Le Sénégal c’est d’la balle au SIAL!

Mercredi 24 octobre, Villepinte.

Le plus grand salon international sur l’alimentation

Après une virée lyonnaise au Natexpo, on s’attaque au SIAL: Salon International de l’Alimentation. Et c’est un sacré morceau! En quelques chiffres (merci à ZePros News*): 7200 exposants venus de 119 pays, 310 000 visiteurs (75% d’internationaux), 650 startups, 400 000 produits et une surface d’exposition équivalente à 100 supermarchés… On a tellement marché que je me suis foulé la cheville gauche, et c’est pas une blague.

Hall SIAL
Une des 8 halles du salon…

Difficile de ne pas trouver son bonheur ici, tellement les produits présentés couvrent absolument tous les domaines: de l’épicerie fine aux géants des produits laitiers et carnés, en passant par les tablettes de légumes bio, les céréales petit déjeuner au quinoa, et même l’alimentation animale. La plupart des pays sont représentés, et disposent de leurs pavillons nationaux. Certains sont gigantesques, on pense notamment au Brésil et à l’Argentine, où l’on a même assisté à une grillade party en direct!

Nous commençons par un passage express au stand de l’Épicurien. La cousine d’Edouard y travaille, et une fois n’est pas coutume, parlons un peu des produits régionaux (Occitanie et même Hérault, la société étant située à Le Bosc). L’occasion de découvrir des nouveaux produits et notamment la gamme « Pop Fruits », de délicieuses purées de fruits à utiliser en cocktails, verrines ou nappages.

L’Épicurien
Les confitures/chutneys et les Pop Fruits de l’Épicurien

Les produits africains en ligne de mire: place aux fruits secs

Nous attaquons ensuite par des ingrédients en lien direct avec l’Afrique, et plus particulièrement les fruits séchés et fruits secs. Nous partons ainsi à la rencontre du très amical fondateur de BC Agro fruits secs (aujourd’hui Base Organic Food), « société française spécialisée dans la création de filières de production de fruits secs, graines, céréales exclusivement biologiques à travers le monde ». L’occasion de passer à table de bon matin et de déguster la mangue séchée et la cajou du Burkina ou encore la noix de macadamia du Kenya (même si origine non africaine, mention spéciale à la banane séchée!). La plupart des produits sont bio et équitables. Base Organic a également conçu une machine qui permet de faire de la purée d’oléagineux (noix, amandes etc), en conservant les minéraux et les vitamines.

Au détour d’une allée nous rencontrons la société Hpw Ag, qui propose une gamme intéressante de fruits séchés, tous originaires du Ghana: mangue, coco et ananas.  Le site de transformation, situé non loin de la capitale Accra, est un des plus importants d’Afrique pour les fruits séchés. Il a un impact fort sur toute l’activité économique de la région, en employant près de 1 000 personnes sur les pics de production. Le responsable du site nous explique le fonctionnement éco-responsable de l’usine. Les déchets issus des noix de coco sont par exemple utilisés comme biomasse pour alimenter le système de séchage des fruits, et les pelures des fruits comme biogaz. La société a également investi dans l’énergie solaire. Une fois l’aspect technique et commercial passé en revue, place à la dégustation! J’ai été conquis par la saveur légèrement acide et sucrée de la mangue séchée, préparée en lamelle, en cube et aussi en petites boules, commercialisées sous la marque « Tropicks ». Pratique pour du snacking!

Nous sommes également passé(e)s par le stand de Fruit Gourmet pour une dégustation de fruits séchés réhydratés. L’objectif de ce processus est d’augmenter la durée de conservation, et retrouver l’aspect d’un fruit « frais » par la suite, avec une texture tendre et moelleuse. Un passage par le pavillon Afrique du Sud nous a ensuite permis de rencontrer un fournisseur de raisins secs, et d’en apprendre plus sur les différentes variétés.

Céréales africaines

Dans nos pérégrinations sur les ingrédients africains, nous nous intéressons depuis le début aux céréales. Fonio, sorgho, petit mil, teff…autant de céréales originaires et cultivées en Afrique, et ce depuis depuis des siècles, voir des millénaires pour le fonio. Résistantes à des conditions climatiques de culture extrêmes, elles nécessitent peu d’eau, et, cerise sur le gâteau, elles sont sans gluten, très digestes, avec un indice glycémique bas. Certaines sont aussi riches en acides aminés essentielles et en protéines. Elles sont donc bonnes pour l’environnement et pour la santé. Nous nous rendons sur le Pavillon africain et échangeons avec Danaya Céréales, producteur malien de diverses céréales et préparations: fonio, diouka, couscous de mil (le fameux thiakry), farines de maïs…

Puis, nous partons pour le stand de Baonane. Baonane est une société sénégalaise avec qui nous avions déjà échangé à distance. C’est un important fournisseur de matières premières végétales, et notamment de dérivés du baobab: poudre, feuilles, graines, huiles… Baonane travaille également sur la mangue, le sésame ou encore l’hibiscus. Nous sommes chaleureusement accueilli(e)s par les fondateurs Adama et Martin. Si nous sommes au SIAL aujourd’hui, c’est surtout grâce aux invitations qu’ils nous ont gentiment envoyées! Située près de Kaolack au Sénégal, Baonane exerce depuis 2013. Partie avec une construction modeste, la société est aujourd’hui en pleine croissance avec deux entrepôts et un grand atelier. Adama et Martin nous racontent plus en détail l’histoire de Baonane et la quantité de travail qu’il a fallu fournir pour en arriver là. Nous échangeons également sur les céréales africaines, et plus particulièrement le fonio et le mil, que la société fournit. Et en bio en plus!

Nous repartons de cet échange revigoré(e)s et plein d’entrain pour notre projet. Pour rester dans le monde des « céréales », nous rencontrons deux producteurs et spécialistes des céréales petit déjeuner (muesli, barres…), Dailycer et Markal.

Innovations

Pour finir la journée, direction l’entrée du hall 6, avec les espaces SIAL Innovation et Foodtech. Le Futur Lab « Foodtech » regroupe les jeunes pousses de l’alimentaire, c’est l’occasion pour nous de s’inspirer des startups qui se lancent, comme La Mère Mimosa (et ses délicieux granola que nous avons dégusté). Côté innovations, un vaste espace présente les nouveautés 2018, celles que nous verrons dans nos rayons et nos assiettes prochainement. Les tendances sont claires: retour au produit naturel, le moins transformé possible, qui assure de la transparence au consommateur, tout en apportant de nouvelles « expériences plaisirs »: kéfir, graines de quinoa, tablettes de légumes, insectes, super fruits…autant d’ingrédients et de concepts qui sont à suivre de près.

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Merci SIAL 2018, on se revoit en 2020!

Edouard

*https://tokster.com/article/le-sial-fait-le-bilan–2

Natexpo 2018 à Lyon

Dimanche 23 septembre, Lyon.

Une fois n’est pas coutume, nous nous levons à 6h du matin un dimanche pour nous rendre au salon Natexpo à Lyon: le salon international des professionnels de la bio. C’est un sujet incontournable pour nous, les ingrédients et produits que nous souhaitons valoriser seront bio, aussi bien pour des raisons environnementales que commerciales. Alors le bio aujourd’hui, c’est sûr, ça n’est pas parfait, mais c’est déjà un bon début!

Reflet d’un marché en pleine explosion, le salon se tient désormais chaque année, en alternance entre Paris et Lyon. C’est LE rendez-vous des professionnels de la bio, qu’il s’agisse des acteurs historiques ou des nouveaux entrants: fabricants, distributeurs, fournisseurs, PAI, consultants…difficile de ne pas trouver un produit ou une information que l’on recherche. Natexpo en quelques chiffres: 700 exposants, 50 conférences et 10 000 visiteurs. Le marché de la bio en France en 2017, c’est 8,3Mds d’euros et une augmentation de 17% par rapport à 2016 (source: Agence Bio).

Démarrage en douceur, il ne faut pas oublier que l’on est dimanche matin, il n’y a pas encore foule. Nous faisons un passage par la Galerie des Nouveautés, située à l’entrée du salon, où l’on peut découvrir en exclusivité les innovations des exposants. Parmi celles que j’ai retenu, les framboises séchées de Biofruisec, des cookies sans gluten et vegan noisette chocolat, la farine de pépins de courge de Bioplanète ou encore un jambon sans sels nitrités (ceux qui donnent à la charcuterie sa belle teinte rosée, mais accusés d’être un cancérogène probable).

Nouveautés
La Galerie des Nouveautés

Nous faisons un petit repérage dans les allées puis nous nous dirigeons vers notre première conférence, sur l’importation des ingrédients et produits bio: des intervenants de qualité et un sujet qui nous concerne directement! Après la pause déjeuner, nous commençons notre tournée des stands. L’objectif est triple: rester en contact avec des exposants que nous connaissons déjà, rencontrer des fournisseurs et des sous-traitants, et surtout, apprendre! Nous passons ainsi un petit moment sur le stand de l’entreprise Racines, qui transforme, conditionne et distribue des ingrédients et produits africains vers les USA et l’Europe, principalement pour la diaspora et de plus en plus pour le marché bio. Nous avions déjà rencontré la société, dont le siège social est à Montpellier. L’occasion de passer un bon moment et de repartir avec quelques échantillons: infusion de bissap (hibiscus) blanc du Sénégal et lamelles de bananes plantains du Bénin.

 

 

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Nous continuons par les producteurs de fruits secs et fruits séchés que sont Biofruisec et AgroSourcing. Mangue sauvage du Cameroun et du Burkina, banane du Cameroun, ananas Cayenne du Togo…nous passons tout en revue et nos papilles nous disent merci.

 

 

Au détour d’une allée nous rencontrons la coopérative sénégalaise FOPROBIO. Son président Pape SECK nous explique travailler avec un groupement de femmes situé dans la région de Diourbel (150km de Dakar). Un échange amical comme nous avions l’habitude d’en avoir au Sénégal. La coopérative produit et vend le moringa, le fruit du baobab, l’hibiscus et transforme également ces produits sous forme de boissons avec un partenaire français.

 

Après avoir assisté à une seconde conférence « la réglementation européenne sur les allégations nutritionnelles » (que peut-on écrire sur une étiquette?), nous finissons la journée par un échange très enrichissant avec la société Gourmie’s. Gourmie’s est un fabricant de barres crues ou « raw » en anglais, concept qui séduit de plus en plus les consommateurs français et qui nous vient des Etats-Unis. Une barre à base de baobab et de framboise a notamment retenu notre attention! Nous avons pu discuter de nombreux sujets tels que les canaux de vente en bio, la communication sur les réseaux sociaux ou encore le marketing.

Lundi 24 septembre, Lyon.

Après une bonne nuit de repos, nous attaquons la deuxième journée de salon par une conférence sur les consommations alternatives et émergentes: bio, vegan, flexivorisme, sans gluten… Les interventions sont de haut niveau et nous en apprenons beaucoup sur les différents marchés que nous visons. Les allées de Natexpo sont nettement plus remplies que la veille, et nous nous frayons un chemin pour assister à une seconde conférence sur les évolutions réglementaires du bio. En effet l’UE vient d’acter un nouveau règlement bio applicable à partir de 2021, et il est essentiel de s’y préparer dès maintenant.

Conférence
Un nouveau règlement européen sur le bio à l’horizon 2021

Nous continuons notre tour des exposants et partons à la rencontre d’Arcadie (les fameux sachets de thés et infusions Herbiers de France que l’on retrouve dans tous les magasins bio), de J.Favrichon ou encore de Grillon d’Or, ces deux derniers proposant une vaste gamme de mueslis. Nous avons pu discuter avec la désormais connue et reconnue startup Matahi, qui a introduit en France la première boisson bio et équitable à base de baobab, et dont le siège est à Montpellier. Au détour d’un stand nous avons échangé avec l’association Songtaab-Yaigré, basée au Burkina et qui propose notamment de délicieuses mangues séchées et du beurre de karité. Pour sortir de l’alimentaire pur, nous avons échangé avec ICO Marking Systems, qui fabrique des étiquettes biodégradables pour packaging, à base d’amidon de maïs, et marquées avec des encres naturelles.

 

La journée s’est terminée par deux conférences très intéressantes: comment financer la structuration d’une filière bio à l’international? présentée par EcoProDev, qui a insisté sur les fonds de l’aide au développement mobilisables auprès des bailleurs de fonds. Et « les produits bio des années 2020 », avec un focus sur les comportements d’achat des générations Y et Z (celles nées entre les années 1980 et 2000), également appelées Millenials.

Participer à Natexpo fut une expérience intense et enrichissante, nous avons beaucoup appris et sommes reparti(e)s avec un petit paquet de cartes de visite! A l’année prochaine à Paris 🙂

Edouard 

Visite du M.I.N de Montpellier

Vendredi 27 juillet, Montpellier.

La FABIC (cf article précédent) nous a convié à son second afterwork, qui se déroule au M.I.N de Montpellier. Késako? C’est le Marché d’Intérêt National. Il remplit plusieurs fonctions, dont la principale est d’être une place d’échange entre acheteurs et vendeurs de produits frais et locaux, principalement des fruits et légumes. D’ailleurs, c’est par là que commence notre visite.

Après une brève présentation individuelle (nous sommes une petite vingtaine de personnes), nous nous dirigeons vers le « carreau » des producteurs. Ambiance garantie, 3 fois par semaine, sur un créneau de 2h. Et ça tombe bien, nous arrivons en plein milieu de la vente. La devise du carreau? « Récolté ce matin, disponible cet après-midi dans votre magasin ».

Une impression de fourmilière se dégage, des palettes remplies de fruits et légumes (beaucoup, beaucoup de melons), des montes charges, des allers retours incessants. Mais avec une organisation bien rodée. D’un côté les acheteurs: essentiellement les commerces traditionnels (de proximité), primeurs et épiceries; mais aussi la restauration hors domicile, et un peu de GMS. Leurs camions, situés derrière le carré de chaque vendeur, est prêt à charger la marchandise. De l’autre les cultivateurs de la région, qui louent leur espace au coup par coup, ou par abonnement annuel. Ici, pas de sélection nous dit-on, tous les producteurs sont les bienvenus. Une carte d’identité, un relevé parcellaire et un justificatif d’inscription à la M.S.A (la sécurité sociale agricole) suffisent pour venir vendre ses produits. Au détour d’un stand, Monia se voit offrir des fraises, c’est étrange moi on ne m’a rien proposé…

Nous faisons une halte à la sortie du carreau, pour observer de loin le pôle de transformation alimentaire. C’est une des autres activités du M.I.N. Sur ce pôle on retrouve des entreprises qui valorisent les aliments locaux sous forment de produits transformés (conserves, bocaux, fruits séchés, plats préparés…). Deux exemples de réussite en sont Label d’Oc et Il était un fruit (les fameux goûters sous forme de fruits déshydratés que l’on retrouve désormais partout en France). Selon le site de la Métropole, ces entreprises « répondent ainsi à plusieurs objectifs : une alimentation saine et durable issue des productions locales, contribuant au développement économique et à l’emploi local. » Montpellier met en avant sa politique agro-écologique, et nous avons pu nous rendre compte, à travers les différents événements auxquels nous avons participé, que la ville, mais aussi la Région, sont très avancées en la matière.

Entrepôts
Direction la plateforme frigorifique!

Nous prenons ensuite le chemin de la plateforme frigorifique, le lieu de stockage des denrées alimentaires. Accompagnés par le responsable logistique du M.I.N, nous visitons les différents entrepôts. Froid négatif soit -18-20°, bizarrement personne n’y ait rentré, il faut dire que nous sommes en pleine canicule, le choc thermique est rude… Froid positif (+4+8°), déjà un peu plus de monde! Température dirigée soit +14°, utilisée principalement pour le stockage du vin; il ne faut pas oublier que nous sommes dans la 1ère région viticole de France (en quantité…pour la qualité je ne suis pas expert, le débat reste ouvert!). Nous passons également par un vaste entrepôt à température ambiante, pour le stockage des aliments non périssables. Cette partie de la visite est très intéressante pour nous car qui sait, nous aurons peut être besoin de stocker des produits ici 🙂

En sortant des entrepôts nous apercevons également le pôle horticole (achat/vente de fleurs et plantes, comme vous l’aurez sans doute compris). Et un peu plus loin, un vaste entrepôt réservé aux grossistes (fruits et légumes, viandes et volailles, vins…).

Après l’effort, le réconfort: une fois toutes les deux semaines, le vendredi, les transformateurs de la région (notamment ceux qui ont leur atelier sur le M.I.N) exposent et vendent également leur production. L’idée est d’avoir accès à des acheteurs professionnels, tous comme les maraîchers. C’est l’occasion de déguster de succulents produits et de faire un peu de networking! Nous y croisons d’ailleurs François Jacques (Le Repaire des Cookies, cf article précédent), et repartons le sac rempli comme à notre habitude.

Un grand merci à Laure de la FABIC, et Marion du M.I.N pour l’organisation de cet afterwork et cette visite instructive.

Edouard

Ps: Le M.I.N en quelques chiffres

Infographie MIN Montpellier
Infographie MIN Montpellier. Chiffres, source: guide du M.I.N en ligne.

SENAR – Les Délices Lysa

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Lundi 16 avril, Dakar.

Ce matin nous décidons d’aller visiter les boutiques des transformateurs-trices que nous avions rencontré(e)s au Dakar Farmers Market. Et peut-être aurons-nous l’occasion d’en savoir plus sur les produits, en rencontrant celles et ceux qui les côtoient au quotidien. En effet, sur le marché il y avait foule et il n’était pas toujours évident d’avoir un échange approfondi.

Après quelques péripéties, nous arrivons à bon port et sommes introduits à l’intérieur du bâtiment. Puis nous sommes chaleureusement accueilli(e)s par Sylvie Sagbo Gommard, la directrice adjointe de LYSA & CO, qui porte la marque SENAR – Les Délices Lysa. Nous ne nous attendions pas à un tel accueil, et mieux qu’une visite en boutique, nous avons la chance de nous assoir autour de la table et d’échanger pendant une bonne heure sur l’histoire et les activités de LYSA & CO, sur le parcours de Sylvie et sur notre projet au Sénégal.

Sylvie Sagbo
Sylvie Sagbo Gommard, Directrice adjointe de LYSA & CO

LYSA & CO est une SA sénégalaise basée à Dakar et spécialisée dans la transformation et la commercialisation d’arachides, de noix de cajou et de maïs. L’histoire de la marque SENAR – Les Délices Lysa est une histoire familiale. En 1977, Lydie Sagbo, la mère de Sylvie, commence à vendre des arachides transformées devant chez elle. En 1982, elle crée la marque SENAR (SEnegal ARachide) et commence à commercialiser sa production dans les supermarchés de Dakar. En 1987, l’entreprise étend son offre avec la vente de noix de cajou et de pop-corn sous la marque Les Délices Lysa (pour LYdie SAgbo).

Sylvie part faire ses études en France puis y lance sa carrière professionnelle, dans le domaine de la finance de marché, puis plus tard de la restauration avec l’ouverture d’un restaurant en région parisienne. Elle n’en suit pas moins de près l’aventure entrepreneuriale de sa mère et s’implique dans le développement de SENAR – Les Délices Lysa. Sylvie nous parle avec passion de l’histoire de la société, et nous avons pu saluer sa maman qui a fait une courte apparition dans la pièce. Bravo à cette femme qui a mis tant d’efforts à bâtir et faire vivre sa société !

En 2015, Sylvie revient au Sénégal et reprend les rênes de l’entreprise. L’idée est de la faire rentrer dans une nouvelle phase de croissance, et de saisir tout le potentiel de la marque et de ses produits. En 2017, LYSA & CO est créé, et le fonds TERANGA CAPITAL investit dans l’entreprise. Une nouvelle unité de transformation devrait voir le jour fin 2018, afin notamment de répondre à une demande croissante. Cette nouvelle phase devrait aussi permettre à la société d’accélérer son développement commercial et de conquérir de nouveaux marchés à l’export. La qualité des produits devrait sans nul doute conquérir le cœur des consommateurs du monde entier ! En mars 2018, la société a remporté le Prix d’Encouragement du Salon de l’Agriculture à Paris.

Aujourd’hui les produits sont principalement commercialisés dans les chaînes de distribution sénégalaises (Citydia, Exclusive, Auchan, Casino…), les hôtels (ex : Novotel) et en vente directe (ex : le fameux Dakar Farmers Market !).

Produits SENAR
Un aperçu de la gamme SENAR- Les Délices Lysa

Après avoir écouté attentivement les explications de Sylvie, nous passons à une autre étape, et pas des moins agréables, la dégustation !! Tout en savourant un beurre de cajou 100% naturel, Sylvie nous explique l’ensemble du process, de l’approvisionnement en local de la matière première à la transformation et la commercialisation de ses produits. L’entreprise met un point d’orgue à respecter un processus artisanal de transformation (tri minutieux, cuisson au feu de bois, salage au cœur), et d’utilisation d’ingrédients 100% naturel, gage de qualité. Et cela se ressent en bouche, un vrai délice ! Nous en apprenons beaucoup sur le fruit de l’anacardier, appelé la pomme de cajou, avec lequel on peut faire des confitures et des jus. Et la fameuse « amande » ou noix de cajou, celle que l’on retrouve sur la table. C’est également l’opportunité d’en apprendre plus sur les contraintes à l’export et à l’import (Union Européenne) des produits alimentaires transformés au Sénégal.

Pomme de cajou
La pomme de cajou, et en dessous l’amande cachée sous sa coque

La gamme de SENAR – Les Délices Lysa est très large, et Sylvie a encore beaucoup d’idées dans sa botte secrète ! Nous avons aussi pu tester le délicieux cajoutella, les cajous pralinées au sésame (personnellement mon coup de cœur), à l’anis, au gingembre, les cajous grillées/salées et nature, et les cacahuètes grillées. Autant dire que nous ne sommes pas repartis les mains vides !

Un grand merci à Sylvie pour son accueil chaleureux et le temps accordé, ce fut un plaisir de pouvoir échanger sur sa société et ressentir son énergie entrepreneuriale communicative !

D’ailleurs si vous voulez suivre les aventures de SENAR – Les Délices Lysa et les dernières recettes, ça se passe ici.

« Croquez un jour, Craquez toujours! »

Edouard

 

Biosene

Produits Biosene

Mercredi 18 avril, Dakar.

On recherche avec obsession du beurre de karité…Oui mais pas n’importe lequel ! Il faut qu’il soit local et 100% naturel.
La mère et la grand-mère de Mathy nous mettent en garde : le beurre de karité généralement vendu au Sénégal provient du Mali ou du Burkina Fasso et il est difficile d’avoir une traçabilité sur le processus de transformation de la noix. Le « Dakar Farmers Market » fait alors écho dans nos têtes ! On récupère les flyers des standistes récoltés durant l’évènement et celui de l’entreprise Biosene fait mouche : « 100% naturel », « Free GMO »,  « Beurre de karité » … what else ?! Nous décidons d’en savoir plus sur l’entreprise et ses produits. Direction la zone industrielle Sodida à Dakar, au pied de la radio dunya !

Arrivés dans la boutique, nous demandons s’il est possible de rencontrer un(e) commercial(e). Très naturellement, notre hôtesse nous indique le 1er étage. Nous sommes alors chaleureusement accueillis par Mao BA, le directeur adjoint de la société, et Mme Mame Rokhaya FALL, une des commerciales.

Biosene est une entreprise familiale leader dans la production et la transformation des produits agro-alimentaires et cosmétiques au Sénégal. Les matières premières sont issues de la récolte et de la cueillette locale : moringa, karité, hibiscus, jojoba, pain de singe, coco, miel…
La gamme de produits est variée : compléments alimentaires sous forme de poudre, feuilles, gélules, mais aussi produits cosmétiques formulés en crèmes, huiles ou beurres. Leur leitmotiv : santé & beauté pour un « mieux vivre » et un « mieux-être » de nos consommateurs.

L’histoire de Biosene débute en 2005. A cette époque, l’entreprise, fondée par l’incroyable Mame Khary DIENE,  est connue sous le nom des Laboratoires Bioessence. C’est une PMI spécialisée dans la cosmétique naturelle et biologique et les compléments alimentaires naturels.

Mame Khary Diene
Distinctions obtenues par Mame Khary DIENE

A l’origine, les Laboratoires Bioessence proposent exclusivement du beurre de karité et de l’huile de baobab certifié bio. Puis la société se diversifie avec une gamme de produits agro-alimentaires. En 2017, Les laboratoires Bioessence sont renommés Biosene. C’est alors la petite-sœur de Mame Khary DIENE, Salamba DIENE, qui reprend les rênes de l’entreprise.

Salamba Diene
Salamba DIENE

Les produits viennent essentiellement de Kédougou (Sénégal oriental) et Kolda où la société collabore avec des GIE (Groupement d’Intérêt Economique) de femmes transformatrices. Biosene s’inscrit clairement dans une volonté d’aide aux femmes sénégalaises et joue un véritable rôle social.

Au Sénégal, les produits Biosene sont distribués dans plusieurs supermarchés tels que les Casino et le Sea Plazza à Dakar. A l’international, Biosene exporte en France, aux Etats-Unis, au Canada et en Asie. Leurs produits sont distribués essentiellement dans les boutiques exotiques, l’objectif de la société à moyen terme etant de pénétrer le marché du Bio.

Parmi les challenges que l’entreprise doit relever, on compte d’abord celui de l’exportation. Il n’est pas évident de faire des envois depuis Dakar en respectant les délais et la qualité de la livraison. La meilleure solution serait d’avoir des distributeurs dans les pays cibles. Une autre problématique est celle du packaging. Biosene importe une partie de leur emballage de France afin de pouvoir exporter leurs produits dans les normes. Le packaging est un problème global au Sénégal et un réel frein à l’exportation. Aujourd’hui, Biosene travaille sur la création d’un site e-commerce afin de valoriser leur gamme de produits naturels.

Nous avons craqués et sommes repartis avec du beurre de karité évidemment (objectif atteint !!!) mais également des savons, de la poudre de baobab et de moringa !
A travers Biosene, nous avons découvert un Sénégal exigent quand à la qualité de ses produits transformés, dynamique sur le point de vue de l’innovation produit, et engagé socialement à travers ses partenariat avec des GIE de femmes transformatrices.

Nous souhaitons à Biosene une bonne continuation pour tous leurs projets et nous avons hâte de pouvoir retrouver leurs produits en France dans les magasins Bio 😉

Monia

La qualité Biosene
Ils font confiance à Biosene