A la découverte de Mar Lodj

Notre arrivée à Mar Lodj

Au cours de notre séjour au Sénégal en avril dernier, Mathy a souhaité nous présenter sa tante Dina qui vit près de Mbour. Anta est institutrice et connaît sur le bout des doigts la région. Elle nous propose de visiter l’île de Mar Lodj, une perle du Siné Saloum nous dit-elle. Le Sine Saloum est une région naturelle située au nord de la Gambie et au sud de la Petite-Côte sénégalaise. Elle couvre plus de 330 000 ha dont 9 forêts classées, 2 aires marines protégées, 2 réserves naturelles communautaires et enfin 76 000 ha du parc naturel du delta du Saloum. La région du Siné Saloum est classée Réserve mondiale de la biosphère par l’Unesco et Zone humide d’importance internationale!

Nous quittons Mbour dans la soirée. L’accès à Mar Lodj se fait en pirogue depuis N’Dangane à environ 1h15 de voiture de Mbour. Avez-vous déjà pris une pirogue en plein milieu de la nuit sans éclairage? Heureusement nous avions des lampes frontales…mais on s’est vite fait prier de les éteindre pour ne pas déranger la navigation! Nous sommes évidemment arrivés sains et saufs de l’autre coté.

Nous avons logé au Campement Mbine Diam en bord de mer. Le tarif était raisonnable et le cadre magnifique!

Vue depuis notre hôtel à Mar Lodj_LSCDLB
Vue depuis notre hôtel à Mar Lodj
Hôtel Mar Lodj
Notre hôtel à Mar Lodj

Visite du delta du Saloum en pirogue

Tata Dina nous propose de prendre un guide et de visiter les îles aux oiseaux en pirogue le long des bolongs (bras de mer du fleuve Saloum). Nous sommes au mois d’avril et ce n’est pas la période idéale pour observer les oiseaux nous dit le guide. En effet, nous n’en croisons que très peu. En revanche, nous pouvons admirer la magnifique mangrove autour de nous. La mangrove est un écosystème qui se développe sur les côtes des zones tropicales et subtropicales. Celle du delta du Saloum est l’une des plus grande d’Afrique. Elle est constituée de palétuviers. La mangrove est un véritable refuge et vivier pour un grand nombre d’espèces. D’ailleurs, nous pouvons voir les huîtres et coquillages accrochés aux branches. De novembre à fin mai, des groupements de femmes viennent chercher les huîtres qui seront revendues jusqu’à Dakar.

Mangrove du delta de Saloum
Mangrove du delta de Saloum
Mangrove du delta de Saloum
Huîtres accrochées à la mangrove

Notre pirogue s’arrête au détour d’un banc de sable afin que nous puissions voir de plus près la mangrove. Le guide nous explique qu’elle est un habitat pour les hyènes! Elles sont de très bonnes nageuses nous dit-il. Étonnant! Nous n’avons pas croisé de hyènes ce jour-là, en revanche nous avons vu les traces de leur passage!

Petit arrêt sur un banc de sable du delta du Saloum
Petit arrêt sur un banc de sable
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Notre guide à la recherche de crabes!
Traces de pattes d'une hyène au delta du Saloum
Traces de pattes d’une hyène!

Visite de l’île de Mar Lodj

De retour à l’hôtel, nous repartons pour une visite de l’île. Mar Lodj compte plus de 5000 habitants et 4 villages. Nous nous dirigeons vers l’église pour assister à une messe. Près de l’église, 3 arbres emblématiques, un fromager, un rônier et un caïlcedrat mêlent leurs troncs. Cette union symbolise à merveille l’entente entre les trois religions pratiquées sur l’île : l’islam, le christianisme et l’animisme.

Direction l'église de Mar Lodj
Direction l’église de Mar Lodj

 

Des sacrifices sont pratiqués aux pieds de ces arbres. De nombreuses personnes viennent également déposer de l’argent dans une calebasse posée au sol. Il faut alors faire un vœu et passer entre les troncs! On espère que nos souhaits se réaliseront! 😉

Monia

MAr Lodj

Références
http://afrique.lepoint.fr/economie/senegal-un-royaume-de-mangrove-menace-par-la-deforestation-02-10-2017-2161463_2258.php
http://www.slateafrique.com/90143/la-mangrove-du-delta-du-saloum-ile-braconniers-pilleurs
http://www.au-senegal.com/mar-lodj-une-ile-phenomenale,3532.html
https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/au-senegal-preserver-la-mangrove-est-une-question-de-survie_107735

 

L’île Serpent

Lors de notre séjour au Sénégal en avril dernier, l’une des premières merveilles que nous avons découverts fut l’île Serpent. Cette île, avec l’île Lougne, fait partie d’un archipel situé au large de Dakar, les îles de la Madeleine.
C’est une île inhabitée de 45 hectares accessible en pirogue (traversée d’environ 10 min depuis Dakar). Les visiteurs doivent quitter l’île avant la tombée de la nuit.

Île aux serpents
Île Serpent
Île aux serpents
Île Serpent

Cette île rocailleuse est à la fois étonnante et envoûtante. Surtout, n’ayez aucune crainte! Elle ne regorge pas de serpents comme son nom pourrait le suggérer :). « L’île Serpent » n’est qu’une déformation de « l’îlot Sarpan », son véritable nom. Sarpan était un sergent rebelle de l’armée française hostile à l’autorité et exclu sur l’île en guise de sanction.

Baobabs nains_Île Serpent
Baobabs nains_Île Serpent
Baobab nain_Île Serpent
Baobab nain_Île Serpent

L’île abrite un écosystème varié avec plus de 101 espèces d’arbres dont le le tamarin ou encore le baobab nain, l’un des symboles de l’île. On y croise également de nombreux oiseaux tels que des grands cormorans, des balbuzards pêcheurs, des fous de Bassan et des phaétons éthérés ( « pailles en queue », l’autre l’emblème de l’île).

Pailles en queue_Île Serpent
Pailles en queue_Île Serpent
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Île Serpent

Nous y avons passé une journée magique, à arpenter ses roches et observer la faune. Si un jour vous êtes de passage à Dakar, n’hésitez pas à vous y arrêter!

Monia

La team Sénégal 2018_Île Serpent
La team Sénégal 2018_Île Serpent

 

Infos pratiques

  • Le départ de la pirogue se fait au Parc national des îles de la Madeleine (PNIM) situé sur la Corniche ouest, juste après la Cour de Cassation, dans la baie de Soumbédioune (marché aux poissons)
  • Prévoir des chaussures de marche
  • Entrée du parc : 1 000 F / pers (~1,5 €)
  • Le guide : 5 000 F / groupe de pers (~7,5 €)
  • Pirogue : 4 000 F / pers (~6 €)
  • Parasol (optionnel) : 2 000 F (~3€)

Références
http://www.au-senegal.com/parc-de-la-madeleine,013.html
https://www.ilovesenegal.sn/A-la-decouverte-de-l-ile-aux-serpents_a679.html
http://www.lesoleil.sn/2016-03-22-23-37-00/item/54141-parc-national-des-iles-de-la-madeleine-dans-l-antre-sacre-du-genie-protecteur-de-dakar.html

 

Kora: la harpe ouest-africaine

Avez-vous déjà entendu le son d’une Kora? Sa douceur vous enivre et vous transporte… J’en suis complètement fan :). J’ai donc décidé de lui consacrer un article. Une histoire à découvrir ou à redécouvrir pour celles et ceux qui connaissent déjà cet instrument.

La kora, ou « harpe-luth », est un instrument à cordes originaire d’Afrique de l’ouest datant du 18ème siècle. Plus précisément, c’est un instrument mandingue. Les mandingues sont un peuple d’Afrique de l’ouest également connus sous les noms de Bambaras au Mali, de Dioulas en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso et de Malinkés en Guinée, au Sénégal et en Gambie. Il existe différents légendes autour de la naissance de la kora et son origine historique est controversée.

La kora classique (©Baragnouma)
La kora classique (©Baragnouma)

La kora est traditionnellement joué par les griots, musiciens professionnels mandingues. Les griots sont des conteurs d’histoires. Ils interprètent en public à la fois des poésies ou encore des généalogies familiales. Ils transmettent à l’oral l’histoire de leur peuple. Les musiques sont ainsi transmises de père en fils, traversant les générations. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le terme « griot » n’est pas d’origine africaine. Il tirerait son origine des mots portugais criado, « serviteur du maître », ou gritar, « crier ».

Griot malinké ©BNF Gallica
Griot madingue (©BNF Gallica)

La Kora est constituée d’une demi calebasse, qui fonctionne comme une caisse de résonance, d’une peau de bœuf tendue et d’un manche parcouru de 21 à 23 corde. Cette harpe est l’instrument africain à cordes le plus élaboré. Les cordes étaient anciennement constituées de boyaux. Aujourd’hui elles ont été remplacé par du fil de pêche en nylon.

Koras (©Mathaz CC - BY)
Koras (©Mathaz CC – BY)

Nous devons la popularisation de la Kora à de nombreux grands artistes. Parmi eux, Moussa Sissoko, Lamine Konté, Sekou Kouyate, Toumani & Sidiki Diabaté ou encore Ali Boulo Santo.

Je vous laisse avec une petite vidéo de Toumani & Sidiki Diabaté. J’espère que vous apprécierez :)!

Monia 

Références
La kora, harpe mandingue d’Afrique de l’Ouest – L’Influx
Mandingues, traditions et transmission – RTS Mali
La djèliya, l’art des griots mandingues en Île-de-France – L’île du monde

 

 

Il était une fois le wax

 

Le 10 août 2018, Montpellier.

Depuis toujours, j’associe le tissu wax à l’Afrique. Je ne me doutais pas alors que j’étais à côté de la plaque. Son histoire ne commence pas du tout en Afrique…mais beaucoup moins loin que vous ne pourriez l’imaginer…
Le wax est un tissu traditionnel 100% coton, imprimé sur les 2 faces à l’aide d’un système de cire (wax en anglais). C’est ce procédé d’impression qui a donné le nom au tissu.

Si on l’associe spontanément à l’Afrique, le wax trouve pourtant ses origines en Indonésie. À la fin du 19ème siècle, les colons hollandais en Indonésie s’inspirent de la technique d’impression à la cire du batik javanais pour teinter des tissus de coton avec de nouveaux motifs. Le tissu wax (également appelé le pagne wax) est né! Cependant, les Indonésiens boudent ces nouveaux tissus qu’ils jugent de qualité médiocre.

En revanche, les soldats ghanéens qui combattaient aux cotés de l’armée coloniale hollandaise en Indonésie furent immédiatement conquis par les imprimés du wax. De retour au Ghana, ils importent le wax qui connait alors un véritable succès auprès de la population locale. Le wax se popularise en Afrique de l’ouest, avec des motifs et des couleurs adaptées afin de séduire ce nouveau marché. Face au succès rencontré par les pagnes wax, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest installent des usines de fabrication de wax afin de rivaliser contre le wax hollandais.

Ce sont les Nana Benz, femmes togolaises, qui ont popularisé et commercialisé en premières le wax en Afrique. Elles doivent ce surnom aux Mercedes dans lesquelles elles se plaisaient à se pavaner dans les années 70-80. Les Nana Benz ont été les premières femmes millionnaires d’Afrique. Ces femmes ont débuté le commerce de pagnes wax dans les années 1940-1950. Elles importaient des tissus du Ghana au Togo, puis elles ont proposé la revente de leurs modèles aux maisons de négoce installées au Togo.

Nana Benz (crédit photo: mivapedia)
Nana Benz (crédit photo: mivapedia)

Aujourd’hui, le wax est indissociable des cultures africaines. Les motifs imprimés sont d’ailleurs un véritable langage qui permet de transmettre des messages. Par exemple, le pagne « Hibiscus » ou « Fleurs de mariage » est offert en cadeau aux futurs époux. On peut également citer le pagne « L’œil de ma rivale ». Lorsqu’une femme porte ce motif, elle dit à sa rivale qu’elle fera tout pour préserver son foyer.

Actuellement, le principal producteur de wax se trouve en Hollande, d’où sont originaires les magnifiques wax Vlisco. Ce wax est connu pour sa qualité premium. L’autre grand producteur de wax est l’Afrique (Ghana, Niger, Côte-d’Ivoire). Il est important de noter que la majorité des tissus wax que nous connaissons aujourd’hui sont des imitations, produites en masse en Asie et enduites de cire après impression. Alors si vous souhaitez acheter du  vrai wax, prenez garde!!

Monia

 

Références
Petite histoire du wax_Frou-Frou Paris
Tendance : le langage du Wax décrypté dans deux livres_Jeune Afrique
Le wax: origines & fabrication_L’atelier de Maki
Origine et significations du wax: l’histoire derrière le tissu et les motifs_Awale Mag
Les Nana Benz de Lomé_Comi Toulabor
#Tissus # L’origine DU WAX_Deer & Doe

 

 

 

 

Aistou Cuisine

Le 21 juin 2018,

Aistou cuisine

Lorsque nous étions au Sénégal, nous avons craqué pour le moringa, une plante également appelée « arbre de vie ». Son pseudo, elle le doit à ses innombrables vertus! Riches en protéines, en antioxydants ou encore en vitamine C, le moringa est un véritable allié santé. Les feuilles de l’arbre de vie, souvent consommées en infusion, sont également utilisées en cuisine traditionnelle dans les sauces par exemple.

Moringa Olifeira
« L’arbre de vie »

Lors de notre séjour à Dakar, nous avons fait un stock de feuilles de moringa (réduites sous forme de poudre). Dernièrement, alors que je cherchais une recette sucrée pour faire des tests avec la poudre de moringa,  j’ai eu la chance de tomber sur une recette de cake à la farine de mil et moringa proposée par le blog Aistou Cuisine. En plus des desserts, j’y ai trouvé de nombreuses recettes de boissons et de plats.

Aistou Cuisine
Blog Aistou Cuisine

Le blog a également un onglet « PARTENARIATS » sur lequel je m’empresse de cliquer! Je découvre alors que Aistou Cuisine propose des créations de recettes, la rédaction d’articles ainsi que de la vidéo culinaire. Il ne m’en fallait pas plus pour prendre contact et en savoir plus. Comme vous le savez (ou pas encore si vous nous découvrez :)), nous souhaitons valoriser des produits agroalimentaires ouest-africains au sein d’une gamme de snacking. C’est pourquoi un partenaire pour la création de recettes nous intéresse.

Rapidement, Aistou Cuisine nous propose un rendez-vous téléphonique pour le 21 juin. Derrière le nom d’Aistou Cuisine se cache Aïssatou Mbaye. C’est une jeune maman sénégalaise de 28 ans qui vit à Paris depuis environ 8 ans.  Aïssatou est manager au sein d’une banque mais dès qu’elle quitte son attaché-case, Aïssatou enfile son tablier et se consacre à l’une de ses passions: la cuisine. C’est pour partager cette passion qu’Aïssatou crée son blog en 2015. Elle y revisite des recettes occidentales avec des produits ouest-africains. Son objectif est la valorisation des saveurs africaines à travers des recettes aux combinaisons originales. En plus de son blog, Aïssatou donne des cours de cuisine dans le 2ème arrondissement de Paris 1 fois/mois.

Aïssatou est très impliquée dans la valorisation des produits ouest-africain. Elle nous explique qu’en 2017 elle devient ambassadrice de « Smart Food ». La « Smart Food initiative », mise en place par l’ICRISAT (International Crops Research Institute for the Semi-Arid Tropics) en partenariat avec le programme Feed the Future, vise à rendre certaines céréales, dont le mil et le sorgho, de nouveau attractives dans les zones semi-arides en Afrique et en Inde. Le but : éduquer tout un chacun, fermiers, consommateurs, travailleurs de santé, responsables gouvernementaux, aux nombreux avantages et usages du mil et du sorgho. Autant de pistes pour lutter en Afrique comme en Inde contre la malnutrition, l’obésité ou l’anémie. Ainsi, Aïssatou a développé des recettes à base de mil, d’arachide, de moringa et de sorgho sous le label Aistou Cuisine qu’elle a partagé sur les réseaux sociaux.

Smart food initiative

En 2017, Aïssatou participe également au challenge « Blogger Foodie Madness »organisé par Accor Hôtels. Le principe ? Pendant 16 semaines, 16 blogueurs culinaires originaires de 16 pays du monde s’affrontent pour tenter de décrocher un séjour à Singapour et assister au Food & Wine Festival by AccorHotels. Aïssatou fut la seule représentante africaine. Elle est arrivée en demi-final avec son super burger au poulet yassa. Bravo Aïssatou!! 🙂

Cette rencontre avec Aïssatou fut passionnante. Nous partageons le même objectif de valorisation des produits et saveurs africains encore peu connus en Europe.
Si vous recherchez de super recettes aux saveurs africaines, n’hésitez pas à faire un tour sur le blog d’Aïssatou!!

PS: Merci Aïssatou pour ta recette de cake au mil & moringa! On s’est régalés 😉

Cake mil & moringa
Cake au mil & moringa

Monia

 

Économie

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Pour mieux appréhender ce nouveau pays que nous nous apprêtons à découvrir, nous avons défricher quelques grands thèmes, en commençant par l’économie. Celle ci fait partie des raisons qui nous ont attirés vers le Sénégal.

Dans ce domaine, il faut relativiser. L’économie sénégalaise est aujourd’hui en plein boom, mais c’est un fait récent et un long chemin reste à parcourir, notamment en terme de développement économique et social.

Le pays a enregistré une croissance supérieure à 6% trois années consécutives (6,8% en 2017 (1)), et la tendance devrait se poursuivre selon les différentes institutions internationales. Avec ces chiffres le Sénégal se positionne comme une des économies motrices de l’Afrique Subsaharienne. Le PIB a atteint 16 Mds$ en 2017, soit 1000$/hab (2). Cependant ces données sont à prendre au conditionnel, car l’économie informelle représente une grande partie de l’activité, entre 50% et 90% du PIB selon les sources (3). Les chiffres du chômage sont également difficiles à connaître avec précision, de 13% à 27% en fonction des sources.

Fumerie de poisson à Johal
Fumerie de poisson à Johal

Les chiffres du découpage par secteur économique montrent, entre autres, que le Sénégal rentre dans la catégorie des pays « en développement ». Plus de la moitié de la population travaille dans le secteur agricole, alors que ce dernier ne représente que 18% du PIB. Le secteur de la pêche, notamment au niveau des exportations, est prépondérant. On compte 63 000 pêcheurs artisans, et 600 000 emplois indirectement rattachés à la pêche (4). La production d’arachide est également un moteur important du secteur primaire, bien que moins prédominante que par le passé, et le secteur connaît des difficultés importantes (mauvaise qualité des sols notamment). L’agriculture est en majorité vivrière, avec des petites exploitations qui font vivre les familles qui les cultivent. L’autosuffisance alimentaire dans certains secteurs comme le riz (une grande partie est aujourd’hui importé d’Asie) fait partie des objectifs du PSE (Plan Sénégal Émergent), vaste plan d’investissement sur 10 ans de 10 000 Mds FCFA (15 Mds€). Ce plan vise à faire du Sénégal un pays émergent (à l’instar de l’Inde ou du Brésil aujourd’hui) à l’horizon 2025.  Les ressources minières sont présentes, mais en faible quantité par rapport à d’autres pays africains, ce qui peut être vue comme un chance, car l’économie sénégalaise s’en trouve plus diversifiée que certaines de ses consœurs. La production d’or est relativement importante, et étrangement le premier client à l’export est la Suisse…(5). Le pays mise également sur les mines de zircon (écrans plasma et industrie aéronautique), et d’ilménite (industrie chimique).

Minerai
Le secteur secondaire repose notamment sur l’exploitation minière (or, zinc, phosphate, fer)

Le secteur secondaire se développe et compte pour 20% des emplois et 23% du PIB (6). Le principal frein à ce développement étant les coupures d’électricité (délestages), qui constituent un des principaux « mal » du pays. En raison de la faiblesse de certaines industries de transformation, mais aussi de la concurrence chinoise et européenne, de nombreux bien sont importés, alors qu’ils pourraient être produits sur place. Certains droits de douane très favorables à l’import (comme sur le lait en poudre venant d’Europe) décourage l’essor d’une industrie locale. La balance commerciale (la différence entre les exportations et les importations de biens et services) est logiquement déficitaire (17% du PIB).

TIC
Le secteur des TIC est en pleine croissance au Sénégal

C’est le secteur tertiaire (services) qui tire l’économie sénégalaise. Bien que ne concernant que 28% des actifs, il produit 60% de la richesse nationale (7).Ce sont les télécoms et l’informatique qui mènent la danse, plus communément regroupés sous le terme de TIC: Technologies de l’Information et de la Communication. Dans ce domaine le gouvernement souhaite clairement faire du pays le hub technologique de l’Afrique de l’Ouest, et tous les ingrédients sont en effet réunis. Une situation politique stable, une économie diversifiée et en croissance, et de plus en plus de matière grise formée sur place ou qui rentre au pays après avoir suivi un cursus dans les écoles européennes ou les universités américaines. C’est cette nouvelle génération d’entrepreneurs et d’entrepreneuses, très tournée vers le digital, que nous allons rencontrer prochainement!

Edouard

(1): Jeune Afrique, fiche pays.
(2): id.
(3): « Enjeux et défis de l’entrepreneuriat au Sénégal », mémoire de fin d’étude HEC, E. Gaydon et P. Lebas, 2017.
(4): Guide du routard Sénégal 2017/2018
(5): https://atlas.media.mit.edu/fr/visualize/tree_map/hs92/export/sen/show/7108/2016/
(6): Société Générale, fiche pays, https://import-export.societegenerale.fr
(7): id.