Le Sénégal c’est d’la balle au SIAL!

Mercredi 24 octobre, Villepinte.

Le plus grand salon international sur l’alimentation

Après une virée lyonnaise au Natexpo, on s’attaque au SIAL: Salon International de l’Alimentation. Et c’est un sacré morceau! En quelques chiffres (merci à ZePros News*): 7200 exposants venus de 119 pays, 310 000 visiteurs (75% d’internationaux), 650 startups, 400 000 produits et une surface d’exposition équivalente à 100 supermarchés… On a tellement marché que je me suis foulé la cheville gauche, et c’est pas une blague.

Hall SIAL
Une des 8 halles du salon…

Difficile de ne pas trouver son bonheur ici, tellement les produits présentés couvrent absolument tous les domaines: de l’épicerie fine aux géants des produits laitiers et carnés, en passant par les tablettes de légumes bio, les céréales petit déjeuner au quinoa, et même l’alimentation animale. La plupart des pays sont représentés, et disposent de leurs pavillons nationaux. Certains sont gigantesques, on pense notamment au Brésil et à l’Argentine, où l’on a même assisté à une grillade party en direct!

Nous commençons par un passage express au stand de l’Épicurien. La cousine d’Edouard y travaille, et une fois n’est pas coutume, parlons un peu des produits régionaux (Occitanie et même Hérault, la société étant située à Le Bosc). L’occasion de découvrir des nouveaux produits et notamment la gamme « Pop Fruits », de délicieuses purées de fruits à utiliser en cocktails, verrines ou nappages.

L’Épicurien
Les confitures/chutneys et les Pop Fruits de l’Épicurien

Les produits africains en ligne de mire: place aux fruits secs

Nous attaquons ensuite par des ingrédients en lien direct avec l’Afrique, et plus particulièrement les fruits séchés et fruits secs. Nous partons ainsi à la rencontre du très amical fondateur de BC Agro fruits secs (aujourd’hui Base Organic Food), « société française spécialisée dans la création de filières de production de fruits secs, graines, céréales exclusivement biologiques à travers le monde ». L’occasion de passer à table de bon matin et de déguster la mangue séchée et la cajou du Burkina ou encore la noix de macadamia du Kenya (même si origine non africaine, mention spéciale à la banane séchée!). La plupart des produits sont bio et équitables. Base Organic a également conçu une machine qui permet de faire de la purée d’oléagineux (noix, amandes etc), en conservant les minéraux et les vitamines.

Au détour d’une allée nous rencontrons la société Hpw Ag, qui propose une gamme intéressante de fruits séchés, tous originaires du Ghana: mangue, coco et ananas.  Le site de transformation, situé non loin de la capitale Accra, est un des plus importants d’Afrique pour les fruits séchés. Il a un impact fort sur toute l’activité économique de la région, en employant près de 1 000 personnes sur les pics de production. Le responsable du site nous explique le fonctionnement éco-responsable de l’usine. Les déchets issus des noix de coco sont par exemple utilisés comme biomasse pour alimenter le système de séchage des fruits, et les pelures des fruits comme biogaz. La société a également investi dans l’énergie solaire. Une fois l’aspect technique et commercial passé en revue, place à la dégustation! J’ai été conquis par la saveur légèrement acide et sucrée de la mangue séchée, préparée en lamelle, en cube et aussi en petites boules, commercialisées sous la marque « Tropicks ». Pratique pour du snacking!

Nous sommes également passé(e)s par le stand de Fruit Gourmet pour une dégustation de fruits séchés réhydratés. L’objectif de ce processus est d’augmenter la durée de conservation, et retrouver l’aspect d’un fruit « frais » par la suite, avec une texture tendre et moelleuse. Un passage par le pavillon Afrique du Sud nous a ensuite permis de rencontrer un fournisseur de raisins secs, et d’en apprendre plus sur les différentes variétés.

Céréales africaines

Dans nos pérégrinations sur les ingrédients africains, nous nous intéressons depuis le début aux céréales. Fonio, sorgho, petit mil, teff…autant de céréales originaires et cultivées en Afrique, et ce depuis depuis des siècles, voir des millénaires pour le fonio. Résistantes à des conditions climatiques de culture extrêmes, elles nécessitent peu d’eau, et, cerise sur le gâteau, elles sont sans gluten, très digestes, avec un indice glycémique bas. Certaines sont aussi riches en acides aminés essentielles et en protéines. Elles sont donc bonnes pour l’environnement et pour la santé. Nous nous rendons sur le Pavillon africain et échangeons avec Danaya Céréales, producteur malien de diverses céréales et préparations: fonio, diouka, couscous de mil (le fameux thiakry), farines de maïs…

Puis, nous partons pour le stand de Baonane. Baonane est une société sénégalaise avec qui nous avions déjà échangé à distance. C’est un important fournisseur de matières premières végétales, et notamment de dérivés du baobab: poudre, feuilles, graines, huiles… Baonane travaille également sur la mangue, le sésame ou encore l’hibiscus. Nous sommes chaleureusement accueilli(e)s par les fondateurs Adama et Martin. Si nous sommes au SIAL aujourd’hui, c’est surtout grâce aux invitations qu’ils nous ont gentiment envoyées! Située près de Kaolack au Sénégal, Baonane exerce depuis 2013. Partie avec une construction modeste, la société est aujourd’hui en pleine croissance avec deux entrepôts et un grand atelier. Adama et Martin nous racontent plus en détail l’histoire de Baonane et la quantité de travail qu’il a fallu fournir pour en arriver là. Nous échangeons également sur les céréales africaines, et plus particulièrement le fonio et le mil, que la société fournit. Et en bio en plus!

Nous repartons de cet échange revigoré(e)s et plein d’entrain pour notre projet. Pour rester dans le monde des « céréales », nous rencontrons deux producteurs et spécialistes des céréales petit déjeuner (muesli, barres…), Dailycer et Markal.

Innovations

Pour finir la journée, direction l’entrée du hall 6, avec les espaces SIAL Innovation et Foodtech. Le Futur Lab « Foodtech » regroupe les jeunes pousses de l’alimentaire, c’est l’occasion pour nous de s’inspirer des startups qui se lancent, comme La Mère Mimosa (et ses délicieux granola que nous avons dégusté). Côté innovations, un vaste espace présente les nouveautés 2018, celles que nous verrons dans nos rayons et nos assiettes prochainement. Les tendances sont claires: retour au produit naturel, le moins transformé possible, qui assure de la transparence au consommateur, tout en apportant de nouvelles « expériences plaisirs »: kéfir, graines de quinoa, tablettes de légumes, insectes, super fruits…autant d’ingrédients et de concepts qui sont à suivre de près.

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Merci SIAL 2018, on se revoit en 2020!

Edouard

*https://tokster.com/article/le-sial-fait-le-bilan–2

La plateforme technologique du CIRAD fait son show

Vive le réseau!

Depuis que nous avons décidé d’orienter notre projet vers l’innovation agroalimentaire, nous avons tissé un réseau autour des acteurs du secteur dans la région de Montpellier. Ce sont des centres de recherche tels que Montpellier Supagro ou encore des industriels tels que Racines (dont on parle dans notre précédent article!).

C’est justement au cours d’une rencontre avec Philippe Gauthier, directeur de la société Racines, que nous avons eu vent de l’inauguration du projet « Techalim » (Technologie Alimentaire) au sein de la plateforme technologique du CIRAD. Le CIRAD est le Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement durable des régions tropicales et méditerranéennes. Racines, qui commercialise des produits alimentaires ethniques en provenance d’Afrique et de l’Océan Indien, collabore étroitement avec le CIRAD sur différents projets depuis déjà plusieurs années.

Nous nous empressons de nous inscrire à cette journée d’inauguration, qui sera bénéfique à notre projet!

La plateforme de technologie agroalimentaire du CIRAD fait peau neuve

Si la plateforme se fait un relooking, elle existe en réalité depuis 1986! Elle est gérée par l’Unité Mixte de Recherche (UMR) QualiSud.
L’UMR Qualisud est spécialisée dans le secteur du génie des procédés alimentaires et engage son expertise d’une part dans des projets de recherche en lien avec les pays du Sud, et d’autre part au service des entreprises agroalimentaires de la région.
Elle agit en particulier dans le secteur de la transformation de l’aliment, de son processus d’élaboration après récolte ou abattage jusqu’à l’évaluation de sa qualité sensorielle et nutritionnelle, de son bénéfice santé, de son innocuité et de ses propriétés technologiques.

La plateforme a été entièrement rénovée par le CIRAD et de nouveaux équipements ont été mis en place dans le cadre du projet « Techalim », qui a bénéficié d’un co-financement de l’ordre de 2 millions d’euros de l’État, la Région Occitanie, du FEDER, de Montpellier Méditerranée Métropole ainsi que du CIRAD.

La rénovation de la plateforme a été imaginée sous forme de 6 plateaux techniques, chacun consacré à une technologie ou une activité bien définie: déshydratation, séparation membranaire, technologie post-récolte, cuisson-fumage, une salle propre ISO 8 pour travailler sur la mise au point de produits et un plateau modulable consacré à la transformation des produits agricoles à forte teneur en eau.

Plateaux de la plateforme technologique du CIRAD
Les différents plateaux de la plateforme technologique du CIRAD

A l’occasion de cette rénovation, le CIRAD a organisé un showroom pour l’inauguration de la plateforme flambant neuve. Et nous étions là 🙂

La plateforme technologique fait son show: le jour J

Plateforme de technologie agroalimentaire du CIRAD
Lundi 8 octobre au CIRAD. Nous sommes conviés à 9:30 pour partager un petit-déjeuner, pendant ce temps la plateforme technologique se remplit progressivement. Plus d’une centaine de participants est attendue. Parmi eux, les représentants de Montpellier Méditerranée Métropole, des membres de la Région Occitanie, de l’Etat, de Montpellier Université d’Excellence (MUSE) et d’une quarantaine d’entreprises.

Inauguration plateforme technologique CIRAD
Arrivée des participants et premiers échanges

10:00 sonne alors l’ouverture de l’inauguration officielle qui débute avec un discours de Michel Eddi, PDG du Cirad. Son intervention est suivie par les discours de Mylène Fourcade, Vice-Présidente de Montpellier Méditerranée Métropole en charge de l’agroécologie et de l’alimentation, Carole Delga, Présidente de la Région Occitanie, et enfin Laurent Carrié, Secrétaire général aux affaires régionales de Préfecture de la Région Occitanie.

Inauguration plateforme du CIRAD
De gauche à droite : Mylène Fourcade, Michel Eddi, Carole Delga, Vincent Fabre-Rousseau, directeur régional du Cirad en Occitanie, Laurent Carrié & Philippe Augé, Président de l’Université de Montpellier

Une fois l’intervention des officiels terminée et le joli ruban bleu blanc rouge coupé, place aux témoignages d’entreprises régionales qui ont développé des projets à travers la plateforme technologique.

La première intervenante est Laure Vidal, fondatrice de la start-up montpelliéraine Il était un fruit. L’entreprise propose une gamme de snacking sain, sans additifs et sans sucre ajouté sous forme de pétales de fruits et légumes séchés. Le CIRAD a accompagné la start-up dans l’élaboration du produit et la mise en place d’un procédé de fabrication innovant. Ce jour-là, nous avons eu la chance de déguster des pétales de pommes et de figues, un vrai délice!

Puis, c’est au tour du chocolatier perpignanais Cémoi et du groupe Lallemand d’apporter leurs témoignages. Les deux entreprises ont bénéficié de l’accompagnement du CIRAD pour les aider dans la maîtrise du processus de fermentation d’un cacao issu de Côte d’Ivoire. L’objectif de ce projet est de travailler sur certains arômes spécifiques du cacao, recherchés sur les marchés chinois et américains.

Enfin, la responsable qualité de la société Racines nous a présenté les travaux réalisés en partenariat avec le CIRAD: amélioration des techniques post-récolte du fonio et de séchage traditionnel du poisson.

L’éventail des possibilités au sein de la plateforme est donc très vaste! Du chocolat au poisson séché, elle offre une multitude d’opportunités de développement agroalimentaire.

Après un déjeuner placé sous le signe de l’exotisme, le CIRAD nous propose 4 ateliers ludiques pour nous plonger dans l’univers du développement et de l’innovation agroalimentaire.

Avec Edouard, nous décidons de commencer par l’atelier analyses sensorielles. Le laboratoire d’analyses sensorielles du CIRAD propose des expertises et des prestations de service aux projets de recherche menés sur une large gamme de produit avec un intérêt particulier pour les produits exotiques (cacao, fruits/légumes, thés…).
Après une introduction sur l’analyse sensorielle, on nous propose de rentrer dans la peau d’un « testeur » sur un échantillon de deux chocolats (test comparatif). Nous nous installons alors dans des box individuels sous lumière rouge. Devant nous, une grille de notation incluant divers critères tels que l’amertume, l’intensité, l’odeur cacao, l’astringence…

Nous continuons alors notre circuit découverte avec l’atelier microtomographie. Le microtomographe est un outil qui permet d’étudier en temps réel la structure interne des matrices alimentaires. Il permettrait, par exemple, de déterminer le niveau de maturation de certains fruits tels que la mangue pour aider à la prise de décision de récolte.

Nous nous dirigeons ensuite vers la plateforme de séchage-déshydratation de pétales de fruits et de légumes. Ce plateau inclus des séchoirs, une friteuse, une floconneuse et une machine sous-vide. Nous discutons un long moment avec un spécialiste devant les séchoirs de céréales et de fruits tropicaux (type mangue). Ces séchoirs ont été élaborés par des chercheurs du CIRAD et sont actuellement déployés dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, afin d’assurer aux agriculteurs une diversification de leurs sources de revenus.

Le jour du showroom, la patate douce fait sa belle. Elle est présente sous toutes ses formes: tubercule, chips et flocons. Les chips de patate douce sont un vrai délice! Nous repartirons d’ailleurs avec des plants à mettre en pot à la maison 🙂

Nous finissons par l’atelier séparation membranaireCe plateau technique est dédié à l’obtention de jus exotiques (agrumes, figue de Barbarie, pastèque, hibiscus, mûre andine, açaï, pomme cajou, margines d’olives, pulpe de café…) et à la production d’extraits végétaux.

Cette journée d’inauguration a été riche en apprentissage. Aujourd’hui, nous appréhendons mieux les opportunités qui peuvent s’offrir à nous dans le cadre de notre projet entrepreneurial. Ce genre d’événement est également une excellente occasion d’élargir notre réseau et échanger autour du domaine de l’agroalimentaire.

Monia

Natexpo 2018 à Lyon

Dimanche 23 septembre, Lyon.

Une fois n’est pas coutume, nous nous levons à 6h du matin un dimanche pour nous rendre au salon Natexpo à Lyon: le salon international des professionnels de la bio. C’est un sujet incontournable pour nous, les ingrédients et produits que nous souhaitons valoriser seront bio, aussi bien pour des raisons environnementales que commerciales. Alors le bio aujourd’hui, c’est sûr, ça n’est pas parfait, mais c’est déjà un bon début!

Reflet d’un marché en pleine explosion, le salon se tient désormais chaque année, en alternance entre Paris et Lyon. C’est LE rendez-vous des professionnels de la bio, qu’il s’agisse des acteurs historiques ou des nouveaux entrants: fabricants, distributeurs, fournisseurs, PAI, consultants…difficile de ne pas trouver un produit ou une information que l’on recherche. Natexpo en quelques chiffres: 700 exposants, 50 conférences et 10 000 visiteurs. Le marché de la bio en France en 2017, c’est 8,3Mds d’euros et une augmentation de 17% par rapport à 2016 (source: Agence Bio).

Démarrage en douceur, il ne faut pas oublier que l’on est dimanche matin, il n’y a pas encore foule. Nous faisons un passage par la Galerie des Nouveautés, située à l’entrée du salon, où l’on peut découvrir en exclusivité les innovations des exposants. Parmi celles que j’ai retenu, les framboises séchées de Biofruisec, des cookies sans gluten et vegan noisette chocolat, la farine de pépins de courge de Bioplanète ou encore un jambon sans sels nitrités (ceux qui donnent à la charcuterie sa belle teinte rosée, mais accusés d’être un cancérogène probable).

Nouveautés
La Galerie des Nouveautés

Nous faisons un petit repérage dans les allées puis nous nous dirigeons vers notre première conférence, sur l’importation des ingrédients et produits bio: des intervenants de qualité et un sujet qui nous concerne directement! Après la pause déjeuner, nous commençons notre tournée des stands. L’objectif est triple: rester en contact avec des exposants que nous connaissons déjà, rencontrer des fournisseurs et des sous-traitants, et surtout, apprendre! Nous passons ainsi un petit moment sur le stand de l’entreprise Racines, qui transforme, conditionne et distribue des ingrédients et produits africains vers les USA et l’Europe, principalement pour la diaspora et de plus en plus pour le marché bio. Nous avions déjà rencontré la société, dont le siège social est à Montpellier. L’occasion de passer un bon moment et de repartir avec quelques échantillons: infusion de bissap (hibiscus) blanc du Sénégal et lamelles de bananes plantains du Bénin.

 

 

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Nous continuons par les producteurs de fruits secs et fruits séchés que sont Biofruisec et AgroSourcing. Mangue sauvage du Cameroun et du Burkina, banane du Cameroun, ananas Cayenne du Togo…nous passons tout en revue et nos papilles nous disent merci.

 

 

Au détour d’une allée nous rencontrons la coopérative sénégalaise FOPROBIO. Son président Pape SECK nous explique travailler avec un groupement de femmes situé dans la région de Diourbel (150km de Dakar). Un échange amical comme nous avions l’habitude d’en avoir au Sénégal. La coopérative produit et vend le moringa, le fruit du baobab, l’hibiscus et transforme également ces produits sous forme de boissons avec un partenaire français.

 

Après avoir assisté à une seconde conférence « la réglementation européenne sur les allégations nutritionnelles » (que peut-on écrire sur une étiquette?), nous finissons la journée par un échange très enrichissant avec la société Gourmie’s. Gourmie’s est un fabricant de barres crues ou « raw » en anglais, concept qui séduit de plus en plus les consommateurs français et qui nous vient des Etats-Unis. Une barre à base de baobab et de framboise a notamment retenu notre attention! Nous avons pu discuter de nombreux sujets tels que les canaux de vente en bio, la communication sur les réseaux sociaux ou encore le marketing.

Lundi 24 septembre, Lyon.

Après une bonne nuit de repos, nous attaquons la deuxième journée de salon par une conférence sur les consommations alternatives et émergentes: bio, vegan, flexivorisme, sans gluten… Les interventions sont de haut niveau et nous en apprenons beaucoup sur les différents marchés que nous visons. Les allées de Natexpo sont nettement plus remplies que la veille, et nous nous frayons un chemin pour assister à une seconde conférence sur les évolutions réglementaires du bio. En effet l’UE vient d’acter un nouveau règlement bio applicable à partir de 2021, et il est essentiel de s’y préparer dès maintenant.

Conférence
Un nouveau règlement européen sur le bio à l’horizon 2021

Nous continuons notre tour des exposants et partons à la rencontre d’Arcadie (les fameux sachets de thés et infusions Herbiers de France que l’on retrouve dans tous les magasins bio), de J.Favrichon ou encore de Grillon d’Or, ces deux derniers proposant une vaste gamme de mueslis. Nous avons pu discuter avec la désormais connue et reconnue startup Matahi, qui a introduit en France la première boisson bio et équitable à base de baobab, et dont le siège est à Montpellier. Au détour d’un stand nous avons échangé avec l’association Songtaab-Yaigré, basée au Burkina et qui propose notamment de délicieuses mangues séchées et du beurre de karité. Pour sortir de l’alimentaire pur, nous avons échangé avec ICO Marking Systems, qui fabrique des étiquettes biodégradables pour packaging, à base d’amidon de maïs, et marquées avec des encres naturelles.

 

La journée s’est terminée par deux conférences très intéressantes: comment financer la structuration d’une filière bio à l’international? présentée par EcoProDev, qui a insisté sur les fonds de l’aide au développement mobilisables auprès des bailleurs de fonds. Et « les produits bio des années 2020 », avec un focus sur les comportements d’achat des générations Y et Z (celles nées entre les années 1980 et 2000), également appelées Millenials.

Participer à Natexpo fut une expérience intense et enrichissante, nous avons beaucoup appris et sommes reparti(e)s avec un petit paquet de cartes de visite! A l’année prochaine à Paris 🙂

Edouard 

A la découverte de Mar Lodj

Notre arrivée à Mar Lodj

Au cours de notre séjour au Sénégal en avril dernier, Mathy a souhaité nous présenter sa tante Dina qui vit près de Mbour. Anta est institutrice et connaît sur le bout des doigts la région. Elle nous propose de visiter l’île de Mar Lodj, une perle du Siné Saloum nous dit-elle. Le Sine Saloum est une région naturelle située au nord de la Gambie et au sud de la Petite-Côte sénégalaise. Elle couvre plus de 330 000 ha dont 9 forêts classées, 2 aires marines protégées, 2 réserves naturelles communautaires et enfin 76 000 ha du parc naturel du delta du Saloum. La région du Siné Saloum est classée Réserve mondiale de la biosphère par l’Unesco et Zone humide d’importance internationale!

Nous quittons Mbour dans la soirée. L’accès à Mar Lodj se fait en pirogue depuis N’Dangane à environ 1h15 de voiture de Mbour. Avez-vous déjà pris une pirogue en plein milieu de la nuit sans éclairage? Heureusement nous avions des lampes frontales…mais on s’est vite fait prier de les éteindre pour ne pas déranger la navigation! Nous sommes évidemment arrivés sains et saufs de l’autre coté.

Nous avons logé au Campement Mbine Diam en bord de mer. Le tarif était raisonnable et le cadre magnifique!

Vue depuis notre hôtel à Mar Lodj_LSCDLB
Vue depuis notre hôtel à Mar Lodj
Hôtel Mar Lodj
Notre hôtel à Mar Lodj

Visite du delta du Saloum en pirogue

Tata Dina nous propose de prendre un guide et de visiter les îles aux oiseaux en pirogue le long des bolongs (bras de mer du fleuve Saloum). Nous sommes au mois d’avril et ce n’est pas la période idéale pour observer les oiseaux nous dit le guide. En effet, nous n’en croisons que très peu. En revanche, nous pouvons admirer la magnifique mangrove autour de nous. La mangrove est un écosystème qui se développe sur les côtes des zones tropicales et subtropicales. Celle du delta du Saloum est l’une des plus grande d’Afrique. Elle est constituée de palétuviers. La mangrove est un véritable refuge et vivier pour un grand nombre d’espèces. D’ailleurs, nous pouvons voir les huîtres et coquillages accrochés aux branches. De novembre à fin mai, des groupements de femmes viennent chercher les huîtres qui seront revendues jusqu’à Dakar.

Mangrove du delta de Saloum
Mangrove du delta de Saloum
Mangrove du delta de Saloum
Huîtres accrochées à la mangrove

Notre pirogue s’arrête au détour d’un banc de sable afin que nous puissions voir de plus près la mangrove. Le guide nous explique qu’elle est un habitat pour les hyènes! Elles sont de très bonnes nageuses nous dit-il. Étonnant! Nous n’avons pas croisé de hyènes ce jour-là, en revanche nous avons vu les traces de leur passage!

Petit arrêt sur un banc de sable du delta du Saloum
Petit arrêt sur un banc de sable
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Notre guide à la recherche de crabes!
Traces de pattes d'une hyène au delta du Saloum
Traces de pattes d’une hyène!

Visite de l’île de Mar Lodj

De retour à l’hôtel, nous repartons pour une visite de l’île. Mar Lodj compte plus de 5000 habitants et 4 villages. Nous nous dirigeons vers l’église pour assister à une messe. Près de l’église, 3 arbres emblématiques, un fromager, un rônier et un caïlcedrat mêlent leurs troncs. Cette union symbolise à merveille l’entente entre les trois religions pratiquées sur l’île : l’islam, le christianisme et l’animisme.

Direction l'église de Mar Lodj
Direction l’église de Mar Lodj

 

Des sacrifices sont pratiqués aux pieds de ces arbres. De nombreuses personnes viennent également déposer de l’argent dans une calebasse posée au sol. Il faut alors faire un vœu et passer entre les troncs! On espère que nos souhaits se réaliseront! 😉

Monia

MAr Lodj

Références
http://afrique.lepoint.fr/economie/senegal-un-royaume-de-mangrove-menace-par-la-deforestation-02-10-2017-2161463_2258.php
http://www.slateafrique.com/90143/la-mangrove-du-delta-du-saloum-ile-braconniers-pilleurs
http://www.au-senegal.com/mar-lodj-une-ile-phenomenale,3532.html
https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/au-senegal-preserver-la-mangrove-est-une-question-de-survie_107735

 

Visite du M.I.N de Montpellier

Vendredi 27 juillet, Montpellier.

La FABIC (cf article précédent) nous a convié à son second afterwork, qui se déroule au M.I.N de Montpellier. Késako? C’est le Marché d’Intérêt National. Il remplit plusieurs fonctions, dont la principale est d’être une place d’échange entre acheteurs et vendeurs de produits frais et locaux, principalement des fruits et légumes. D’ailleurs, c’est par là que commence notre visite.

Après une brève présentation individuelle (nous sommes une petite vingtaine de personnes), nous nous dirigeons vers le « carreau » des producteurs. Ambiance garantie, 3 fois par semaine, sur un créneau de 2h. Et ça tombe bien, nous arrivons en plein milieu de la vente. La devise du carreau? « Récolté ce matin, disponible cet après-midi dans votre magasin ».

Une impression de fourmilière se dégage, des palettes remplies de fruits et légumes (beaucoup, beaucoup de melons), des montes charges, des allers retours incessants. Mais avec une organisation bien rodée. D’un côté les acheteurs: essentiellement les commerces traditionnels (de proximité), primeurs et épiceries; mais aussi la restauration hors domicile, et un peu de GMS. Leurs camions, situés derrière le carré de chaque vendeur, est prêt à charger la marchandise. De l’autre les cultivateurs de la région, qui louent leur espace au coup par coup, ou par abonnement annuel. Ici, pas de sélection nous dit-on, tous les producteurs sont les bienvenus. Une carte d’identité, un relevé parcellaire et un justificatif d’inscription à la M.S.A (la sécurité sociale agricole) suffisent pour venir vendre ses produits. Au détour d’un stand, Monia se voit offrir des fraises, c’est étrange moi on ne m’a rien proposé…

Nous faisons une halte à la sortie du carreau, pour observer de loin le pôle de transformation alimentaire. C’est une des autres activités du M.I.N. Sur ce pôle on retrouve des entreprises qui valorisent les aliments locaux sous forment de produits transformés (conserves, bocaux, fruits séchés, plats préparés…). Deux exemples de réussite en sont Label d’Oc et Il était un fruit (les fameux goûters sous forme de fruits déshydratés que l’on retrouve désormais partout en France). Selon le site de la Métropole, ces entreprises « répondent ainsi à plusieurs objectifs : une alimentation saine et durable issue des productions locales, contribuant au développement économique et à l’emploi local. » Montpellier met en avant sa politique agro-écologique, et nous avons pu nous rendre compte, à travers les différents événements auxquels nous avons participé, que la ville, mais aussi la Région, sont très avancées en la matière.

Entrepôts
Direction la plateforme frigorifique!

Nous prenons ensuite le chemin de la plateforme frigorifique, le lieu de stockage des denrées alimentaires. Accompagnés par le responsable logistique du M.I.N, nous visitons les différents entrepôts. Froid négatif soit -18-20°, bizarrement personne n’y ait rentré, il faut dire que nous sommes en pleine canicule, le choc thermique est rude… Froid positif (+4+8°), déjà un peu plus de monde! Température dirigée soit +14°, utilisée principalement pour le stockage du vin; il ne faut pas oublier que nous sommes dans la 1ère région viticole de France (en quantité…pour la qualité je ne suis pas expert, le débat reste ouvert!). Nous passons également par un vaste entrepôt à température ambiante, pour le stockage des aliments non périssables. Cette partie de la visite est très intéressante pour nous car qui sait, nous aurons peut être besoin de stocker des produits ici 🙂

En sortant des entrepôts nous apercevons également le pôle horticole (achat/vente de fleurs et plantes, comme vous l’aurez sans doute compris). Et un peu plus loin, un vaste entrepôt réservé aux grossistes (fruits et légumes, viandes et volailles, vins…).

Après l’effort, le réconfort: une fois toutes les deux semaines, le vendredi, les transformateurs de la région (notamment ceux qui ont leur atelier sur le M.I.N) exposent et vendent également leur production. L’idée est d’avoir accès à des acheteurs professionnels, tous comme les maraîchers. C’est l’occasion de déguster de succulents produits et de faire un peu de networking! Nous y croisons d’ailleurs François Jacques (Le Repaire des Cookies, cf article précédent), et repartons le sac rempli comme à notre habitude.

Un grand merci à Laure de la FABIC, et Marion du M.I.N pour l’organisation de cet afterwork et cette visite instructive.

Edouard

Ps: Le M.I.N en quelques chiffres

Infographie MIN Montpellier
Infographie MIN Montpellier. Chiffres, source: guide du M.I.N en ligne.

L’île Serpent

Lors de notre séjour au Sénégal en avril dernier, l’une des premières merveilles que nous avons découverts fut l’île Serpent. Cette île, avec l’île Lougne, fait partie d’un archipel situé au large de Dakar, les îles de la Madeleine.
C’est une île inhabitée de 45 hectares accessible en pirogue (traversée d’environ 10 min depuis Dakar). Les visiteurs doivent quitter l’île avant la tombée de la nuit.

Île aux serpents
Île Serpent
Île aux serpents
Île Serpent

Cette île rocailleuse est à la fois étonnante et envoûtante. Surtout, n’ayez aucune crainte! Elle ne regorge pas de serpents comme son nom pourrait le suggérer :). « L’île Serpent » n’est qu’une déformation de « l’îlot Sarpan », son véritable nom. Sarpan était un sergent rebelle de l’armée française hostile à l’autorité et exclu sur l’île en guise de sanction.

Baobabs nains_Île Serpent
Baobabs nains_Île Serpent
Baobab nain_Île Serpent
Baobab nain_Île Serpent

L’île abrite un écosystème varié avec plus de 101 espèces d’arbres dont le le tamarin ou encore le baobab nain, l’un des symboles de l’île. On y croise également de nombreux oiseaux tels que des grands cormorans, des balbuzards pêcheurs, des fous de Bassan et des phaétons éthérés ( « pailles en queue », l’autre l’emblème de l’île).

Pailles en queue_Île Serpent
Pailles en queue_Île Serpent
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Île Serpent

Nous y avons passé une journée magique, à arpenter ses roches et observer la faune. Si un jour vous êtes de passage à Dakar, n’hésitez pas à vous y arrêter!

Monia

La team Sénégal 2018_Île Serpent
La team Sénégal 2018_Île Serpent

 

Infos pratiques

  • Le départ de la pirogue se fait au Parc national des îles de la Madeleine (PNIM) situé sur la Corniche ouest, juste après la Cour de Cassation, dans la baie de Soumbédioune (marché aux poissons)
  • Prévoir des chaussures de marche
  • Entrée du parc : 1 000 F / pers (~1,5 €)
  • Le guide : 5 000 F / groupe de pers (~7,5 €)
  • Pirogue : 4 000 F / pers (~6 €)
  • Parasol (optionnel) : 2 000 F (~3€)

Références
http://www.au-senegal.com/parc-de-la-madeleine,013.html
https://www.ilovesenegal.sn/A-la-decouverte-de-l-ile-aux-serpents_a679.html
http://www.lesoleil.sn/2016-03-22-23-37-00/item/54141-parc-national-des-iles-de-la-madeleine-dans-l-antre-sacre-du-genie-protecteur-de-dakar.html

 

Kora: la harpe ouest-africaine

Avez-vous déjà entendu le son d’une Kora? Sa douceur vous enivre et vous transporte… J’en suis complètement fan :). J’ai donc décidé de lui consacrer un article. Une histoire à découvrir ou à redécouvrir pour celles et ceux qui connaissent déjà cet instrument.

La kora, ou « harpe-luth », est un instrument à cordes originaire d’Afrique de l’ouest datant du 18ème siècle. Plus précisément, c’est un instrument mandingue. Les mandingues sont un peuple d’Afrique de l’ouest également connus sous les noms de Bambaras au Mali, de Dioulas en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso et de Malinkés en Guinée, au Sénégal et en Gambie. Il existe différents légendes autour de la naissance de la kora et son origine historique est controversée.

La kora classique (©Baragnouma)
La kora classique (©Baragnouma)

La kora est traditionnellement joué par les griots, musiciens professionnels mandingues. Les griots sont des conteurs d’histoires. Ils interprètent en public à la fois des poésies ou encore des généalogies familiales. Ils transmettent à l’oral l’histoire de leur peuple. Les musiques sont ainsi transmises de père en fils, traversant les générations. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le terme « griot » n’est pas d’origine africaine. Il tirerait son origine des mots portugais criado, « serviteur du maître », ou gritar, « crier ».

Griot malinké ©BNF Gallica
Griot madingue (©BNF Gallica)

La Kora est constituée d’une demi calebasse, qui fonctionne comme une caisse de résonance, d’une peau de bœuf tendue et d’un manche parcouru de 21 à 23 corde. Cette harpe est l’instrument africain à cordes le plus élaboré. Les cordes étaient anciennement constituées de boyaux. Aujourd’hui elles ont été remplacé par du fil de pêche en nylon.

Koras (©Mathaz CC - BY)
Koras (©Mathaz CC – BY)

Nous devons la popularisation de la Kora à de nombreux grands artistes. Parmi eux, Moussa Sissoko, Lamine Konté, Sekou Kouyate, Toumani & Sidiki Diabaté ou encore Ali Boulo Santo.

Je vous laisse avec une petite vidéo de Toumani & Sidiki Diabaté. J’espère que vous apprécierez :)!

Monia 

Références
La kora, harpe mandingue d’Afrique de l’Ouest – L’Influx
Mandingues, traditions et transmission – RTS Mali
La djèliya, l’art des griots mandingues en Île-de-France – L’île du monde