Visite du M.I.N de Montpellier

Vendredi 27 juillet, Montpellier.

La FABIC (cf article précédent) nous a convié à son second afterwork, qui se déroule au M.I.N de Montpellier. Késako? C’est le Marché d’Intérêt National. Il remplit plusieurs fonctions, dont la principale est d’être une place d’échange entre acheteurs et vendeurs de produits frais et locaux, principalement des fruits et légumes. D’ailleurs, c’est par là que commence notre visite.

Après une brève présentation individuelle (nous sommes une petite vingtaine de personnes), nous nous dirigeons vers le « carreau » des producteurs. Ambiance garantie, 3 fois par semaine, sur un créneau de 2h. Et ça tombe bien, nous arrivons en plein milieu de la vente. La devise du carreau? « Récolté ce matin, disponible cet après-midi dans votre magasin ».

Une impression de fourmilière se dégage, des palettes remplies de fruits et légumes (beaucoup, beaucoup de melons), des montes charges, des allers retours incessants. Mais avec une organisation bien rodée. D’un côté les acheteurs: essentiellement les commerces traditionnels (de proximité), primeurs et épiceries; mais aussi la restauration hors domicile, et un peu de GMS. Leurs camions, situés derrière le carré de chaque vendeur, est prêt à charger la marchandise. De l’autre les cultivateurs de la région, qui louent leur espace au coup par coup, ou par abonnement annuel. Ici, pas de sélection nous dit-on, tous les producteurs sont les bienvenus. Une carte d’identité, un relevé parcellaire et un justificatif d’inscription à la M.S.A (la sécurité sociale agricole) suffisent pour venir vendre ses produits. Au détour d’un stand, Monia se voit offrir des fraises, c’est étrange moi on ne m’a rien proposé…

Nous faisons une halte à la sortie du carreau, pour observer de loin le pôle de transformation alimentaire. C’est une des autres activités du M.I.N. Sur ce pôle on retrouve des entreprises qui valorisent les aliments locaux sous forment de produits transformés (conserves, bocaux, fruits séchés, plats préparés…). Deux exemples de réussite en sont Label d’Oc et Il était un fruit (les fameux goûters sous forme de fruits déshydratés que l’on retrouve désormais partout en France). Selon le site de la Métropole, ces entreprises « répondent ainsi à plusieurs objectifs : une alimentation saine et durable issue des productions locales, contribuant au développement économique et à l’emploi local. » Montpellier met en avant sa politique agro-écologique, et nous avons pu nous rendre compte, à travers les différents événements auxquels nous avons participé, que la ville, mais aussi la Région, sont très avancées en la matière.

Entrepôts
Direction la plateforme frigorifique!

Nous prenons ensuite le chemin de la plateforme frigorifique, le lieu de stockage des denrées alimentaires. Accompagnés par le responsable logistique du M.I.N, nous visitons les différents entrepôts. Froid négatif soit -18-20°, bizarrement personne n’y ait rentré, il faut dire que nous sommes en pleine canicule, le choc thermique est rude… Froid positif (+4+8°), déjà un peu plus de monde! Température dirigée soit +14°, utilisée principalement pour le stockage du vin; il ne faut pas oublier que nous sommes dans la 1ère région viticole de France (en quantité…pour la qualité je ne suis pas expert, le débat reste ouvert!). Nous passons également par un vaste entrepôt à température ambiante, pour le stockage des aliments non périssables. Cette partie de la visite est très intéressante pour nous car qui sait, nous aurons peut être besoin de stocker des produits ici 🙂

En sortant des entrepôts nous apercevons également le pôle horticole (achat/vente de fleurs et plantes, comme vous l’aurez sans doute compris). Et un peu plus loin, un vaste entrepôt réservé aux grossistes (fruits et légumes, viandes et volailles, vins…).

Après l’effort, le réconfort: une fois toutes les deux semaines, le vendredi, les transformateurs de la région (notamment ceux qui ont leur atelier sur le M.I.N) exposent et vendent également leur production. L’idée est d’avoir accès à des acheteurs professionnels, tous comme les maraîchers. C’est l’occasion de déguster de succulents produits et de faire un peu de networking! Nous y croisons d’ailleurs François Jacques (Le Repaire des Cookies, cf article précédent), et repartons le sac rempli comme à notre habitude.

Un grand merci à Laure de la FABIC, et Marion du M.I.N pour l’organisation de cet afterwork et cette visite instructive.

Edouard

Ps: Le M.I.N en quelques chiffres

Infographie MIN Montpellier
Infographie MIN Montpellier. Chiffres, source: guide du M.I.N en ligne.

Le Dakar Farmers Market

Dakar Farmers Market 2018

Samedi 7 avril, Dakar.

Tous les 1ers samedi du mois, de décembre à juin, la ville de Dakar organise un marché fermier et artisanal au pied du Monument de la Renaissance africaine, le Dakar Farmers Market.
L’agenda est parfait puisque nous sommes justement à Dakar ce samedi 7 avril! On enfile nos tongs, cartes de visite et appareil photo en main, direction ce rdv mensuel.

Le concept du Dakar Farmers Market est simple : valoriser le « consommer local » et le bien-être de la communauté. L’évènement rassemble plus d’une centaine d’acteurs locaux qui offrent une large variété de produits, à la fois agro-alimentaires et cosmétiques.

Une fois les 500 CFA (par personne) réglés, nous entrons dans le marché découvert. Une vague de couleurs, de senteurs et de sons accaparent nos sens. Il y a foule. Elle est mixte. On entend parler à la fois wolof, sénégalais, français ou encore anglais.
Je ne sais pas par où commencer tant il y a de mouvement. On décide d’arpenter l’allée de producteurs de fruits & légumes. On rencontre alors des membres de la coopérative Sell-Sellal. Cette coopérative a été créé par 5 fédérations paysannes sénégalaises engagées dans l’Agriculture Saine et Durable (ASD) et son activité fait actuellement vivre 50 exploitations familiales. Chaque semaine la coopérative organise trois marchés ASD à Dakar au cours desquels le client peut faire son choix à la table ou commander en avance des paniers pré-composés et livrables à domicile.
L’un de leur plus grand challenge est la gestion de la chaîne du froid au cours de la saison sèche (octobre-juin). En effet, les membres présents de Sell-Sellal nous expliquent qu’ils comptent beaucoup de pertes sur les marchés suite aux fortes chaleurs. Les fruits et légumes endommagés sont alors envoyés au compostage ou donnés aux bêtes.

Coopérative de Sell-
Coopérative de Sell-Sellal

Nous nous sommes ensuite laissés séduire par le stand de légumes bio du Taruu Askan Farm. La ferme vise à promouvoir la protection de l’environnement au travers de partenariats avec des communautés locales pour le développement d’un modèle écologique basé sur la biodiversité, les énergies renouvelables, l’agriculture durable ainsi que la foresterie.

Taaru Askan Farm
Taaru Askan Farm

L’équipe sur place nous apprend que le consommateur sénégalais est de plus en plus exigent quand à la qualité des produits agricoles. Il s’oriente de plus en plus vers les produits bio. Parmi leurs clients, il y a également une forte proportion d’expatriés. Pour le moment, les produits de la ferme sont vendus exclusivement sur les marchés. Cependant, l’équipe envisage la création d’un site internet à moyen terme.

Parmi les transformatrices de matières premières présentes sur le marché, nous rencontrons beaucoup de femmes qui commercialisent des pralines, des fruits séchés, des jus divers (bissap, bouye), du miel ou encore des confitures. Tous ces produits sont « 100% naturel ». En fonction des stands, les emballages sont soient très basiques ou au contraire très sophistiqués avec un positionnement « haut de gamme ».

Comptoir du miel
Comptoir du miel
La Marquise des Signares
La Marquise des Signares
Saveurs d'Afrique
Saveurs d’Afrique

Plus loin, des stands de cosmétiques. On y trouve du beurre de karité, des huiles diverses (pastèque, coton, coco…), des savons, ou encore des préparations à base de moringa (arbre tropical aux nombreux bienfaits). De même que pour les produits agro-alimentaires, on peut apercevoir à la fois des packagings artisanaux et d’autres que l’on pourrait trouver en boutiques spécialisées haut de gamme.

Cette immersion dans le Dakar Farmers Market nous a permis de réaliser que la très grande majorité des  transformateurs sont des femmes et que l’ensemble des produits (agro-alimentaires & cosmétiques) sont tagués « 100 % naturel » ou « Bio ». C’est une nouvelle tendance qui émerge au Sénégal et qui remporte un franc succès selon nos interlocuteurs. D’autre part, Mathy (qui connait bien les produits transformés sénégalais) relève les efforts en terme d’innovation, à la fois dans le design des emballages mais surtout dans la nouvelle variété de produits proposés qui est beaucoup plus recherchée et  différenciante.

Women Entrepreneur
Women Entrepreneur
Biosene
Biosene
Afro & Nature
Afro & Nature
Diankh & Coco
Dankh & Coco
Senesolar
Senesolar
The minimal beauty
The Minimal Beauty

Et pourquoi pas valoriser ces produits à l’étranger? Une idée à creuser…

Monia