Il était une fois le wax

 

Le 10 août 2018, Montpellier.

Depuis toujours, j’associe le tissu wax à l’Afrique. Je ne me doutais pas alors que j’étais à côté de la plaque. Son histoire ne commence pas du tout en Afrique…mais beaucoup moins loin que vous ne pourriez l’imaginer…
Le wax est un tissu traditionnel 100% coton, imprimé sur les 2 faces à l’aide d’un système de cire (wax en anglais). C’est ce procédé d’impression qui a donné le nom au tissu.

Si on l’associe spontanément à l’Afrique, le wax trouve pourtant ses origines en Indonésie. À la fin du 19ème siècle, les colons hollandais en Indonésie s’inspirent de la technique d’impression à la cire du batik javanais pour teinter des tissus de coton avec de nouveaux motifs. Le tissu wax (également appelé le pagne wax) est né! Cependant, les Indonésiens boudent ces nouveaux tissus qu’ils jugent de qualité médiocre.

En revanche, les soldats ghanéens qui combattaient aux cotés de l’armée coloniale hollandaise en Indonésie furent immédiatement conquis par les imprimés du wax. De retour au Ghana, ils importent le wax qui connait alors un véritable succès auprès de la population locale. Le wax se popularise en Afrique de l’ouest, avec des motifs et des couleurs adaptées afin de séduire ce nouveau marché. Face au succès rencontré par les pagnes wax, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest installent des usines de fabrication de wax afin de rivaliser contre le wax hollandais.

Ce sont les Nana Benz, femmes togolaises, qui ont popularisé et commercialisé en premières le wax en Afrique. Elles doivent ce surnom aux Mercedes dans lesquelles elles se plaisaient à se pavaner dans les années 70-80. Les Nana Benz ont été les premières femmes millionnaires d’Afrique. Ces femmes ont débuté le commerce de pagnes wax dans les années 1940-1950. Elles importaient des tissus du Ghana au Togo, puis elles ont proposé la revente de leurs modèles aux maisons de négoce installées au Togo.

Nana Benz (crédit photo: mivapedia)
Nana Benz (crédit photo: mivapedia)

Aujourd’hui, le wax est indissociable des cultures africaines. Les motifs imprimés sont d’ailleurs un véritable langage qui permet de transmettre des messages. Par exemple, le pagne « Hibiscus » ou « Fleurs de mariage » est offert en cadeau aux futurs époux. On peut également citer le pagne « L’œil de ma rivale ». Lorsqu’une femme porte ce motif, elle dit à sa rivale qu’elle fera tout pour préserver son foyer.

Actuellement, le principal producteur de wax se trouve en Hollande, d’où sont originaires les magnifiques wax Vlisco. Ce wax est connu pour sa qualité premium. L’autre grand producteur de wax est l’Afrique (Ghana, Niger, Côte-d’Ivoire). Il est important de noter que la majorité des tissus wax que nous connaissons aujourd’hui sont des imitations, produites en masse en Asie et enduites de cire après impression. Alors si vous souhaitez acheter du  vrai wax, prenez garde!!

Monia

 

Références
Petite histoire du wax_Frou-Frou Paris
Tendance : le langage du Wax décrypté dans deux livres_Jeune Afrique
Le wax: origines & fabrication_L’atelier de Maki
Origine et significations du wax: l’histoire derrière le tissu et les motifs_Awale Mag
Les Nana Benz de Lomé_Comi Toulabor
#Tissus # L’origine DU WAX_Deer & Doe

 

 

 

 

Aistou Cuisine

Le 21 juin 2018,

Aistou cuisine

Lorsque nous étions au Sénégal, nous avons craqué pour le moringa, une plante également appelée « arbre de vie ». Son pseudo, elle le doit à ses innombrables vertus! Riches en protéines, en antioxydants ou encore en vitamine C, le moringa est un véritable allié santé. Les feuilles de l’arbre de vie, souvent consommées en infusion, sont également utilisées en cuisine traditionnelle dans les sauces par exemple.

Moringa Olifeira
« L’arbre de vie »

Lors de notre séjour à Dakar, nous avons fait un stock de feuilles de moringa (réduites sous forme de poudre). Dernièrement, alors que je cherchais une recette sucrée pour faire des tests avec la poudre de moringa,  j’ai eu la chance de tomber sur une recette de cake à la farine de mil et moringa proposée par le blog Aistou Cuisine. En plus des desserts, j’y ai trouvé de nombreuses recettes de boissons et de plats.

Aistou Cuisine
Blog Aistou Cuisine

Le blog a également un onglet « PARTENARIATS » sur lequel je m’empresse de cliquer! Je découvre alors que Aistou Cuisine propose des créations de recettes, la rédaction d’articles ainsi que de la vidéo culinaire. Il ne m’en fallait pas plus pour prendre contact et en savoir plus. Comme vous le savez (ou pas encore si vous nous découvrez :)), nous souhaitons valoriser des produits agroalimentaires ouest-africains au sein d’une gamme de snacking. C’est pourquoi un partenaire pour la création de recettes nous intéresse.

Rapidement, Aistou Cuisine nous propose un rendez-vous téléphonique pour le 21 juin. Derrière le nom d’Aistou Cuisine se cache Aïssatou Mbaye. C’est une jeune maman sénégalaise de 28 ans qui vit à Paris depuis environ 8 ans.  Aïssatou est manager au sein d’une banque mais dès qu’elle quitte son attaché-case, Aïssatou enfile son tablier et se consacre à l’une de ses passions: la cuisine. C’est pour partager cette passion qu’Aïssatou crée son blog en 2015. Elle y revisite des recettes occidentales avec des produits ouest-africains. Son objectif est la valorisation des saveurs africaines à travers des recettes aux combinaisons originales. En plus de son blog, Aïssatou donne des cours de cuisine dans le 2ème arrondissement de Paris 1 fois/mois.

Aïssatou est très impliquée dans la valorisation des produits ouest-africain. Elle nous explique qu’en 2017 elle devient ambassadrice de « Smart Food ». La « Smart Food initiative », mise en place par l’ICRISAT (International Crops Research Institute for the Semi-Arid Tropics) en partenariat avec le programme Feed the Future, vise à rendre certaines céréales, dont le mil et le sorgho, de nouveau attractives dans les zones semi-arides en Afrique et en Inde. Le but : éduquer tout un chacun, fermiers, consommateurs, travailleurs de santé, responsables gouvernementaux, aux nombreux avantages et usages du mil et du sorgho. Autant de pistes pour lutter en Afrique comme en Inde contre la malnutrition, l’obésité ou l’anémie. Ainsi, Aïssatou a développé des recettes à base de mil, d’arachide, de moringa et de sorgho sous le label Aistou Cuisine qu’elle a partagé sur les réseaux sociaux.

Smart food initiative

En 2017, Aïssatou participe également au challenge « Blogger Foodie Madness »organisé par Accor Hôtels. Le principe ? Pendant 16 semaines, 16 blogueurs culinaires originaires de 16 pays du monde s’affrontent pour tenter de décrocher un séjour à Singapour et assister au Food & Wine Festival by AccorHotels. Aïssatou fut la seule représentante africaine. Elle est arrivée en demi-final avec son super burger au poulet yassa. Bravo Aïssatou!! 🙂

Cette rencontre avec Aïssatou fut passionnante. Nous partageons le même objectif de valorisation des produits et saveurs africains encore peu connus en Europe.
Si vous recherchez de super recettes aux saveurs africaines, n’hésitez pas à faire un tour sur le blog d’Aïssatou!!

PS: Merci Aïssatou pour ta recette de cake au mil & moringa! On s’est régalés 😉

Cake mil & moringa
Cake au mil & moringa

Monia

 

Capp’O Sud

caposud

Mardi 5 juin, Montpellier.

Lorsque nous avons décidé de cibler la transformation agroalimentaire, nous avons tout de suite pensé à l’Institut National d’Etude Supérieures Agronomiques de Montpellier, aussi connu sous le nom de Montpellier SupAgro. C’est un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel, doté du statut de Grand établissement.

SupAgro, les chiffres clés
Parmi les services proposés par SupAgro, deux nous ont particulièrement intéressés: l’incubateur d’entreprises Agro Valo Méditerranée et la Cellule d’Appui aux Porteurs de Projet Orientés Sud, Capp’O Sud. C’est elle que nous avons rencontrée.

Capp’O Sud s’adresse à tous les porteurs de projet au Sud, qui souhaitent créer une activité ou une entreprise dans un pays du Maghreb, d’Afrique de l’Ouest, d’Amérique latine ou d’Asie. Tiens ça tombe bien! Nous sommes porteurs de projet et nous souhaitons travailler avec l’Afrique de l’Ouest! 🙂
Cette cellule met au service des porteurs de projet l’expertise, l’expérience et l’important réseau de contacts d’un campus au rayonnement international sur les thèmes de l’agronomie et du développement agricole, de l’agro-alimentaire et de l’environnement. Cet appui est aussi bien scientifique et technique que méthodologique.
Capp’O Sud dispose de partenariats avec de nombreuses universités ouest-africaines. Au Sénégal, la cellule collabore avec l’Institution Sainte Jeanne d’Arc, l’Université Gaston Bergé, l’Ecole Supérieure Polytechnique de Dakar et l’ITA (Institut de Technologie Alimentaire). La cellule collabore également avec des incubateurs, des ONGs et des programmes de développement. La majeure partie de son activité est située en Afrique.

Nous avons contacté Mr Christian Baranger, Chargé de projet et animateur de la cellule Capp’O Sud. Mr Baranger possède un parcours professionnel impressionnant. Il a travaillé, entre autres, au Ministère de l’Agriculture, ainsi qu’au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), dans l’Océan indien et au Brésil. Il a œuvré pour la Coopération Française en République Centrafricaine (appui aux structures rurales et accompagnement aux porteurs de micro-projets individuels). Depuis 4 ans, il est Chargé de Mission au sein du service «Développement, Expertise, Formation, Ingénierie pour le Sud » (DEFIS) de l’Institut des régions Chaudes (IRC) de Montpellier SupAgro. C’est le service DEFIS qui anime la cellule Capp’O Sud!

L'Equipe DEFIS
L’équipe du service DEFIS

Nous avons été chaleureusement accueillis à l’IRC, qui héberge la Cellule Capp’O Sud. Surprise, Mr Baranger n’était pas seul! Il était accompagné par Mme Christine Moretti, Chef de projet au service DEFIS. Mme Moretti est Ingénieure d’études à Montpellier SupAgro depuis bientôt 10 ans. Elle participe au montage et à la mise en œuvre de projets de coopération internationale et d’expertise avec des partenaires de pays en développement (Afrique, Amérique du Sud, Asie).
Autant dire que nous étions en présence de poids lourds du montage de projet en Afrique!

 

Après un bon café, nous nous installons dans une salle de réunion au 1er étage. Mr Baranger nous décrit les différentes missions de Capp’O Sud. En particulier, celle de  l’accompagnement de porteurs de projet externes mais également d’étudiants de SupAgro dans la création d’entreprise. Capp’O Sud joue un rôle important dans la sensibilisation des étudiants de l’IRC à l’entrepreneuriat en proposant différents cursus et modules dédiés à la création d’entreprise. La cellule a également établi de nombreux partenariats avec des incubateurs au Sud tels que La Fabrique (Burkina Faso), MakeSense (Sénégal), Cluster Menara (Maroc), SENS (Bénin), Jokkolabs (Côte d’Ivoire), Transform IECD (Côte d’ivoire).

Afin de valider leur formation, les étudiants sont soumis à un cas entrepreneurial. Soit le cas concerne leur propre projet, soit ils choisissent de travailler sur celui d’un porteur de projet externe (comme le nôtre par exemple, sacrée coïncidence!).

Dans le cas où nous collaborerions avec l’IRC, les étudiants (avec l’appui des experts/chercheurs de la cellule Capp’O Sud), prendraient en charge:

  • la bibliographie scientifique
  • l’aide dans l’élaboration de la recette/des mélanges
  • les tests produits en laboratoire (dans la Halle Technologique du CIRAD): analyses nutritionnelles et gustatives, composition, process, impact de la cuisson, sélection d’ingrédients adaptés…
  • le passage du stade artisanal au stade semi-industriel ou industriel
  • le sourcing des ingrédients en Afrique

Collaborer avec Capp’O Sud nous permettrait à la fois de soutenir des étudiants du Sud dans leur formation, élargir notre réseau en Afrique de l’Ouest et concrétiser une part importante de notre projet :).

Cette rencontre a été riche en informations et marque peut-être le début d’une future collaboration. Merci à Mr Baranger et Mme Moretti pour leur écoute et leur intérêt 🙂

A très vite pour la suite de l’aventure!

Monia

 

 

Le Repaire des Cookies

Samedi 9 juin, Sommières.

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Ce matin nous nous rendons dans la ville de Sommières (Gard), à mi-chemin entre Montpellier et Nîmes, à la rencontre du chef François Jacques, qui y tient sa biscuiterie Le Repaire des Cookies. François fait partie du réseau de la FABIC (cf notre article précédent), mais nous n’avions pas pu le rencontrer à l’afterwork. Nous avons de la chance, François fait visiter sa biscuiterie les samedis matin (le prévenir quelques jours avant pour réserver quand même!). En l’appelant il nous confie être déjà au courant du projet par l’intermédiaire de Laure (fondatrice de la FABIC); ça c’est de l’efficacité!

L’accueil est excellent, François n’économise pas ses mots, et nous avons échangé pendant près de 3h dans son atelier! François a une (très) longue et riche expérience en cuisine. Diplômé de l’école hôtelière d’Avignon, il a passé une grande partie de sa carrière à l’étranger, et notamment aux Etats-Unis, où il a été (entre autres) chef de rang puis chef cuisiner à l’Ambassade de France à Washington. Il est aussi passé par la Suisse où il s’est formé à la chocolaterie au sein de la Maison Cartier (attention, rien à voir avec les montres…). Après un passage par la Chine (chef cuisinier pour Sodexo), puis à nouveau par la Suisse et les Etats-Unis, François revient dans le Sud pour une mission de responsable en restauration collective. C’est en 2016 qu’il voit passer une annonce LeBoncoin de vente d’une biscuiterie à Sommières, et décide de sauter le pas. L’aventure du Repaire des Cookies est lancée et la marque commercialise ses produits depuis début 2018.

François Jacques, Gérant Le Repaire des Cookies, avec et sans l’habit 🙂

En allant sur le site internet (dont la 1ère page donne sincèrement envie de faire une pause gourmande…), vous découvrirez toute la gamme de François. Il y en a pour tous les goûts : cookies tout-choco, cranberries, cacahuètes, caramel, oranges confites, abricots secs… mais aussi pour tous les régimes: une gamme de deux cookies (chocolat lait et noir) sont sans gluten (à base de farine de riz et farine de châtaigne). Nous avons testé en « live » le tout-choco: un vrai délice, avec une petite pointe de sel qui fait la différence. Nous sommes repartis avec cinq ou six paquets différents, ça serait dommage de ne pas tout tester…Monia a craqué pour le tout-choco, quand à moi je penche pour le chocolat lait et caramel.

Les petits avantages de se lancer dans le culinaire…

François a le soucis des bons produits, nous l’avons tout de suite compris. Sa gamme est entièrement certifiée biologique, et les ingrédients sont sélectionnés avec grand soin, dont une partie en local (comme la farine du Moulin de Sauret produite à Montpellier). Certains ingrédients, comme l’ajout d’une pointe de sel ou l’utilisation du rapadura (sucre de canne complet) font mouche à la dégustation. Contrairement aux cookies industriels gras et très sucrés, on sent une certaine légèreté qui nous fait replonger la main dans le paquet assez rapidement!

Vous pouvez trouver les cookies dans les caves coopératives et épiceries de la région, ainsi que dans le réseau de la Ruche qui dit Oui (vous trouverez ici la liste des points de vente). François commence également à démarcher et s’implanter dans les magasins bio, ainsi que dans des réseaux de grossistes comme le M.I.N de Montpellier.

Touche à tout et globe trotter dans l’âme, François est quelqu’un de très ouvert et sympathique, qui s’est imprégné de toutes les cultures qu’il a traversées. Et c’est évidemment une bonne nouvelle pour nous, qui souhaitons introduire de l’exotisme dans nos préparations…affaire à suivre!

Un grand merci pour son accueil, ses conseils et ses petites anecdotes.

Edouard

 

La FABIC

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Jeudi 7 juin, Montpellier.

C’est par une belle journée de début d’été (le soleil s’est enfin installé dans le Sud) que nous nous retrouvons dans le jardin de la boulangerie artisanale Drôle de Pain. Nous avons été conviés à un afterwork organisé par la FABIC: la Fabrique d’Innovation Culinaire. La FABIC est une entreprise créée par Laure Barbaza en 2017, dont l’idée est de mettre à disposition des cuisines professionnelles partagées. C’est en quelque sorte le premier « Airbnb » de la cuisine pro.

La start-up propose également d’autres services, que l’on peut résumer ainsi (ok j’ai piqué directement les infos du site internet): « des tarifs préférentiels sur des matières premières aux utilisateurs FABIC / la mise à disposition de chefs / l’organisation de pools de consommateurs / la mise en réseau avec d’autres professionnels (photographe culinaire, agence spécialisé de communication, distributeurs…) »

Autant de services qui seraient à même de nous intéresser, car nous recherchons à la fois un cadre professionnel pour cuisiner, un chef qui élaborerait nos recettes, des potentiels clients pour tester nos produits, et l’accès à un carnet d’adresses.

drôle de pain
Ambiance détendue dans le jardin de Drôle de Pain / Photo©Les 3 Grâces

Laure est diplômée de Sciences Po, formation complétée par un master en intelligence économique. Après ses études, elle a travaillé durant 5 années dans le domaine du conseil, puis a décidé de tout arrêter pour se consacrer à sa passion, la cuisine. Elle monte sa propre pâtisserie, Les Gourmandises de Baba, et passe en parallèle le CAP Pâtissier. C’est en se lançant dans cette aventure qu’elle se rend compte des difficultés, notamment financières, que peuvent rencontrer les entrepreneurs dans le milieu culinaire:  le coût d’un matériel de cuisine professionnel et d’un accès à des locaux adaptés est très élevé. L’idée de la FABIC commence alors à germer.

Laure
Laure, fondatrice de la FABIC / Photo©FABIC

Aujourd’hui 8 cuisines sont disponibles sur Montpellier, nous avons eu l’occasion d’en visiter une sur le secteur Millénaire. Drôle de Pain a été le premier partenaire qui a fait confiance à Laure. La FABIC est parrainée par le Cl’hub des Chefs d’Oc, qui regroupe 13 chefs de restaurants gastro de Montpellier. En plus de ce parrainage, la start-up est accompagné par des Ambassadeurs, principalement des formateurs et des chefs cuisiniers. C’est un de ces chefs, Arnaud Bourg-Broc, que nous avons l’occasion de rencontrer pendant l’afterwork, et a qui nous avons présenté notre idée. Arnaud est le chef de la maison pâtissière Certifié Toqué. Il a récemment concouru, avec son équipe, dans l’émission Le Meilleure Pâtissier: les professionnels sur M6. Cela valait bien une petite photo pour l’Instagram de Monia! Nous avons aussi eu l’occasion d’échanger avec des formateurs, un photographe culinaire et un spécialiste des fruits et plantes tropicales.

Arnaud
Monia en compagnie d’Arnaud, chef de la maison Certifié Toqué

Laure nous a également mis en relation avec un second chef de la région, François Jacques, que nous avons eu l’occasion de rencontrer peu de temps après dans son atelier du Gard. Il sera l’objet d’un prochain article…stay connected!

Edouard

 

 

Sénégal: l’heure du bilan

L'heure du bilan

Début mai, Montpellier.

Après presque un mois de vadrouille au Sénégal, on est revenus en France la tête remplie de souvenirs et surtout avec une idée bien précise du tournant que nous souhaitons donner à notre projet.

Avant notre départ pour Dakar, nous avons étudié l’environnement sénégalais sous différents angles (santé, numérique, éducation, agroalimentaire…) et nous nous sommes fixés plusieurs objectifs. A votre avis, les avons-nous atteints?
La réponse est oui et encore oui! 🙂 Bravo les copains!! (un peu d’auto-congratulation ne fait pas de mal).

Check list blog

Parmi les découvertes que nous avons le plus appréciées, il y a la gastronomie et les produits agroalimentaires sénégalais (enfin pas entièrement une découverte pour Mathy…). On en a pris plein les papilles!! Surtout, nous avons été ravis de faire connaissance avec différents fruits ouest africains, dont le fruit du baobab et le maad ou encore des plantes comme le kinkéliba et le moringa, aux milles vertus. D’ailleurs, au cours de notre immersion au Dakar Farmers Market, nous avions perçu toute la richesse du terroir sénégalais à travers différents produits transformés tels que les jus de baobab, les noix de cajou au sésame (gros coup de ❤) ou la purée de piment.

Si j’insiste sur la cuisine et les trésors agroalimentaires sénégalais, cela n’est pas innocent :). L’une des passions que nous partageons, Mathy, Edouard et moi-même, c’est l’expérience gustative et le bien manger. Valoriser et commercialiser des plantes et fruits d’Afrique de l’Ouest en France, en les incorporant à des produits transformés ? Tiens! En voila une bonne idée :). Au delà de notre amour pour « la bouffe », ce projet tirerait profit de nos compétences à tous les 3: la valorisation scientifique des produits concernés (Mathy & Monia), l’achat et le transport (Edouard), le marketing & la communication (Monia).
What else?!

Nous avons déjà démarré l’étude de marché et rencontré des acteurs indispensables à la réussite du projet, ici, dans la région de Montpellier. Pour en savoir plus suivez le lien La FABIC

Monia

Nos dernières rencontres à Dakar

inter Destinations

Cela fait un petit moment que nous n’avons pas publié, mais il y a une bonne raison à cela : le projet a beaucoup évolué et s’est précisé depuis notre retour en France!

Pour autant nous n’avons pas oublié nos dernières rencontres lors de notre séjour au Sénégal, que nous avons voulons vous retranscrire, comme si on y était encore 🙂

 

Vendredi 20 avril, Dakar.

Aujourd’hui nous nous rendons dans le quartier MERMOZ, à la rencontre de la merveilleuse équipe de SOORETUL. L’accueil est des plus chaleureux, c’est Seydou (en charge du marketing et de la communication) qui vient nous chercher car nous nous étions un peu (beaucoup) perdus. Nous nous installons dans la pièce où l’équipe travaille, en compagnie d’Awa, la fondatrice de SOORETUL, et d’Alioune, en charge de la livraison et de la relation clientèle.

Discussion
En « grande » discussion avec Awa Caba, fondatrice de SOORETUL

SOORETUL, fondé en 2014, est la première plateforme digitale de promotion et de vente en ligne des produits agricoles transformés au Sénégal. L’entreprise permet aux femmes sénégalaises, actrices de la transformation, d’être beaucoup plus visibles et de commercialiser leurs produits à l’échelle nationale et internationale. En effet, pour les femmes n’ayant pas de boutique physique, la seule solution pour vendre sont les foires agricoles annuelles comme la FIARA, mais qui ne durent que quelques jours. 15 PME de femmes transformatrices travaillent aujourd’hui en collaboration avec SOORETUL, soit au total 2500 femmes concernées, et plus de 400 produits sont référencés sur la plateforme (céréales locales, confitures, jus, sirops, conserves, produits halieutiques, cosmétiques…). Les consommateurs commandent en ligne et peuvent soit venir récupérer leur commande, soit être livrés chez eux. SOORETUL propose aussi un service traiteur pour les entreprises, ainsi que du contenu en ligne, comme l’élaboration de recettes.

Un des challenges de l’entreprise aujourd’hui, est de pouvoir répondre à la demande de la diaspora sénégalaise présente en France (et en Europe), qui est en recherche des produits « du pays ». La demande est également forte au Canada et aux Etats-Unis, où la diaspora sénégalaise est très présente.

Au fil de la discussion, Awa met en avant les bienfaits des plantes naturelles et céréales locales, comme le fonio, céréale sans gluten adaptée notamment aux personnes diabétiques. La problématique étant que ces produits ne sont pas ou peu valorisés d’un point de vue scientifique (recherche, documentation). Il y a là un vaste champ de possible pour faire gagner ces ingrédients en popularité et en crédibilité. Le moringa par exemple, souvent ajouté dans les plats sénégalais sous forme de feuilles séchées (pour faciliter la digestion), est peu valorisé sous forme de poudre ou de graines comme c’est le cas en Europe (utilisé notamment pour faire des cures), où les bienfaits du moringa sont de mieux en mieux connus et documentés.

Nous avons abordé les problématiques de la création d’entreprise au Sénégal, et SOORETUL nous a donné une vue globale de l’écosystème tech agricole, ainsi que de l’environnement légal et normatif. Nous avons passé un peu de temps dans l’entrepôt de stockage pour mieux connaître les produits, et nous ne sommes évidemment pas repartis les mains vides !

Entrepôt
Un petit tour du côté de l’entrepôt !

L’entrevue s’est finie par une séance de shooting photo autour de la bannière de l’entreprise, dans la bonne humeur. Un grand merci à l’équipe de SOORETUL pour cet accueil exceptionnel !

Photo shoot
Avec Seydou et Alioune, le classique photo shoot

 

Samedi 21 avril, Dakar.

Aujourd’hui direction le quartier Sacré Cœur à la rencontre de Babacar BIRANE, co-fondateur de CONCREE. CONCREE est une plateforme en ligne de mise en relation entre d’un côté, des startups, et de l’autre, des investisseurs, des mentors et d’autres entreprises qui peuvent apporter leurs compétences (réseau social avec boite de chat). Elle permet aux jeunes entreprises de nouer des contacts et de rencontrer de potentiels investisseurs en indiquant clairement leur stade de développement (idée, test concept, test marché etc) ainsi que leurs besoins (conseils, échanges de compétences, partenaires, espace de travail…). La plateforme met également à disposition un ensemble d’outils de business planning. CONCREE apporte donc des solutions « face aux problèmes rencontrés par les entrepreneurs dans leur recherche d’accompagnement, de collaborateurs et de financement ».

logo-concree.jpg

L’entreprise se développe aujourd’hui sur l’idée, selon les mots de Babacar, « du Uber de l’accompagnement ». Autrement dit, avoir en partie le rôle d’un incubateur mais en ligne, sous la forme d’une communauté, avec un accès à un package de services : formation, suivi, travail sur le business plan, mis en relation avec des investisseurs, travail sur le juridique… La communauté est à ce jour composée d’environ 800 membres basés dans 30 pays.

CONCREE étant spécialisé dans l’accompagnement d’entreprises, nous en avons profité pour exposer à Babacar une idée qui germait dans nos esprits, à savoir la valorisation des plantes et fruits sénégalais en France, sous forme de produits transformés. Il nous a donné plusieurs pistes de réflexion : la création de valeur ajoutée, le packaging des produits agro, l’impact social direct en générant des revenus, la mise à profit de nos compétences, ou encore le cadre juridique de la création d’entreprise. Il nous a aussi donné une idée plus précise du fonctionnement de l’écosystème entrepreneurial au Sénégal.

Nous avons beaucoup apprécié cet échange avec Babacar, qui est une personne très ouverte et sympathique. Et nous avons fini par la traditionnelle séance photo autour du kakémono de CONCREE !

Babacar
En compagnie de Babacar, co-fondateur de CONCREE

 

Lundi 23 avril, Dakar.

C’est par un bel après-midi à Dakar que nous nous sommes rendus au café-restaurant chez Lulu pour déjeuner avec Eva Sow Ebion. Elle nous a fait découvrir cet endroit plein de charme situé au niveau de la corniche Ouest, qui propose également des fournitures de maison. Eva a une longue et solide expérience dans l’accompagnement d’entreprises innovantes. Elle a notamment travaillé pendant plus de 5 ans au CTIC de Dakar, le premier incubateur TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) lancé en Afrique de l’Ouest. Eva est arrivée avec un grand sourire et a sorti de sa besace, tout au long de notre entretien, plein d’idées et de conseils par rapport à nos envies d’entreprendre. Ayant aujourd’hui sa propre société de coaching, elle collabore principalement avec des institutions africaines comme l’UEMOA et l’Union Africaine, ainsi que des Ministères (Bénin, Togo, Djibouti…), pour la mise en place de programmes d’accompagnement et d’incubateurs à destination des entrepreneurs.

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Difficile de faire un résumé tant le nombre de sujets abordés était grand!

Nous avons discuté de la création de la chaîne de valeur dans le domaine agricole (production, conservation, transformation, packaging, promotion des produits made in Sénégal). Pour Eva la valorisation des produits transformés sénégalais doit passer par un accompagnement global, notamment sur le packaging, qui est aujourd’hui peut adapté à l’export. Mais aussi sur les normes !

Eva nous apporté des pistes de réflexion sur la valorisation de nouveaux produits peu connus en Europe. Elle a établi le même constat que SOORETUL sur la faible valorisation scientifique des plantes et fruits sénégalais.

Nous avons également abordé les problématiques de la certification Bio ou encore de la traçabilité des produits agricoles. Elle-même étant la fondatrice de NDOUGI, une plateforme de livraison de paniers de fruits et légumes bio au Sénégal, elle nous a conseillé sur la vente via les plateformes en ligne. De son expérience, le point le plus sensible dans ce secteur reste le nombre trop faible de producteurs, ce qui peut se traduire rapidement par une tension sur l’offre de produits disponibles. Il faut donc diversifier autant que possible son réseau de producteurs et penser à organiser sa propre production. Il y a peu de produits certifiés Bio au Sénégal. Pourquoi ? Principalement à cause du coût que cela représente. En effet il n’y a pas d’organisme de certification Bio et il faut donc se tourner vers des organismes étrangers comme Ecocert pour obtenir ce label.

Eva
Eva, Tech Ecosystem Lover

Pour ceux comme nous qui veulent démarrer un projet entrepreneurial, le financement est aussi un point crucial. Parmi les diverses sources possibles, Eva nous a parlé de la Direction à l’Entreprenariat Rapide (DER). Macky SALL, le président de la République du Sénégal, a créé cette direction et y a injecté 30 milliards de FCFA exclusivement dédiés aux femmes et aux jeunes entrepreneurs. Pour les sénégalais de la diaspora vivant en France et ayant un projet entrepreneurial au Sénégal, il a également été question du Programme d’Appui aux Initiatives de Solidarité pour le Développement (PAISD).

Eva nous a parlé et mis en relation avec plusieurs de ses contacts, dans le domaine agro/cosmétique, ou encore e-commerce (ShopMeAway que Mathy a eu l’occasion de rencontrer).

Nous avons passé un très bon moment, tellement que nous avons oublié la photo-souvenir de groupe. Merci Eva  et bon vent pour tous tes projets!

Mathy et Edouard