur Ibrahima DIA. Le Docteur DIA est Géographe de la Santé et enseignant chercheur associé à l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar et au CESAG. Il est aujourd’hui le Coordinateur de la Cellule de la Carte sanitaire et sociale et de la Santé digitale. Il est donc chargé de la Stratégie nationale e-santé (décidée fin 2016). Autrement dit, de la mise en place de tous les moyens digitaux (ex : téléconsultations) qui permettront aux populations isolées où dans le besoin d’avoir accès à la santé. Cette stratégie passe donc par l’utilisation des TIC ( Technologies de l’Information et de la Communication), en plein boom au Sénégal, et qui sont porteurs de grands espoirs pour résoudre certaines problématiques fondamentales du pays.

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La stratégie de e-santé fait partie du vaste chantier PSE (Plan Sénégal Émergent) lancé par le président Macky Sall en 2014

La Cellule du Dr DIA a donc un rôle politique d’encadrement de toutes les initiatives prises par le public et le privé (startups, ONG…), de sélection des meilleurs projets et idées, et enfin de pilotage de leurs mises en pratique. Une tâche titanesque ! Comme il tient à nous le préciser, le Ministère ne développera pas les solutions e-santé, mais définira un cadre juridique et réglementaire. La Stratégie devrait être signée et validée par le Ministre de la Santé très prochainement, et les premières consultations lancées dans la foulée.

Le Docteur nous a rappelé dans un premier temps son rôle dans la mise en place de la Carte Sanitaire 2016-2020 : l’organisation de l’offre de soins, c’est-à-dire la répartition de tous les centres de soins sur l’ensemble du territoire, dans un souci d’équité (accessibilité géographique).

Puis il nous a présenté, de façon claire et organisée, les différentes problématiques auxquelles fait face le Sénégal, et auxquelles le numérique peut apporter une réponse :

  • Le manque ou l’absence d’accès aux structures de soins (le Dr nous a notamment cité l’absence de pédiatres dans certaines zones reculées)
  • La difficulté de la maîtrise des stocks de médicaments une fois sortis de la pharmacie ou du centre de santé. Et donc la problématique de l’utilisation de médicaments périmés
  • Le manque de laboratoires d’analyse
  • Les naissances et les décès non déclarés
  • Le manque d’interconnexion entre les ambulances et les urgences. Une information transmise à temps en amont au service d’urgence qui accueille le patient permettrait de sauver plus de vies
  • Des systèmes d’information hospitaliers non uniformisés et non connectés entre eux
  • La difficulté à assurer la traçabilité du patient. Beaucoup de registres de patients sont encore tenus à la main dans les centres de santé. Nous avons eu l’occasion de nous en rendre compte en interviewant une infirmière au centre de santé de Fadiouth.
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Le centre de santé de Fadiouth (120km au sud-est de Dakar)

La tâche est certes conséquente, mais l’espoir est permis, notamment grâce au numérique. La télémédecine (par exemple la consultation d’un médecin à distance par l’intermédiaire d’une application ou d’une interface mobile) peut ainsi répondre au manque de médecins dans les zones isolées. Le Ministère de la Santé, prenant appui sur la forte pénétration du mobile dans la société sénégalaise, a déployé en 2016 le programme M-Diabète. Ce programme permet à des personnes diabétiques de recevoir des conseils par SMS pour gérer leur diabète au quotidien, mais également sensibiliser les personnes non-diabétiques. Il a connu un succès important avec 50 000 inscrits (on estime que 400 000 personnes sont diabétiques au Sénégal*).

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Le programme M-Diabète

Concernant le manque de laboratoires d’analyse, une solution envisagée est l’utilisation de drones pour la délivrance de médicaments en zones reculées, et le transport d’échantillons ou de poches de sang. Cette technique ne relève pas de la science-fiction et a été testée pour la première fois au Rwanda.

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La livraison de poches de sang par drones est depuis peu une réalité, ici au Rwanda (source: Le Monde)

Une meilleure efficience dans l’harmonisation des SI (systèmes d’information) des hôpitaux et centres de soins est également possible aujourd’hui avec des systèmes comme le DHIS2, qui permet une remontée d’information du niveau local au niveau national, et ainsi mieux appréhender les besoins. Utilisé dans 42 pays africains, ce logiciel libre peut être adapté aux besoins spécifiques de chaque pays.

La e-formation (ou e-learning) des personnels de santé est une autre utilisation possible des TIC. Le Dr DIA nous a en effet expliqué que des centres de santé ne disposant que d’un médecin chef souffraient de l’absence de ce dernier qui devait se déplacer pour se former. La formation à distance est donc une réponse efficace.

Nous n’avons certes pas couverts toutes les problématiques et solutions envisageables au cours de notre entrevue avec le Dr DIA, mais nous avons compris qu’une stratégie se basant sur les avantages du numérique (et faisant appel à tous les acteurs de la santé) pouvait changer la donne, au Sénégal et ailleurs.

Merci au Dr DIA pour son chaleureux accueil !

Edouard

*Site de l’OMS, http://www.who.int/features/2014/mobile-phones-diabetes-ramadan/fr/

 

YDK International Consulting

logo YDK International Consulting

Dimanche 15 avril, Dakar.

Dimanche matin, 11h, direction un restaurant branché dans le quartier des Almadies à Dakar, « Chez Fatou », pour échanger avec Maty N’Dome Kebe autour d’un brunch.
Maty dirige son propre cabinet de consulting, YDK International Consulting, qu’elle a fondé en 2017. Elle conseille et accompagne les entreprises internationales et locales souhaitant se développer au Sénégal, dans leur stratégie marketing et commerciale. Maty est diplômée de l’Ecole de Management de Lyon et possède plus de 15 ans d’expérience au sein de multinationales telles que Impérial Tobacco, Antalis ou encore Jeune Afrique.

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Chez Fatou avec Maty 🙂

Franco-sénégalaise, elle puise son inspiration dans sa multi-culturalité. Après avoir vécu plusieurs années en France, elle s’est installée à Dakar début 2017. Elle n’a pas songé immédiatement à l’entrepreneuriat et recherchait un poste dans son champ de compétences : le marketing et l’accompagnement commercial. Malheureusement, elle a été confrontée à la réalité du marché du travail au Sénégal et à la difficulté d’intégrer une entreprise.

Ce qui nous a frappés chez Maty, c’est son dynamisme et sa facilité à échanger et à communiquer. C’est justement grâce son aisance relationnelle et ses diverses rencontres qu’elle s’est vite rendue compte que les PME dakaroises n’avaient pas de structure marketing intégrée et qu’il y’avait donc un réel besoin à satisfaire. YDK International Consulting est alors né ! Son leitmotiv : « Construire l’Afrique ensemble »

Justement, au même moment, son ancien employeur Jeune Afrique la contacte pour l’accompagner dans l’organisation d’un évènement à Dakar. C’est le début d’une belle aventure ! Petit à petit, Maty se construit un réseau, à la fois composé de PME et de grandes entreprises. Elle a également intégré des réseaux d’entrepreneurs tels qu’ENABLIS. C’est d’ailleurs par cet intermédiaire qu’elle rencontre l’entreprise SENAR Les Délices Lysa avec qui elle collabore aujourd’hui (un article sur SENAR Les délices de Lysa, avec qui nous avons échangé, est en cours de préparation).
Quand nous rencontrons Maty, elle vient tout juste de finir un projet avec Women In Africa. C’est un club de femmes décideurs africaines crée par l’emblématique Aude de Thuin. C’est un réseau que nous envisageons d’intégrer lorsque nous aurons notre projet bien défini.

Nous avons également échangé sur les codes business au Sénégal. Le premier point important selon Maty c’est le professionnalisme et la qualité du service/produit rendu. Ici, le canal de communication prédominant est le « bouche à oreille » (plus important que les réseaux sociaux) : si on fournit un bon travail, le bouche à oreille se chargera de diffuser l’information ! Mais attention, cela est également valable si on fait du mauvais boulot !
Ensuite, il est impératif de toujours être en possession d’une carte de visite et de rester HUMBLE ! Maty a insisté sur ce dernier point. Il faut s’adapter à la culture locale et ne pas vouloir imposer la sienne.

Après cette entrevue, on en sait beaucoup plus sur une partie des challenges auxquels font face les entreprises présentes au Sénégal. Merci beaucoup à Maty pour sa disponibilité. Bonne continuation et nous te souhaitons d’atteindre l’ensemble de tes objectifs. Au plaisir de se recroiser !

Monia

De belles rencontres en perspective!

De belles rencontres à venir

Au fur et à mesure de nos recherches sur le Sénégal et ses challenges, nous avons découvert des entrepreneurs extraordinaires, issus ou non de la diaspora. On ne pouvait pas aller au Sénégal et découvrir le terrain sans les rencontrer!!!

Mon outil préféré pour « réseauter »: Linkedin! Je les ai donc contacté en leur expliquant notre projet. TOUS, sans exception, ont été ravi de notre démarche et ont accepté de nous rencontrer pour échanger sur leur expérience ainsi que les problématiques inhérents à leur marché.

Parmi ces entrepreneurs, on peut citer:

– Awa Kaba, SOORETUL: Plateforme e-commerce qui permet aux producteurs sénégalais d’écouler leurs marchandises en ligne tout en œuvrant pour créer de l’emploi pour des femmes qui exploitent les produits locaux.
– Mor Niane, SUNUBUS: Application collaborative de localisation de bus et des lignes de transport.
– Adama Kane, JOKKOSANTE: Pharmacie digitale communautaire.
– BAIDY SY, Digital Transformation & Cybersecurity Advisor
– Ibrahima Nour Eddine Diagne, GAINDE 2000: Constructeur et opérateur de guichet unique; Fournisseur de solutions de paiement électronique ; Réalisateur de plateformes de dématérialisation; Fournisseur de solution de sécurité digitale.
– Malick Diouf, LAFRICAMOBILE: Première plateforme de communication digitale et multicanale pour interagir avec l’audience africaine et la diaspora.

On a également contacté les incubateurs de start-up, CONCREE et le CTIC. Ils ont généreusement accepter de nous ouvrir leurs portes.
Et c’est pas fini! Nous sommes en attente d’autres RDV :). Et puis, au cours de ce premier voyage au Sénégal nous allons aller à la rencontre des locaux, discuter et échanger le plus possible pour ne pas en perdre une miette 😉

Wouaw! Quel programme! On a hâte d’en apprendre plus! C’est tellement stimulant et intéressant!
A très vite pour la suite 🙂

Monia

“Mêmes les rencontres de hasard sont dues à des liens noués dans des vies antérieures… tout est déterminé par le karma. Même pour des choses insignifiantes, le hasard n’existe pas”
Haruki Murakami