Le Sénégal c’est d’la balle au SIAL!

Mercredi 24 octobre, Villepinte.

Le plus grand salon international sur l’alimentation

Après une virée lyonnaise au Natexpo, on s’attaque au SIAL: Salon International de l’Alimentation. Et c’est un sacré morceau! En quelques chiffres (merci à ZePros News*): 7200 exposants venus de 119 pays, 310 000 visiteurs (75% d’internationaux), 650 startups, 400 000 produits et une surface d’exposition équivalente à 100 supermarchés… On a tellement marché que je me suis foulé la cheville gauche, et c’est pas une blague.

Hall SIAL
Une des 8 halles du salon…

Difficile de ne pas trouver son bonheur ici, tellement les produits présentés couvrent absolument tous les domaines: de l’épicerie fine aux géants des produits laitiers et carnés, en passant par les tablettes de légumes bio, les céréales petit déjeuner au quinoa, et même l’alimentation animale. La plupart des pays sont représentés, et disposent de leurs pavillons nationaux. Certains sont gigantesques, on pense notamment au Brésil et à l’Argentine, où l’on a même assisté à une grillade party en direct!

Nous commençons par un passage express au stand de l’Épicurien. La cousine d’Edouard y travaille, et une fois n’est pas coutume, parlons un peu des produits régionaux (Occitanie et même Hérault, la société étant située à Le Bosc). L’occasion de découvrir des nouveaux produits et notamment la gamme « Pop Fruits », de délicieuses purées de fruits à utiliser en cocktails, verrines ou nappages.

L’Épicurien
Les confitures/chutneys et les Pop Fruits de l’Épicurien

Les produits africains en ligne de mire: place aux fruits secs

Nous attaquons ensuite par des ingrédients en lien direct avec l’Afrique, et plus particulièrement les fruits séchés et fruits secs. Nous partons ainsi à la rencontre du très amical fondateur de BC Agro fruits secs (aujourd’hui Base Organic Food), « société française spécialisée dans la création de filières de production de fruits secs, graines, céréales exclusivement biologiques à travers le monde ». L’occasion de passer à table de bon matin et de déguster la mangue séchée et la cajou du Burkina ou encore la noix de macadamia du Kenya (même si origine non africaine, mention spéciale à la banane séchée!). La plupart des produits sont bio et équitables. Base Organic a également conçu une machine qui permet de faire de la purée d’oléagineux (noix, amandes etc), en conservant les minéraux et les vitamines.

Au détour d’une allée nous rencontrons la société Hpw Ag, qui propose une gamme intéressante de fruits séchés, tous originaires du Ghana: mangue, coco et ananas.  Le site de transformation, situé non loin de la capitale Accra, est un des plus importants d’Afrique pour les fruits séchés. Il a un impact fort sur toute l’activité économique de la région, en employant près de 1 000 personnes sur les pics de production. Le responsable du site nous explique le fonctionnement éco-responsable de l’usine. Les déchets issus des noix de coco sont par exemple utilisés comme biomasse pour alimenter le système de séchage des fruits, et les pelures des fruits comme biogaz. La société a également investi dans l’énergie solaire. Une fois l’aspect technique et commercial passé en revue, place à la dégustation! J’ai été conquis par la saveur légèrement acide et sucrée de la mangue séchée, préparée en lamelle, en cube et aussi en petites boules, commercialisées sous la marque « Tropicks ». Pratique pour du snacking!

Nous sommes également passé(e)s par le stand de Fruit Gourmet pour une dégustation de fruits séchés réhydratés. L’objectif de ce processus est d’augmenter la durée de conservation, et retrouver l’aspect d’un fruit « frais » par la suite, avec une texture tendre et moelleuse. Un passage par le pavillon Afrique du Sud nous a ensuite permis de rencontrer un fournisseur de raisins secs, et d’en apprendre plus sur les différentes variétés.

Céréales africaines

Dans nos pérégrinations sur les ingrédients africains, nous nous intéressons depuis le début aux céréales. Fonio, sorgho, petit mil, teff…autant de céréales originaires et cultivées en Afrique, et ce depuis depuis des siècles, voir des millénaires pour le fonio. Résistantes à des conditions climatiques de culture extrêmes, elles nécessitent peu d’eau, et, cerise sur le gâteau, elles sont sans gluten, très digestes, avec un indice glycémique bas. Certaines sont aussi riches en acides aminés essentielles et en protéines. Elles sont donc bonnes pour l’environnement et pour la santé. Nous nous rendons sur le Pavillon africain et échangeons avec Danaya Céréales, producteur malien de diverses céréales et préparations: fonio, diouka, couscous de mil (le fameux thiakry), farines de maïs…

Puis, nous partons pour le stand de Baonane. Baonane est une société sénégalaise avec qui nous avions déjà échangé à distance. C’est un important fournisseur de matières premières végétales, et notamment de dérivés du baobab: poudre, feuilles, graines, huiles… Baonane travaille également sur la mangue, le sésame ou encore l’hibiscus. Nous sommes chaleureusement accueilli(e)s par les fondateurs Adama et Martin. Si nous sommes au SIAL aujourd’hui, c’est surtout grâce aux invitations qu’ils nous ont gentiment envoyées! Située près de Kaolack au Sénégal, Baonane exerce depuis 2013. Partie avec une construction modeste, la société est aujourd’hui en pleine croissance avec deux entrepôts et un grand atelier. Adama et Martin nous racontent plus en détail l’histoire de Baonane et la quantité de travail qu’il a fallu fournir pour en arriver là. Nous échangeons également sur les céréales africaines, et plus particulièrement le fonio et le mil, que la société fournit. Et en bio en plus!

Nous repartons de cet échange revigoré(e)s et plein d’entrain pour notre projet. Pour rester dans le monde des « céréales », nous rencontrons deux producteurs et spécialistes des céréales petit déjeuner (muesli, barres…), Dailycer et Markal.

Innovations

Pour finir la journée, direction l’entrée du hall 6, avec les espaces SIAL Innovation et Foodtech. Le Futur Lab « Foodtech » regroupe les jeunes pousses de l’alimentaire, c’est l’occasion pour nous de s’inspirer des startups qui se lancent, comme La Mère Mimosa (et ses délicieux granola que nous avons dégusté). Côté innovations, un vaste espace présente les nouveautés 2018, celles que nous verrons dans nos rayons et nos assiettes prochainement. Les tendances sont claires: retour au produit naturel, le moins transformé possible, qui assure de la transparence au consommateur, tout en apportant de nouvelles « expériences plaisirs »: kéfir, graines de quinoa, tablettes de légumes, insectes, super fruits…autant d’ingrédients et de concepts qui sont à suivre de près.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Merci SIAL 2018, on se revoit en 2020!

Edouard

*https://tokster.com/article/le-sial-fait-le-bilan–2

L’île Serpent

Lors de notre séjour au Sénégal en avril dernier, l’une des premières merveilles que nous avons découverts fut l’île Serpent. Cette île, avec l’île Lougne, fait partie d’un archipel situé au large de Dakar, les îles de la Madeleine.
C’est une île inhabitée de 45 hectares accessible en pirogue (traversée d’environ 10 min depuis Dakar). Les visiteurs doivent quitter l’île avant la tombée de la nuit.

Île aux serpents
Île Serpent
Île aux serpents
Île Serpent

Cette île rocailleuse est à la fois étonnante et envoûtante. Surtout, n’ayez aucune crainte! Elle ne regorge pas de serpents comme son nom pourrait le suggérer :). « L’île Serpent » n’est qu’une déformation de « l’îlot Sarpan », son véritable nom. Sarpan était un sergent rebelle de l’armée française hostile à l’autorité et exclu sur l’île en guise de sanction.

Baobabs nains_Île Serpent
Baobabs nains_Île Serpent
Baobab nain_Île Serpent
Baobab nain_Île Serpent

L’île abrite un écosystème varié avec plus de 101 espèces d’arbres dont le le tamarin ou encore le baobab nain, l’un des symboles de l’île. On y croise également de nombreux oiseaux tels que des grands cormorans, des balbuzards pêcheurs, des fous de Bassan et des phaétons éthérés ( « pailles en queue », l’autre l’emblème de l’île).

Pailles en queue_Île Serpent
Pailles en queue_Île Serpent
P1010972 (2)
Île Serpent

Nous y avons passé une journée magique, à arpenter ses roches et observer la faune. Si un jour vous êtes de passage à Dakar, n’hésitez pas à vous y arrêter!

Monia

La team Sénégal 2018_Île Serpent
La team Sénégal 2018_Île Serpent

 

Infos pratiques

  • Le départ de la pirogue se fait au Parc national des îles de la Madeleine (PNIM) situé sur la Corniche ouest, juste après la Cour de Cassation, dans la baie de Soumbédioune (marché aux poissons)
  • Prévoir des chaussures de marche
  • Entrée du parc : 1 000 F / pers (~1,5 €)
  • Le guide : 5 000 F / groupe de pers (~7,5 €)
  • Pirogue : 4 000 F / pers (~6 €)
  • Parasol (optionnel) : 2 000 F (~3€)

Références
http://www.au-senegal.com/parc-de-la-madeleine,013.html
https://www.ilovesenegal.sn/A-la-decouverte-de-l-ile-aux-serpents_a679.html
http://www.lesoleil.sn/2016-03-22-23-37-00/item/54141-parc-national-des-iles-de-la-madeleine-dans-l-antre-sacre-du-genie-protecteur-de-dakar.html

 

Kora: la harpe ouest-africaine

Avez-vous déjà entendu le son d’une Kora? Sa douceur vous enivre et vous transporte… J’en suis complètement fan :). J’ai donc décidé de lui consacrer un article. Une histoire à découvrir ou à redécouvrir pour celles et ceux qui connaissent déjà cet instrument.

La kora, ou « harpe-luth », est un instrument à cordes originaire d’Afrique de l’ouest datant du 18ème siècle. Plus précisément, c’est un instrument mandingue. Les mandingues sont un peuple d’Afrique de l’ouest également connus sous les noms de Bambaras au Mali, de Dioulas en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso et de Malinkés en Guinée, au Sénégal et en Gambie. Il existe différents légendes autour de la naissance de la kora et son origine historique est controversée.

La kora classique (©Baragnouma)
La kora classique (©Baragnouma)

La kora est traditionnellement joué par les griots, musiciens professionnels mandingues. Les griots sont des conteurs d’histoires. Ils interprètent en public à la fois des poésies ou encore des généalogies familiales. Ils transmettent à l’oral l’histoire de leur peuple. Les musiques sont ainsi transmises de père en fils, traversant les générations. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le terme « griot » n’est pas d’origine africaine. Il tirerait son origine des mots portugais criado, « serviteur du maître », ou gritar, « crier ».

Griot malinké ©BNF Gallica
Griot madingue (©BNF Gallica)

La Kora est constituée d’une demi calebasse, qui fonctionne comme une caisse de résonance, d’une peau de bœuf tendue et d’un manche parcouru de 21 à 23 corde. Cette harpe est l’instrument africain à cordes le plus élaboré. Les cordes étaient anciennement constituées de boyaux. Aujourd’hui elles ont été remplacé par du fil de pêche en nylon.

Koras (©Mathaz CC - BY)
Koras (©Mathaz CC – BY)

Nous devons la popularisation de la Kora à de nombreux grands artistes. Parmi eux, Moussa Sissoko, Lamine Konté, Sekou Kouyate, Toumani & Sidiki Diabaté ou encore Ali Boulo Santo.

Je vous laisse avec une petite vidéo de Toumani & Sidiki Diabaté. J’espère que vous apprécierez :)!

Monia 

Références
La kora, harpe mandingue d’Afrique de l’Ouest – L’Influx
Mandingues, traditions et transmission – RTS Mali
La djèliya, l’art des griots mandingues en Île-de-France – L’île du monde

 

 

Il était une fois le wax

 

Le 10 août 2018, Montpellier.

Depuis toujours, j’associe le tissu wax à l’Afrique. Je ne me doutais pas alors que j’étais à côté de la plaque. Son histoire ne commence pas du tout en Afrique…mais beaucoup moins loin que vous ne pourriez l’imaginer…
Le wax est un tissu traditionnel 100% coton, imprimé sur les 2 faces à l’aide d’un système de cire (wax en anglais). C’est ce procédé d’impression qui a donné le nom au tissu.

Si on l’associe spontanément à l’Afrique, le wax trouve pourtant ses origines en Indonésie. À la fin du 19ème siècle, les colons hollandais en Indonésie s’inspirent de la technique d’impression à la cire du batik javanais pour teinter des tissus de coton avec de nouveaux motifs. Le tissu wax (également appelé le pagne wax) est né! Cependant, les Indonésiens boudent ces nouveaux tissus qu’ils jugent de qualité médiocre.

En revanche, les soldats ghanéens qui combattaient aux cotés de l’armée coloniale hollandaise en Indonésie furent immédiatement conquis par les imprimés du wax. De retour au Ghana, ils importent le wax qui connait alors un véritable succès auprès de la population locale. Le wax se popularise en Afrique de l’ouest, avec des motifs et des couleurs adaptées afin de séduire ce nouveau marché. Face au succès rencontré par les pagnes wax, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest installent des usines de fabrication de wax afin de rivaliser contre le wax hollandais.

Ce sont les Nana Benz, femmes togolaises, qui ont popularisé et commercialisé en premières le wax en Afrique. Elles doivent ce surnom aux Mercedes dans lesquelles elles se plaisaient à se pavaner dans les années 70-80. Les Nana Benz ont été les premières femmes millionnaires d’Afrique. Ces femmes ont débuté le commerce de pagnes wax dans les années 1940-1950. Elles importaient des tissus du Ghana au Togo, puis elles ont proposé la revente de leurs modèles aux maisons de négoce installées au Togo.

Nana Benz (crédit photo: mivapedia)
Nana Benz (crédit photo: mivapedia)

Aujourd’hui, le wax est indissociable des cultures africaines. Les motifs imprimés sont d’ailleurs un véritable langage qui permet de transmettre des messages. Par exemple, le pagne « Hibiscus » ou « Fleurs de mariage » est offert en cadeau aux futurs époux. On peut également citer le pagne « L’œil de ma rivale ». Lorsqu’une femme porte ce motif, elle dit à sa rivale qu’elle fera tout pour préserver son foyer.

Actuellement, le principal producteur de wax se trouve en Hollande, d’où sont originaires les magnifiques wax Vlisco. Ce wax est connu pour sa qualité premium. L’autre grand producteur de wax est l’Afrique (Ghana, Niger, Côte-d’Ivoire). Il est important de noter que la majorité des tissus wax que nous connaissons aujourd’hui sont des imitations, produites en masse en Asie et enduites de cire après impression. Alors si vous souhaitez acheter du  vrai wax, prenez garde!!

Monia

 

Références
Petite histoire du wax_Frou-Frou Paris
Tendance : le langage du Wax décrypté dans deux livres_Jeune Afrique
Le wax: origines & fabrication_L’atelier de Maki
Origine et significations du wax: l’histoire derrière le tissu et les motifs_Awale Mag
Les Nana Benz de Lomé_Comi Toulabor
#Tissus # L’origine DU WAX_Deer & Doe

 

 

 

 

Aistou Cuisine

Le 21 juin 2018,

Aistou cuisine

Lorsque nous étions au Sénégal, nous avons craqué pour le moringa, une plante également appelée « arbre de vie ». Son pseudo, elle le doit à ses innombrables vertus! Riches en protéines, en antioxydants ou encore en vitamine C, le moringa est un véritable allié santé. Les feuilles de l’arbre de vie, souvent consommées en infusion, sont également utilisées en cuisine traditionnelle dans les sauces par exemple.

Moringa Olifeira
« L’arbre de vie »

Lors de notre séjour à Dakar, nous avons fait un stock de feuilles de moringa (réduites sous forme de poudre). Dernièrement, alors que je cherchais une recette sucrée pour faire des tests avec la poudre de moringa,  j’ai eu la chance de tomber sur une recette de cake à la farine de mil et moringa proposée par le blog Aistou Cuisine. En plus des desserts, j’y ai trouvé de nombreuses recettes de boissons et de plats.

Aistou Cuisine
Blog Aistou Cuisine

Le blog a également un onglet « PARTENARIATS » sur lequel je m’empresse de cliquer! Je découvre alors que Aistou Cuisine propose des créations de recettes, la rédaction d’articles ainsi que de la vidéo culinaire. Il ne m’en fallait pas plus pour prendre contact et en savoir plus. Comme vous le savez (ou pas encore si vous nous découvrez :)), nous souhaitons valoriser des produits agroalimentaires ouest-africains au sein d’une gamme de snacking. C’est pourquoi un partenaire pour la création de recettes nous intéresse.

Rapidement, Aistou Cuisine nous propose un rendez-vous téléphonique pour le 21 juin. Derrière le nom d’Aistou Cuisine se cache Aïssatou Mbaye. C’est une jeune maman sénégalaise de 28 ans qui vit à Paris depuis environ 8 ans.  Aïssatou est manager au sein d’une banque mais dès qu’elle quitte son attaché-case, Aïssatou enfile son tablier et se consacre à l’une de ses passions: la cuisine. C’est pour partager cette passion qu’Aïssatou crée son blog en 2015. Elle y revisite des recettes occidentales avec des produits ouest-africains. Son objectif est la valorisation des saveurs africaines à travers des recettes aux combinaisons originales. En plus de son blog, Aïssatou donne des cours de cuisine dans le 2ème arrondissement de Paris 1 fois/mois.

Aïssatou est très impliquée dans la valorisation des produits ouest-africain. Elle nous explique qu’en 2017 elle devient ambassadrice de « Smart Food ». La « Smart Food initiative », mise en place par l’ICRISAT (International Crops Research Institute for the Semi-Arid Tropics) en partenariat avec le programme Feed the Future, vise à rendre certaines céréales, dont le mil et le sorgho, de nouveau attractives dans les zones semi-arides en Afrique et en Inde. Le but : éduquer tout un chacun, fermiers, consommateurs, travailleurs de santé, responsables gouvernementaux, aux nombreux avantages et usages du mil et du sorgho. Autant de pistes pour lutter en Afrique comme en Inde contre la malnutrition, l’obésité ou l’anémie. Ainsi, Aïssatou a développé des recettes à base de mil, d’arachide, de moringa et de sorgho sous le label Aistou Cuisine qu’elle a partagé sur les réseaux sociaux.

Smart food initiative

En 2017, Aïssatou participe également au challenge « Blogger Foodie Madness »organisé par Accor Hôtels. Le principe ? Pendant 16 semaines, 16 blogueurs culinaires originaires de 16 pays du monde s’affrontent pour tenter de décrocher un séjour à Singapour et assister au Food & Wine Festival by AccorHotels. Aïssatou fut la seule représentante africaine. Elle est arrivée en demi-final avec son super burger au poulet yassa. Bravo Aïssatou!! 🙂

Cette rencontre avec Aïssatou fut passionnante. Nous partageons le même objectif de valorisation des produits et saveurs africains encore peu connus en Europe.
Si vous recherchez de super recettes aux saveurs africaines, n’hésitez pas à faire un tour sur le blog d’Aïssatou!!

PS: Merci Aïssatou pour ta recette de cake au mil & moringa! On s’est régalés 😉

Cake mil & moringa
Cake au mil & moringa

Monia

 

Nos dernières rencontres à Dakar

inter Destinations

Cela fait un petit moment que nous n’avons pas publié, mais il y a une bonne raison à cela : le projet a beaucoup évolué et s’est précisé depuis notre retour en France!

Pour autant nous n’avons pas oublié nos dernières rencontres lors de notre séjour au Sénégal, que nous avons voulons vous retranscrire, comme si on y était encore 🙂

 

Vendredi 20 avril, Dakar.

Aujourd’hui nous nous rendons dans le quartier MERMOZ, à la rencontre de la merveilleuse équipe de SOORETUL. L’accueil est des plus chaleureux, c’est Seydou (en charge du marketing et de la communication) qui vient nous chercher car nous nous étions un peu (beaucoup) perdus. Nous nous installons dans la pièce où l’équipe travaille, en compagnie d’Awa, la fondatrice de SOORETUL, et d’Alioune, en charge de la livraison et de la relation clientèle.

Discussion
En « grande » discussion avec Awa Caba, fondatrice de SOORETUL

SOORETUL, fondé en 2014, est la première plateforme digitale de promotion et de vente en ligne des produits agricoles transformés au Sénégal. L’entreprise permet aux femmes sénégalaises, actrices de la transformation, d’être beaucoup plus visibles et de commercialiser leurs produits à l’échelle nationale et internationale. En effet, pour les femmes n’ayant pas de boutique physique, la seule solution pour vendre sont les foires agricoles annuelles comme la FIARA, mais qui ne durent que quelques jours. 15 PME de femmes transformatrices travaillent aujourd’hui en collaboration avec SOORETUL, soit au total 2500 femmes concernées, et plus de 400 produits sont référencés sur la plateforme (céréales locales, confitures, jus, sirops, conserves, produits halieutiques, cosmétiques…). Les consommateurs commandent en ligne et peuvent soit venir récupérer leur commande, soit être livrés chez eux. SOORETUL propose aussi un service traiteur pour les entreprises, ainsi que du contenu en ligne, comme l’élaboration de recettes.

Un des challenges de l’entreprise aujourd’hui, est de pouvoir répondre à la demande de la diaspora sénégalaise présente en France (et en Europe), qui est en recherche des produits « du pays ». La demande est également forte au Canada et aux Etats-Unis, où la diaspora sénégalaise est très présente.

Au fil de la discussion, Awa met en avant les bienfaits des plantes naturelles et céréales locales, comme le fonio, céréale sans gluten adaptée notamment aux personnes diabétiques. La problématique étant que ces produits ne sont pas ou peu valorisés d’un point de vue scientifique (recherche, documentation). Il y a là un vaste champ de possible pour faire gagner ces ingrédients en popularité et en crédibilité. Le moringa par exemple, souvent ajouté dans les plats sénégalais sous forme de feuilles séchées (pour faciliter la digestion), est peu valorisé sous forme de poudre ou de graines comme c’est le cas en Europe (utilisé notamment pour faire des cures), où les bienfaits du moringa sont de mieux en mieux connus et documentés.

Nous avons abordé les problématiques de la création d’entreprise au Sénégal, et SOORETUL nous a donné une vue globale de l’écosystème tech agricole, ainsi que de l’environnement légal et normatif. Nous avons passé un peu de temps dans l’entrepôt de stockage pour mieux connaître les produits, et nous ne sommes évidemment pas repartis les mains vides !

Entrepôt
Un petit tour du côté de l’entrepôt !

L’entrevue s’est finie par une séance de shooting photo autour de la bannière de l’entreprise, dans la bonne humeur. Un grand merci à l’équipe de SOORETUL pour cet accueil exceptionnel !

Photo shoot
Avec Seydou et Alioune, le classique photo shoot

 

Samedi 21 avril, Dakar.

Aujourd’hui direction le quartier Sacré Cœur à la rencontre de Babacar BIRANE, co-fondateur de CONCREE. CONCREE est une plateforme en ligne de mise en relation entre d’un côté, des startups, et de l’autre, des investisseurs, des mentors et d’autres entreprises qui peuvent apporter leurs compétences (réseau social avec boite de chat). Elle permet aux jeunes entreprises de nouer des contacts et de rencontrer de potentiels investisseurs en indiquant clairement leur stade de développement (idée, test concept, test marché etc) ainsi que leurs besoins (conseils, échanges de compétences, partenaires, espace de travail…). La plateforme met également à disposition un ensemble d’outils de business planning. CONCREE apporte donc des solutions « face aux problèmes rencontrés par les entrepreneurs dans leur recherche d’accompagnement, de collaborateurs et de financement ».

logo-concree.jpg

L’entreprise se développe aujourd’hui sur l’idée, selon les mots de Babacar, « du Uber de l’accompagnement ». Autrement dit, avoir en partie le rôle d’un incubateur mais en ligne, sous la forme d’une communauté, avec un accès à un package de services : formation, suivi, travail sur le business plan, mis en relation avec des investisseurs, travail sur le juridique… La communauté est à ce jour composée d’environ 800 membres basés dans 30 pays.

CONCREE étant spécialisé dans l’accompagnement d’entreprises, nous en avons profité pour exposer à Babacar une idée qui germait dans nos esprits, à savoir la valorisation des plantes et fruits sénégalais en France, sous forme de produits transformés. Il nous a donné plusieurs pistes de réflexion : la création de valeur ajoutée, le packaging des produits agro, l’impact social direct en générant des revenus, la mise à profit de nos compétences, ou encore le cadre juridique de la création d’entreprise. Il nous a aussi donné une idée plus précise du fonctionnement de l’écosystème entrepreneurial au Sénégal.

Nous avons beaucoup apprécié cet échange avec Babacar, qui est une personne très ouverte et sympathique. Et nous avons fini par la traditionnelle séance photo autour du kakémono de CONCREE !

Babacar
En compagnie de Babacar, co-fondateur de CONCREE

 

Lundi 23 avril, Dakar.

C’est par un bel après-midi à Dakar que nous nous sommes rendus au café-restaurant chez Lulu pour déjeuner avec Eva Sow Ebion. Elle nous a fait découvrir cet endroit plein de charme situé au niveau de la corniche Ouest, qui propose également des fournitures de maison. Eva a une longue et solide expérience dans l’accompagnement d’entreprises innovantes. Elle a notamment travaillé pendant plus de 5 ans au CTIC de Dakar, le premier incubateur TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) lancé en Afrique de l’Ouest. Eva est arrivée avec un grand sourire et a sorti de sa besace, tout au long de notre entretien, plein d’idées et de conseils par rapport à nos envies d’entreprendre. Ayant aujourd’hui sa propre société de coaching, elle collabore principalement avec des institutions africaines comme l’UEMOA et l’Union Africaine, ainsi que des Ministères (Bénin, Togo, Djibouti…), pour la mise en place de programmes d’accompagnement et d’incubateurs à destination des entrepreneurs.

mockuppalm

Difficile de faire un résumé tant le nombre de sujets abordés était grand!

Nous avons discuté de la création de la chaîne de valeur dans le domaine agricole (production, conservation, transformation, packaging, promotion des produits made in Sénégal). Pour Eva la valorisation des produits transformés sénégalais doit passer par un accompagnement global, notamment sur le packaging, qui est aujourd’hui peut adapté à l’export. Mais aussi sur les normes !

Eva nous apporté des pistes de réflexion sur la valorisation de nouveaux produits peu connus en Europe. Elle a établi le même constat que SOORETUL sur la faible valorisation scientifique des plantes et fruits sénégalais.

Nous avons également abordé les problématiques de la certification Bio ou encore de la traçabilité des produits agricoles. Elle-même étant la fondatrice de NDOUGI, une plateforme de livraison de paniers de fruits et légumes bio au Sénégal, elle nous a conseillé sur la vente via les plateformes en ligne. De son expérience, le point le plus sensible dans ce secteur reste le nombre trop faible de producteurs, ce qui peut se traduire rapidement par une tension sur l’offre de produits disponibles. Il faut donc diversifier autant que possible son réseau de producteurs et penser à organiser sa propre production. Il y a peu de produits certifiés Bio au Sénégal. Pourquoi ? Principalement à cause du coût que cela représente. En effet il n’y a pas d’organisme de certification Bio et il faut donc se tourner vers des organismes étrangers comme Ecocert pour obtenir ce label.

Eva
Eva, Tech Ecosystem Lover

Pour ceux comme nous qui veulent démarrer un projet entrepreneurial, le financement est aussi un point crucial. Parmi les diverses sources possibles, Eva nous a parlé de la Direction à l’Entreprenariat Rapide (DER). Macky SALL, le président de la République du Sénégal, a créé cette direction et y a injecté 30 milliards de FCFA exclusivement dédiés aux femmes et aux jeunes entrepreneurs. Pour les sénégalais de la diaspora vivant en France et ayant un projet entrepreneurial au Sénégal, il a également été question du Programme d’Appui aux Initiatives de Solidarité pour le Développement (PAISD).

Eva nous a parlé et mis en relation avec plusieurs de ses contacts, dans le domaine agro/cosmétique, ou encore e-commerce (ShopMeAway que Mathy a eu l’occasion de rencontrer).

Nous avons passé un très bon moment, tellement que nous avons oublié la photo-souvenir de groupe. Merci Eva  et bon vent pour tous tes projets!

Mathy et Edouard

SENAR – Les Délices Lysa

senar header 4

Lundi 16 avril, Dakar.

Ce matin nous décidons d’aller visiter les boutiques des transformateurs-trices que nous avions rencontré(e)s au Dakar Farmers Market. Et peut-être aurons-nous l’occasion d’en savoir plus sur les produits, en rencontrant celles et ceux qui les côtoient au quotidien. En effet, sur le marché il y avait foule et il n’était pas toujours évident d’avoir un échange approfondi.

Après quelques péripéties, nous arrivons à bon port et sommes introduits à l’intérieur du bâtiment. Puis nous sommes chaleureusement accueilli(e)s par Sylvie Sagbo Gommard, la directrice adjointe de LYSA & CO, qui porte la marque SENAR – Les Délices Lysa. Nous ne nous attendions pas à un tel accueil, et mieux qu’une visite en boutique, nous avons la chance de nous assoir autour de la table et d’échanger pendant une bonne heure sur l’histoire et les activités de LYSA & CO, sur le parcours de Sylvie et sur notre projet au Sénégal.

Sylvie Sagbo
Sylvie Sagbo Gommard, Directrice adjointe de LYSA & CO

LYSA & CO est une SA sénégalaise basée à Dakar et spécialisée dans la transformation et la commercialisation d’arachides, de noix de cajou et de maïs. L’histoire de la marque SENAR – Les Délices Lysa est une histoire familiale. En 1977, Lydie Sagbo, la mère de Sylvie, commence à vendre des arachides transformées devant chez elle. En 1982, elle crée la marque SENAR (SEnegal ARachide) et commence à commercialiser sa production dans les supermarchés de Dakar. En 1987, l’entreprise étend son offre avec la vente de noix de cajou et de pop-corn sous la marque Les Délices Lysa (pour LYdie SAgbo).

Sylvie part faire ses études en France puis y lance sa carrière professionnelle, dans le domaine de la finance de marché, puis plus tard de la restauration avec l’ouverture d’un restaurant en région parisienne. Elle n’en suit pas moins de près l’aventure entrepreneuriale de sa mère et s’implique dans le développement de SENAR – Les Délices Lysa. Sylvie nous parle avec passion de l’histoire de la société, et nous avons pu saluer sa maman qui a fait une courte apparition dans la pièce. Bravo à cette femme qui a mis tant d’efforts à bâtir et faire vivre sa société !

En 2015, Sylvie revient au Sénégal et reprend les rênes de l’entreprise. L’idée est de la faire rentrer dans une nouvelle phase de croissance, et de saisir tout le potentiel de la marque et de ses produits. En 2017, LYSA & CO est créé, et le fonds TERANGA CAPITAL investit dans l’entreprise. Une nouvelle unité de transformation devrait voir le jour fin 2018, afin notamment de répondre à une demande croissante. Cette nouvelle phase devrait aussi permettre à la société d’accélérer son développement commercial et de conquérir de nouveaux marchés à l’export. La qualité des produits devrait sans nul doute conquérir le cœur des consommateurs du monde entier ! En mars 2018, la société a remporté le Prix d’Encouragement du Salon de l’Agriculture à Paris.

Aujourd’hui les produits sont principalement commercialisés dans les chaînes de distribution sénégalaises (Citydia, Exclusive, Auchan, Casino…), les hôtels (ex : Novotel) et en vente directe (ex : le fameux Dakar Farmers Market !).

Produits SENAR
Un aperçu de la gamme SENAR- Les Délices Lysa

Après avoir écouté attentivement les explications de Sylvie, nous passons à une autre étape, et pas des moins agréables, la dégustation !! Tout en savourant un beurre de cajou 100% naturel, Sylvie nous explique l’ensemble du process, de l’approvisionnement en local de la matière première à la transformation et la commercialisation de ses produits. L’entreprise met un point d’orgue à respecter un processus artisanal de transformation (tri minutieux, cuisson au feu de bois, salage au cœur), et d’utilisation d’ingrédients 100% naturel, gage de qualité. Et cela se ressent en bouche, un vrai délice ! Nous en apprenons beaucoup sur le fruit de l’anacardier, appelé la pomme de cajou, avec lequel on peut faire des confitures et des jus. Et la fameuse « amande » ou noix de cajou, celle que l’on retrouve sur la table. C’est également l’opportunité d’en apprendre plus sur les contraintes à l’export et à l’import (Union Européenne) des produits alimentaires transformés au Sénégal.

Pomme de cajou
La pomme de cajou, et en dessous l’amande cachée sous sa coque

La gamme de SENAR – Les Délices Lysa est très large, et Sylvie a encore beaucoup d’idées dans sa botte secrète ! Nous avons aussi pu tester le délicieux cajoutella, les cajous pralinées au sésame (personnellement mon coup de cœur), à l’anis, au gingembre, les cajous grillées/salées et nature, et les cacahuètes grillées. Autant dire que nous ne sommes pas repartis les mains vides !

Un grand merci à Sylvie pour son accueil chaleureux et le temps accordé, ce fut un plaisir de pouvoir échanger sur sa société et ressentir son énergie entrepreneuriale communicative !

D’ailleurs si vous voulez suivre les aventures de SENAR – Les Délices Lysa et les dernières recettes, ça se passe ici.

« Croquez un jour, Craquez toujours! »

Edouard