Nos dernières rencontres à Dakar

inter Destinations

Cela fait un petit moment que nous n’avons pas publié, mais il y a une bonne raison à cela : le projet a beaucoup évolué et s’est précisé depuis notre retour en France!

Pour autant nous n’avons pas oublié nos dernières rencontres lors de notre séjour au Sénégal, que nous avons voulons vous retranscrire, comme si on y était encore 🙂

 

Vendredi 20 avril, Dakar.

Aujourd’hui nous nous rendons dans le quartier MERMOZ, à la rencontre de la merveilleuse équipe de SOORETUL. L’accueil est des plus chaleureux, c’est Seydou (en charge du marketing et de la communication) qui vient nous chercher car nous nous étions un peu (beaucoup) perdus. Nous nous installons dans la pièce où l’équipe travaille, en compagnie d’Awa, la fondatrice de SOORETUL, et d’Alioune, en charge de la livraison et de la relation clientèle.

Discussion
En « grande » discussion avec Awa Caba, fondatrice de SOORETUL

SOORETUL, fondé en 2014, est la première plateforme digitale de promotion et de vente en ligne des produits agricoles transformés au Sénégal. L’entreprise permet aux femmes sénégalaises, actrices de la transformation, d’être beaucoup plus visibles et de commercialiser leurs produits à l’échelle nationale et internationale. En effet, pour les femmes n’ayant pas de boutique physique, la seule solution pour vendre sont les foires agricoles annuelles comme la FIARA, mais qui ne durent que quelques jours. 15 PME de femmes transformatrices travaillent aujourd’hui en collaboration avec SOORETUL, soit au total 2500 femmes concernées, et plus de 400 produits sont référencés sur la plateforme (céréales locales, confitures, jus, sirops, conserves, produits halieutiques, cosmétiques…). Les consommateurs commandent en ligne et peuvent soit venir récupérer leur commande, soit être livrés chez eux. SOORETUL propose aussi un service traiteur pour les entreprises, ainsi que du contenu en ligne, comme l’élaboration de recettes.

Un des challenges de l’entreprise aujourd’hui, est de pouvoir répondre à la demande de la diaspora sénégalaise présente en France (et en Europe), qui est en recherche des produits « du pays ». La demande est également forte au Canada et aux Etats-Unis, où la diaspora sénégalaise est très présente.

Au fil de la discussion, Awa met en avant les bienfaits des plantes naturelles et céréales locales, comme le fonio, céréale sans gluten adaptée notamment aux personnes diabétiques. La problématique étant que ces produits ne sont pas ou peu valorisés d’un point de vue scientifique (recherche, documentation). Il y a là un vaste champ de possible pour faire gagner ces ingrédients en popularité et en crédibilité. Le moringa par exemple, souvent ajouté dans les plats sénégalais sous forme de feuilles séchées (pour faciliter la digestion), est peu valorisé sous forme de poudre ou de graines comme c’est le cas en Europe (utilisé notamment pour faire des cures), où les bienfaits du moringa sont de mieux en mieux connus et documentés.

Nous avons abordé les problématiques de la création d’entreprise au Sénégal, et SOORETUL nous a donné une vue globale de l’écosystème tech agricole, ainsi que de l’environnement légal et normatif. Nous avons passé un peu de temps dans l’entrepôt de stockage pour mieux connaître les produits, et nous ne sommes évidemment pas repartis les mains vides !

Entrepôt
Un petit tour du côté de l’entrepôt !

L’entrevue s’est finie par une séance de shooting photo autour de la bannière de l’entreprise, dans la bonne humeur. Un grand merci à l’équipe de SOORETUL pour cet accueil exceptionnel !

Photo shoot
Avec Seydou et Alioune, le classique photo shoot

 

Samedi 21 avril, Dakar.

Aujourd’hui direction le quartier Sacré Cœur à la rencontre de Babacar BIRANE, co-fondateur de CONCREE. CONCREE est une plateforme en ligne de mise en relation entre d’un côté, des startups, et de l’autre, des investisseurs, des mentors et d’autres entreprises qui peuvent apporter leurs compétences (réseau social avec boite de chat). Elle permet aux jeunes entreprises de nouer des contacts et de rencontrer de potentiels investisseurs en indiquant clairement leur stade de développement (idée, test concept, test marché etc) ainsi que leurs besoins (conseils, échanges de compétences, partenaires, espace de travail…). La plateforme met également à disposition un ensemble d’outils de business planning. CONCREE apporte donc des solutions « face aux problèmes rencontrés par les entrepreneurs dans leur recherche d’accompagnement, de collaborateurs et de financement ».

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L’entreprise se développe aujourd’hui sur l’idée, selon les mots de Babacar, « du Uber de l’accompagnement ». Autrement dit, avoir en partie le rôle d’un incubateur mais en ligne, sous la forme d’une communauté, avec un accès à un package de services : formation, suivi, travail sur le business plan, mis en relation avec des investisseurs, travail sur le juridique… La communauté est à ce jour composée d’environ 800 membres basés dans 30 pays.

CONCREE étant spécialisé dans l’accompagnement d’entreprises, nous en avons profité pour exposer à Babacar une idée qui germait dans nos esprits, à savoir la valorisation des plantes et fruits sénégalais en France, sous forme de produits transformés. Il nous a donné plusieurs pistes de réflexion : la création de valeur ajoutée, le packaging des produits agro, l’impact social direct en générant des revenus, la mise à profit de nos compétences, ou encore le cadre juridique de la création d’entreprise. Il nous a aussi donné une idée plus précise du fonctionnement de l’écosystème entrepreneurial au Sénégal.

Nous avons beaucoup apprécié cet échange avec Babacar, qui est une personne très ouverte et sympathique. Et nous avons fini par la traditionnelle séance photo autour du kakémono de CONCREE !

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En compagnie de Babacar, co-fondateur de CONCREE

 

Lundi 23 avril, Dakar.

C’est par un bel après-midi à Dakar que nous nous sommes rendus au café-restaurant chez Lulu pour déjeuner avec Eva Sow Ebion. Elle nous a fait découvrir cet endroit plein de charme situé au niveau de la corniche Ouest, qui propose également des fournitures de maison. Eva a une longue et solide expérience dans l’accompagnement d’entreprises innovantes. Elle a notamment travaillé pendant plus de 5 ans au CTIC de Dakar, le premier incubateur TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) lancé en Afrique de l’Ouest. Eva est arrivée avec un grand sourire et a sorti de sa besace, tout au long de notre entretien, plein d’idées et de conseils par rapport à nos envies d’entreprendre. Ayant aujourd’hui sa propre société de coaching, elle collabore principalement avec des institutions africaines comme l’UEMOA et l’Union Africaine, ainsi que des Ministères (Bénin, Togo, Djibouti…), pour la mise en place de programmes d’accompagnement et d’incubateurs à destination des entrepreneurs.

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Difficile de faire un résumé tant le nombre de sujets abordés était grand!

Nous avons discuté de la création de la chaîne de valeur dans le domaine agricole (production, conservation, transformation, packaging, promotion des produits made in Sénégal). Pour Eva la valorisation des produits transformés sénégalais doit passer par un accompagnement global, notamment sur le packaging, qui est aujourd’hui peut adapté à l’export. Mais aussi sur les normes !

Eva nous apporté des pistes de réflexion sur la valorisation de nouveaux produits peu connus en Europe. Elle a établi le même constat que SOORETUL sur la faible valorisation scientifique des plantes et fruits sénégalais.

Nous avons également abordé les problématiques de la certification Bio ou encore de la traçabilité des produits agricoles. Elle-même étant la fondatrice de NDOUGI, une plateforme de livraison de paniers de fruits et légumes bio au Sénégal, elle nous a conseillé sur la vente via les plateformes en ligne. De son expérience, le point le plus sensible dans ce secteur reste le nombre trop faible de producteurs, ce qui peut se traduire rapidement par une tension sur l’offre de produits disponibles. Il faut donc diversifier autant que possible son réseau de producteurs et penser à organiser sa propre production. Il y a peu de produits certifiés Bio au Sénégal. Pourquoi ? Principalement à cause du coût que cela représente. En effet il n’y a pas d’organisme de certification Bio et il faut donc se tourner vers des organismes étrangers comme Ecocert pour obtenir ce label.

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Eva, Tech Ecosystem Lover

Pour ceux comme nous qui veulent démarrer un projet entrepreneurial, le financement est aussi un point crucial. Parmi les diverses sources possibles, Eva nous a parlé de la Direction à l’Entreprenariat Rapide (DER). Macky SALL, le président de la République du Sénégal, a créé cette direction et y a injecté 30 milliards de FCFA exclusivement dédiés aux femmes et aux jeunes entrepreneurs. Pour les sénégalais de la diaspora vivant en France et ayant un projet entrepreneurial au Sénégal, il a également été question du Programme d’Appui aux Initiatives de Solidarité pour le Développement (PAISD).

Eva nous a parlé et mis en relation avec plusieurs de ses contacts, dans le domaine agro/cosmétique, ou encore e-commerce (ShopMeAway que Mathy a eu l’occasion de rencontrer).

Nous avons passé un très bon moment, tellement que nous avons oublié la photo-souvenir de groupe. Merci Eva  et bon vent pour tous tes projets!

Mathy et Edouard

Poste de Santé de Fadiouth

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Lundi 9 avril, Joal-Fadiouth.

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Localisation de Joal-Fadiouth

Joal-Fadiouth est situé au sud-Est de Dakar, la capitale du Sénégal. Deux villages reliés par un pont: Joal avec ses 5023 hectares, est situé sur le littoral, quand Fadiouth est une petite île artificielle de 12 hectares, faite en coquillage. Une des fiertés de Joal, c’est l’enfant du village, Léopold Sédar Senghor, le premier président de la République du Sénégal, également poète et écrivain. Nous y sommes pour un séjour de 2 jours.

C’est dans le paisible petit village de Fadiouth, que « Le Baron », de son vrai nom Ousmane, notre guide haut en couleur, nous a présenté l’infirmière du poste de santé. Ce dernier est situé non loin du petit pont qui relie le village à son vieux et beau cimetière totalement habillé de coquillages et où, fait unique au Sénégal, musulmans et catholiques enterrent leurs morts.

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Poste de santé de Fadiouth

Mais revenons aux vivants. Fatoumata a 6 ans d’expérience et cela fait un an qu’elle travaille là. Elle habite au-dessus du poste de santé et est disponible 24h/24 pour ses malades pour qui elle fait autant office d’infirmière que de sage-femme. Elle nous a expliqué que si la majeure partie des centres de santé au Sénégal disposait de sages-femmes, ce n’était pas le cas du petit village de Fadiouth avec ses 3 à 4 accouchements par mois…

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Fatoumata, infirmière au Poste de santé de Fadiouth

Pour financer le centre, la mairie lui affecte un petite somme chaque année. En 2017 le budget était de 300.000 FCFA (environ 450 euros) pour toute l’année ! Un montant dérisoire par rapport aux besoins… Il faut donc passer au système D! Si elle est payée par l’Etat, c’est avec la vente des médicaments et les 500 FCFA (moins d’1 euro) de ticket de consultation par patient, qu’elle gère tant bien que mal le centre. Elle achète les médicaments à Joal et y rajoute un petit pourcentage à la vente à Fadiouth. C’est avec ces sources de revenus qu’elle paye le petit personnel et les factures d’eau et d’électricité. Elle reçoit aussi de temps à autre des dons, de touristes par exemple…

Concernant les besoins, ils sont nombreux mais les plus urgents sont ceux en médicaments (antibiotiques, anti-hypertenseurs, antalgiques…), en matériel vieillissant à remplacer (tables d’accouchement, tables chauffantes pour les bébés) et en fonds pour payer les factures. Ici, tous les dossiers sont sous format papier. Un ordinateur permettrait de faciliter et le suivi des patients et le travail du centre.

 

Une bonne nouvelle tout de même: depuis 2013 les Sénégalais peuvent disposer de la «Couverture Maladie Universelle» (CMU). Selon Fatoumata, cette CMU permet à la population locale de couvrir 80% de leurs frais de santé. Il ne leur reste donc plus que 20% à leur charge. Étrangement, si à Joal la plupart des habitants sont couverts, cela ne serait pas le cas à Fadiouth malgré les tentatives de sensibilisation de la population.

Il n’y a pas non plus de médecins à Fadiouth. Les consultations quotidiennes sont assurées par Fatoumata. Lorsqu’elle est confrontée à un cas difficile, elle joint par téléphone le médecin généraliste de Joal où le patient est redirigé si nécessaire. Nous avons été agréablement surpris d’apprendre qu’une ambulance était disponible gratuitement pour transférer les malades de Fadiouth vers Joal si besoin.
Mais si il faut consulter un spécialiste, nous dit Fatoumata, il faudra aller jusqu’à Mbour, situé à une trentaine de km de Joal-Fadiouth! Le maillage médical est donc faible dans cette zone. A l’ère de l’e-santé et de la télémédecine, à défaut d’avoir tous les médecins sur place, des consultations à distance de qualité pourraient être envisagées. Mais pour le moment à Fadiouth, on en est à un manque d’ordinateur.

A défaut, le dévouement et l’inventivité de la maîtresse des lieux font des petits miracles dans cette petite île aux coquillages.

Mathy

SENAR – Les Délices Lysa

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Lundi 16 avril, Dakar.

Ce matin nous décidons d’aller visiter les boutiques des transformateurs-trices que nous avions rencontré(e)s au Dakar Farmers Market. Et peut-être aurons-nous l’occasion d’en savoir plus sur les produits, en rencontrant celles et ceux qui les côtoient au quotidien. En effet, sur le marché il y avait foule et il n’était pas toujours évident d’avoir un échange approfondi.

Après quelques péripéties, nous arrivons à bon port et sommes introduits à l’intérieur du bâtiment. Puis nous sommes chaleureusement accueilli(e)s par Sylvie Sagbo Gommard, la directrice adjointe de LYSA & CO, qui porte la marque SENAR – Les Délices Lysa. Nous ne nous attendions pas à un tel accueil, et mieux qu’une visite en boutique, nous avons la chance de nous assoir autour de la table et d’échanger pendant une bonne heure sur l’histoire et les activités de LYSA & CO, sur le parcours de Sylvie et sur notre projet au Sénégal.

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Sylvie Sagbo Gommard, Directrice adjointe de LYSA & CO

LYSA & CO est une SA sénégalaise basée à Dakar et spécialisée dans la transformation et la commercialisation d’arachides, de noix de cajou et de maïs. L’histoire de la marque SENAR – Les Délices Lysa est une histoire familiale. En 1977, Lydie Sagbo, la mère de Sylvie, commence à vendre des arachides transformées devant chez elle. En 1982, elle crée la marque SENAR (SEnegal ARachide) et commence à commercialiser sa production dans les supermarchés de Dakar. En 1987, l’entreprise étend son offre avec la vente de noix de cajou et de pop-corn sous la marque Les Délices Lysa (pour LYdie SAgbo).

Sylvie part faire ses études en France puis y lance sa carrière professionnelle, dans le domaine de la finance de marché, puis plus tard de la restauration avec l’ouverture d’un restaurant en région parisienne. Elle n’en suit pas moins de près l’aventure entrepreneuriale de sa mère et s’implique dans le développement de SENAR – Les Délices Lysa. Sylvie nous parle avec passion de l’histoire de la société, et nous avons pu saluer sa maman qui a fait une courte apparition dans la pièce. Bravo à cette femme qui a mis tant d’efforts à bâtir et faire vivre sa société !

En 2015, Sylvie revient au Sénégal et reprend les rênes de l’entreprise. L’idée est de la faire rentrer dans une nouvelle phase de croissance, et de saisir tout le potentiel de la marque et de ses produits. En 2017, LYSA & CO est créé, et le fonds TERANGA CAPITAL investit dans l’entreprise. Une nouvelle unité de transformation devrait voir le jour fin 2018, afin notamment de répondre à une demande croissante. Cette nouvelle phase devrait aussi permettre à la société d’accélérer son développement commercial et de conquérir de nouveaux marchés à l’export. La qualité des produits devrait sans nul doute conquérir le cœur des consommateurs du monde entier ! En mars 2018, la société a remporté le Prix d’Encouragement du Salon de l’Agriculture à Paris.

Aujourd’hui les produits sont principalement commercialisés dans les chaînes de distribution sénégalaises (Citydia, Exclusive, Auchan, Casino…), les hôtels (ex : Novotel) et en vente directe (ex : le fameux Dakar Farmers Market !).

Produits SENAR
Un aperçu de la gamme SENAR- Les Délices Lysa

Après avoir écouté attentivement les explications de Sylvie, nous passons à une autre étape, et pas des moins agréables, la dégustation !! Tout en savourant un beurre de cajou 100% naturel, Sylvie nous explique l’ensemble du process, de l’approvisionnement en local de la matière première à la transformation et la commercialisation de ses produits. L’entreprise met un point d’orgue à respecter un processus artisanal de transformation (tri minutieux, cuisson au feu de bois, salage au cœur), et d’utilisation d’ingrédients 100% naturel, gage de qualité. Et cela se ressent en bouche, un vrai délice ! Nous en apprenons beaucoup sur le fruit de l’anacardier, appelé la pomme de cajou, avec lequel on peut faire des confitures et des jus. Et la fameuse « amande » ou noix de cajou, celle que l’on retrouve sur la table. C’est également l’opportunité d’en apprendre plus sur les contraintes à l’export et à l’import (Union Européenne) des produits alimentaires transformés au Sénégal.

Pomme de cajou
La pomme de cajou, et en dessous l’amande cachée sous sa coque

La gamme de SENAR – Les Délices Lysa est très large, et Sylvie a encore beaucoup d’idées dans sa botte secrète ! Nous avons aussi pu tester le délicieux cajoutella, les cajous pralinées au sésame (personnellement mon coup de cœur), à l’anis, au gingembre, les cajous grillées/salées et nature, et les cacahuètes grillées. Autant dire que nous ne sommes pas repartis les mains vides !

Un grand merci à Sylvie pour son accueil chaleureux et le temps accordé, ce fut un plaisir de pouvoir échanger sur sa société et ressentir son énergie entrepreneuriale communicative !

D’ailleurs si vous voulez suivre les aventures de SENAR – Les Délices Lysa et les dernières recettes, ça se passe ici.

« Croquez un jour, Craquez toujours! »

Edouard

 

Biosene

Produits Biosene

Mercredi 18 avril, Dakar.

On recherche avec obsession du beurre de karité…Oui mais pas n’importe lequel ! Il faut qu’il soit local et 100% naturel.
La mère et la grand-mère de Mathy nous mettent en garde : le beurre de karité généralement vendu au Sénégal provient du Mali ou du Burkina Fasso et il est difficile d’avoir une traçabilité sur le processus de transformation de la noix. Le « Dakar Farmers Market » fait alors écho dans nos têtes ! On récupère les flyers des standistes récoltés durant l’évènement et celui de l’entreprise Biosene fait mouche : « 100% naturel », « Free GMO »,  « Beurre de karité » … what else ?! Nous décidons d’en savoir plus sur l’entreprise et ses produits. Direction la zone industrielle Sodida à Dakar, au pied de la radio dunya !

Arrivés dans la boutique, nous demandons s’il est possible de rencontrer un(e) commercial(e). Très naturellement, notre hôtesse nous indique le 1er étage. Nous sommes alors chaleureusement accueillis par Mao BA, le directeur adjoint de la société, et Mme Mame Rokhaya FALL, une des commerciales.

Biosene est une entreprise familiale leader dans la production et la transformation des produits agro-alimentaires et cosmétiques au Sénégal. Les matières premières sont issues de la récolte et de la cueillette locale : moringa, karité, hibiscus, jojoba, pain de singe, coco, miel…
La gamme de produits est variée : compléments alimentaires sous forme de poudre, feuilles, gélules, mais aussi produits cosmétiques formulés en crèmes, huiles ou beurres. Leur leitmotiv : santé & beauté pour un « mieux vivre » et un « mieux-être » de nos consommateurs.

L’histoire de Biosene débute en 2005. A cette époque, l’entreprise, fondée par l’incroyable Mame Khary DIENE,  est connue sous le nom des Laboratoires Bioessence. C’est une PMI spécialisée dans la cosmétique naturelle et biologique et les compléments alimentaires naturels.

Mame Khary Diene
Distinctions obtenues par Mame Khary DIENE

A l’origine, les Laboratoires Bioessence proposent exclusivement du beurre de karité et de l’huile de baobab certifié bio. Puis la société se diversifie avec une gamme de produits agro-alimentaires. En 2017, Les laboratoires Bioessence sont renommés Biosene. C’est alors la petite-sœur de Mame Khary DIENE, Salamba DIENE, qui reprend les rênes de l’entreprise.

Salamba Diene
Salamba DIENE

Les produits viennent essentiellement de Kédougou (Sénégal oriental) et Kolda où la société collabore avec des GIE (Groupement d’Intérêt Economique) de femmes transformatrices. Biosene s’inscrit clairement dans une volonté d’aide aux femmes sénégalaises et joue un véritable rôle social.

Au Sénégal, les produits Biosene sont distribués dans plusieurs supermarchés tels que les Casino et le Sea Plazza à Dakar. A l’international, Biosene exporte en France, aux Etats-Unis, au Canada et en Asie. Leurs produits sont distribués essentiellement dans les boutiques exotiques, l’objectif de la société à moyen terme etant de pénétrer le marché du Bio.

Parmi les challenges que l’entreprise doit relever, on compte d’abord celui de l’exportation. Il n’est pas évident de faire des envois depuis Dakar en respectant les délais et la qualité de la livraison. La meilleure solution serait d’avoir des distributeurs dans les pays cibles. Une autre problématique est celle du packaging. Biosene importe une partie de leur emballage de France afin de pouvoir exporter leurs produits dans les normes. Le packaging est un problème global au Sénégal et un réel frein à l’exportation. Aujourd’hui, Biosene travaille sur la création d’un site e-commerce afin de valoriser leur gamme de produits naturels.

Nous avons craqués et sommes repartis avec du beurre de karité évidemment (objectif atteint !!!) mais également des savons, de la poudre de baobab et de moringa !
A travers Biosene, nous avons découvert un Sénégal exigent quand à la qualité de ses produits transformés, dynamique sur le point de vue de l’innovation produit, et engagé socialement à travers ses partenariat avec des GIE de femmes transformatrices.

Nous souhaitons à Biosene une bonne continuation pour tous leurs projets et nous avons hâte de pouvoir retrouver leurs produits en France dans les magasins Bio 😉

Monia

La qualité Biosene
Ils font confiance à Biosene

 

Ministère de la Santé: Cellule Santé Digitale

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Mardi 17 avril, Dakar.

Grâce à un contact audacieusement pris par Monia (merci Monia !!), nous avons réussi à avoir une entrée au Ministère de la Santé. Direction le Centre Hospitalier National Universitaire de Fann, où se trouve également le Ministère. Le centre dispose de plusieurs compétences (ORL, neurologie, neurochirurgie, cardiologie…) et est notamment pionnier pour son expertise en Afrique dans le domaine de la psychiatrie.

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Le Ministère de la Santé et de l’Action Sociale du Sénégal

Nous avons rendez-vous pour un entretien de 45min avec le Docteur Ibrahima DIA. Le Docteur DIA est Géographe de la Santé et enseignant chercheur associé à l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar et au CESAG. Il est aujourd’hui le Coordinateur de la Cellule de la Carte sanitaire et sociale et de la Santé digitale. Il est donc chargé de la Stratégie nationale e-santé (décidée fin 2016). Autrement dit, de la mise en place de tous les moyens digitaux (ex : téléconsultations) qui permettront aux populations isolées où dans le besoin d’avoir accès à la santé. Cette stratégie passe donc par l’utilisation des TIC ( Technologies de l’Information et de la Communication), en plein boom au Sénégal, et qui sont porteurs de grands espoirs pour résoudre certaines problématiques fondamentales du pays.

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La stratégie de e-santé fait partie du vaste chantier PSE (Plan Sénégal Émergent) lancé par le président Macky Sall en 2014

La Cellule du Dr DIA a donc un rôle politique d’encadrement de toutes les initiatives prises par le public et le privé (startups, ONG…), de sélection des meilleurs projets et idées, et enfin de pilotage de leurs mises en pratique. Une tâche titanesque ! Comme il tient à nous le préciser, le Ministère ne développera pas les solutions e-santé, mais définira un cadre juridique et réglementaire. La Stratégie devrait être signée et validée par le Ministre de la Santé très prochainement, et les premières consultations lancées dans la foulée.

Le Docteur nous a rappelé dans un premier temps son rôle dans la mise en place de la Carte Sanitaire 2016-2020 : l’organisation de l’offre de soins, c’est-à-dire la répartition de tous les centres de soins sur l’ensemble du territoire, dans un souci d’équité (accessibilité géographique).

Puis il nous a présenté, de façon claire et organisée, les différentes problématiques auxquelles fait face le Sénégal, et auxquelles le numérique peut apporter une réponse :

  • Le manque ou l’absence d’accès aux structures de soins (le Dr nous a notamment cité l’absence de pédiatres dans certaines zones reculées)
  • La difficulté de la maîtrise des stocks de médicaments une fois sortis de la pharmacie ou du centre de santé. Et donc la problématique de l’utilisation de médicaments périmés
  • Le manque de laboratoires d’analyse
  • Les naissances et les décès non déclarés
  • Le manque d’interconnexion entre les ambulances et les urgences. Une information transmise à temps en amont au service d’urgence qui accueille le patient permettrait de sauver plus de vies
  • Des systèmes d’information hospitaliers non uniformisés et non connectés entre eux
  • La difficulté à assurer la traçabilité du patient. Beaucoup de registres de patients sont encore tenus à la main dans les centres de santé. Nous avons eu l’occasion de nous en rendre compte en interviewant une infirmière au centre de santé de Fadiouth.
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Le centre de santé de Fadiouth (120km au sud-est de Dakar)

La tâche est certes conséquente, mais l’espoir est permis, notamment grâce au numérique. La télémédecine (par exemple la consultation d’un médecin à distance par l’intermédiaire d’une application ou d’une interface mobile) peut ainsi répondre au manque de médecins dans les zones isolées. Le Ministère de la Santé, prenant appui sur la forte pénétration du mobile dans la société sénégalaise, a déployé en 2016 le programme M-Diabète. Ce programme permet à des personnes diabétiques de recevoir des conseils par SMS pour gérer leur diabète au quotidien, mais également sensibiliser les personnes non-diabétiques. Il a connu un succès important avec 50 000 inscrits (on estime que 400 000 personnes sont diabétiques au Sénégal*).

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Le programme M-Diabète

Concernant le manque de laboratoires d’analyse, une solution envisagée est l’utilisation de drones pour la délivrance de médicaments en zones reculées, et le transport d’échantillons ou de poches de sang. Cette technique ne relève pas de la science-fiction et a été testée pour la première fois au Rwanda.

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La livraison de poches de sang par drones est depuis peu une réalité, ici au Rwanda (source: Le Monde)

Une meilleure efficience dans l’harmonisation des SI (systèmes d’information) des hôpitaux et centres de soins est également possible aujourd’hui avec des systèmes comme le DHIS2, qui permet une remontée d’information du niveau local au niveau national, et ainsi mieux appréhender les besoins. Utilisé dans 42 pays africains, ce logiciel libre peut être adapté aux besoins spécifiques de chaque pays.

La e-formation (ou e-learning) des personnels de santé est une autre utilisation possible des TIC. Le Dr DIA nous a en effet expliqué que des centres de santé ne disposant que d’un médecin chef souffraient de l’absence de ce dernier qui devait se déplacer pour se former. La formation à distance est donc une réponse efficace.

Nous n’avons certes pas couverts toutes les problématiques et solutions envisageables au cours de notre entrevue avec le Dr DIA, mais nous avons compris qu’une stratégie se basant sur les avantages du numérique (et faisant appel à tous les acteurs de la santé) pouvait changer la donne, au Sénégal et ailleurs.

Merci au Dr DIA pour son chaleureux accueil !

Edouard

*Site de l’OMS, http://www.who.int/features/2014/mobile-phones-diabetes-ramadan/fr/

 

Proplast Industrie

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Lundi 16 avril, Dakar.

Cette après-midi nous avons rendez-vous avec Macoumba DIAGNE, Directeur de PROPLAST INDUSTRIE et Manager du Cabinet ESPERE Sénégal. Nous sommes accueilli(e)s chaleureusement, comme à notre habitude, et nous nous asseyons autour de la table. L’entreprise PROPLAST INDUSTRIE se positionne à sa création comme le leader du recyclage de déchets plastiques au Sénégal.

Macoumba nous raconte dans un premier temps son parcours. Comptable de formation, il dispose d’une expérience en ingénierie financière et s’est ensuite spécialisé en développement durable. A l’issu de ses études il décide de monter un cabinet qui accompagne les porteurs de projets sénégalais (Centre d’Appui et de Promotion de l’Entrepreneuriat au Sénégal). C’est par ce biais qu’il effectue une formation en développement durable auprès du directeur France du Cabinet ESPERE. ESPERE est un bureau d’étude travaillant sur les thématiques du développement durable, du changement climatique (bilans carbone) et de l’accompagnement en RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Macoumba lui propose de créer une antenne au Sénégal, ce qui est chose faite en 2007.

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Macoumba DIAGNE, Directeur de PROPLAST INDUSTRIE

En travaillant sur les bilans carbone des entreprises locales, il prend connaissance du centre de traitement des déchets plastiques PROPLAST, alors financé et géré par l’ONG italienne LVIA. Grâce à un bilan carbone positif, le crédit carbone de PROPLAST est racheté par le cabinet ESPERE et l’argent redistribué aux 14 femmes travaillant dans le centre de traitement. Macoumba reconnaît la compétence des femmes et voit dans le centre une activité à fort potentiel, qu’il faut développer et professionnaliser. Il souhaite aussi mettre à profit sur le terrain ce qu’il a appris à travers ses formations. En s’associant à ESPERE (dont les membres acceptent de baisser leur masse salariale de 10% en France pour soutenir le projet !), Macoumba reprend l’activité de l’ONG et crée la SARL PROPLAST INDUSTRIE en 2010. Le centre de traitement est basé à Thiès (à 70 km de Dakar).

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Le centre de tri et de recyclage de Thiès

Un véritable travail de sensibilisation est effectué par Macoumba auprès des femmes du centre, afin d’emmener l’entreprise vers un modèle économique rentable. PROPLAST entame alors un partenariat avec la SIMPA (Société Industrielle et Moderne des Plastiques Africains), acteur majeur de l’emballage, qui rachète le plastique recyclé par le centre de Thiès. De 6T/mois collectées en 2011, PROPLAST passe à 30T/mois en 2014. Afin d’augmenter la productivité, il faut plus de plastique, et l’idée de RECUPLAST commence à germer. En communiquant massivement sur le fait que le plastique ne doit plus être considéré comme un « déchet » mais comme une ressource, le projet est lancé en 2015. RECUPLAST se veut être un système de réseau de collecte et point de vente pour acheter les déchets plastiques et vendre des produits issus du recyclage de ceux-ci. Une économie circulaire est ainsi créée autour du plastique. L’incitation financière (le particulier gagne de l’argent en déposant son plastique, le responsable du point de collecte en vendant des objets recyclés) est dans ce cas un excellent moyen de faire bouger les lignes. Aujourd’hui 8 points de collecte existent à Dakar, et l’objectif de RECUPLAST est de couvrir tout le territoire. Un partenariat avec Orange Money (système de paiement mobile très utilisé au Sénégal) est en cours, qui permettra de faciliter les transactions entre RECUPLAST et les utilisateurs.

Point de collecte
Un des points de collecte RECUPLAST

Le projet adresse deux problématiques essentielles au pays, que nous avons pu observer de nos propres yeux lors de nos voyages et déplacements : vider les rues et les champs des déchets plastiques ; et créer de l’emploi en embauchant des gens pour s’occuper des points de collecte. Le Ministre de l’Environnement sénégalais listait ainsi en 2017 tous les maux liés aux plastiques jetés dans la nature : « encombrement des caniveaux et des égouts, contribuant ainsi à la récurrence de déversement des eaux usées ou des inondations », « dégradation des terres de culture qui entraîne une baisse des surfaces agricoles, du taux d’infiltration et par conséquent la réduction du rendement agricole », « brûlage des déchets plastiques entraînant la production de polluants (…) tels que les dioxines furanes qui provoquent le cancer, l’irritation des yeux ainsi que des maladies cardiovasculaires et respiratoires », « mortalité accrue par indigestion et étouffement au niveau du bétail et de la faune due aux sachets plastiques* ». Sans compter l’impact touristique…

Pollution plastique

Pollution plastique
Un canal pollué de Dakar, en contact direct avec l’océan

L’activité de PROPLAST explose à partir de 2015 avec 120T de plastique collectées chaque mois. Le personnel du centre de traitement augmente en conséquence, de 25 à 240 personnes en l’espace de quelques années. La baisse du prix du pétrole en 2016 impacte l’activité, et le marché devient aussi plus concurrentiel. L’innovation apparaît alors essentielle : Macoumba lance la campagne « Une famille une poubelle », un projet de distribution d’un million de poubelle en partenariat avec la SIMPA (qui produit la poubelle), coûtant chacune 6000 CFA. Soit un projet de 6Mds CFA.

Une famille une poubelle
Campagne « Une famille, une poubelle »

En 2016 est créé le label Waste&Hope, qui a pour objectif de valoriser les ressources plastiques inexploitées, et de répartir équitablement les revenus issus de cette valorisation. Waste&Hope soutient l’initiative PROPLAST et lui permet notamment de vendre ses granulés recyclés en Europe. (A noter également le projet Le Pavé, en collaboration avec PROPLAST).

PROPLAST a donc réussi à transformer le défi de la pollution plastique en opportunité. Macoumba nous confie que désormais, il reste à impliquer les populations et mettre en place un réseau formel et professionnalisé. Une nouvelle usine de traitement est actuellement en construction à Thiès !

Nous avons été impressionné(e)s par la force de caractère de Macoumba et sa volonté de faire bouger les choses, et nous souhaitons à PROPLAST une pleine réussite dans sa stratégie « Ensemble pour un Sénégal sans déchets plastiques » !!

Edouard

Photo collective

*Dakar-Echo.com, http://www.dakar-echo.com/senegal-sans-dechets-plastiques-un-partenariat-entre-tous-les-acteurs-en-vue-dune-gestion-durable/

YDK International Consulting

logo YDK International Consulting

Dimanche 15 avril, Dakar.

Dimanche matin, 11h, direction un restaurant branché dans le quartier des Almadies à Dakar, « Chez Fatou », pour échanger avec Maty N’Dome Kebe autour d’un brunch.
Maty dirige son propre cabinet de consulting, YDK International Consulting, qu’elle a fondé en 2017. Elle conseille et accompagne les entreprises internationales et locales souhaitant se développer au Sénégal, dans leur stratégie marketing et commerciale. Maty est diplômée de l’Ecole de Management de Lyon et possède plus de 15 ans d’expérience au sein de multinationales telles que Impérial Tobacco, Antalis ou encore Jeune Afrique.

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Chez Fatou avec Maty 🙂

Franco-sénégalaise, elle puise son inspiration dans sa multi-culturalité. Après avoir vécu plusieurs années en France, elle s’est installée à Dakar début 2017. Elle n’a pas songé immédiatement à l’entrepreneuriat et recherchait un poste dans son champ de compétences : le marketing et l’accompagnement commercial. Malheureusement, elle a été confrontée à la réalité du marché du travail au Sénégal et à la difficulté d’intégrer une entreprise.

Ce qui nous a frappés chez Maty, c’est son dynamisme et sa facilité à échanger et à communiquer. C’est justement grâce son aisance relationnelle et ses diverses rencontres qu’elle s’est vite rendue compte que les PME dakaroises n’avaient pas de structure marketing intégrée et qu’il y’avait donc un réel besoin à satisfaire. YDK International Consulting est alors né ! Son leitmotiv : « Construire l’Afrique ensemble »

Justement, au même moment, son ancien employeur Jeune Afrique la contacte pour l’accompagner dans l’organisation d’un évènement à Dakar. C’est le début d’une belle aventure ! Petit à petit, Maty se construit un réseau, à la fois composé de PME et de grandes entreprises. Elle a également intégré des réseaux d’entrepreneurs tels qu’ENABLIS. C’est d’ailleurs par cet intermédiaire qu’elle rencontre l’entreprise SENAR Les Délices Lysa avec qui elle collabore aujourd’hui (un article sur SENAR Les délices de Lysa, avec qui nous avons échangé, est en cours de préparation).
Quand nous rencontrons Maty, elle vient tout juste de finir un projet avec Women In Africa. C’est un club de femmes décideurs africaines crée par l’emblématique Aude de Thuin. C’est un réseau que nous envisageons d’intégrer lorsque nous aurons notre projet bien défini.

Nous avons également échangé sur les codes business au Sénégal. Le premier point important selon Maty c’est le professionnalisme et la qualité du service/produit rendu. Ici, le canal de communication prédominant est le « bouche à oreille » (plus important que les réseaux sociaux) : si on fournit un bon travail, le bouche à oreille se chargera de diffuser l’information ! Mais attention, cela est également valable si on fait du mauvais boulot !
Ensuite, il est impératif de toujours être en possession d’une carte de visite et de rester HUMBLE ! Maty a insisté sur ce dernier point. Il faut s’adapter à la culture locale et ne pas vouloir imposer la sienne.

Après cette entrevue, on en sait beaucoup plus sur une partie des challenges auxquels font face les entreprises présentes au Sénégal. Merci beaucoup à Maty pour sa disponibilité. Bonne continuation et nous te souhaitons d’atteindre l’ensemble de tes objectifs. Au plaisir de se recroiser !

Monia