Proplast Industrie

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Lundi 16 avril, Dakar.

Cette après-midi nous avons rendez-vous avec Macoumba DIAGNE, Directeur de PROPLAST INDUSTRIE et Manager du Cabinet ESPERE Sénégal. Nous sommes accueilli(e)s chaleureusement, comme à notre habitude, et nous nous asseyons autour de la table. L’entreprise PROPLAST INDUSTRIE se positionne à sa création comme le leader du recyclage de déchets plastiques au Sénégal.

Macoumba nous raconte dans un premier temps son parcours. Comptable de formation, il dispose d’une expérience en ingénierie financière et s’est ensuite spécialisé en développement durable. A l’issu de ses études il décide de monter un cabinet qui accompagne les porteurs de projets sénégalais (Centre d’Appui et de Promotion de l’Entrepreneuriat au Sénégal). C’est par ce biais qu’il effectue une formation en développement durable auprès du directeur France du Cabinet ESPERE. ESPERE est un bureau d’étude travaillant sur les thématiques du développement durable, du changement climatique (bilans carbone) et de l’accompagnement en RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Macoumba lui propose de créer une antenne au Sénégal, ce qui est chose faite en 2007.

Macoumba DIAGNE
Macoumba DIAGNE, Directeur de PROPLAST INDUSTRIE

En travaillant sur les bilans carbone des entreprises locales, il prend connaissance du centre de traitement des déchets plastiques PROPLAST, alors financé et géré par l’ONG italienne LVIA. Grâce à un bilan carbone positif, le crédit carbone de PROPLAST est racheté par le cabinet ESPERE et l’argent redistribué aux 14 femmes travaillant dans le centre de traitement. Macoumba reconnaît la compétence des femmes et voit dans le centre une activité à fort potentiel, qu’il faut développer et professionnaliser. Il souhaite aussi mettre à profit sur le terrain ce qu’il a appris à travers ses formations. En s’associant à ESPERE (dont les membres acceptent de baisser leur masse salariale de 10% en France pour soutenir le projet !), Macoumba reprend l’activité de l’ONG et crée la SARL PROPLAST INDUSTRIE en 2010. Le centre de traitement est basé à Thiès (à 70 km de Dakar).

Centre THIES
Le centre de tri et de recyclage de Thiès

Un véritable travail de sensibilisation est effectué par Macoumba auprès des femmes du centre, afin d’emmener l’entreprise vers un modèle économique rentable. PROPLAST entame alors un partenariat avec la SIMPA (Société Industrielle et Moderne des Plastiques Africains), acteur majeur de l’emballage, qui rachète le plastique recyclé par le centre de Thiès. De 6T/mois collectées en 2011, PROPLAST passe à 30T/mois en 2014. Afin d’augmenter la productivité, il faut plus de plastique, et l’idée de RECUPLAST commence à germer. En communiquant massivement sur le fait que le plastique ne doit plus être considéré comme un « déchet » mais comme une ressource, le projet est lancé en 2015. RECUPLAST se veut être un système de réseau de collecte et point de vente pour acheter les déchets plastiques et vendre des produits issus du recyclage de ceux-ci. Une économie circulaire est ainsi créée autour du plastique. L’incitation financière (le particulier gagne de l’argent en déposant son plastique, le responsable du point de collecte en vendant des objets recyclés) est dans ce cas un excellent moyen de faire bouger les lignes. Aujourd’hui 8 points de collecte existent à Dakar, et l’objectif de RECUPLAST est de couvrir tout le territoire. Un partenariat avec Orange Money (système de paiement mobile très utilisé au Sénégal) est en cours, qui permettra de faciliter les transactions entre RECUPLAST et les utilisateurs.

Point de collecte
Un des points de collecte RECUPLAST

Le projet adresse deux problématiques essentielles au pays, que nous avons pu observer de nos propres yeux lors de nos voyages et déplacements : vider les rues et les champs des déchets plastiques ; et créer de l’emploi en embauchant des gens pour s’occuper des points de collecte. Le Ministre de l’Environnement sénégalais listait ainsi en 2017 tous les maux liés aux plastiques jetés dans la nature : « encombrement des caniveaux et des égouts, contribuant ainsi à la récurrence de déversement des eaux usées ou des inondations », « dégradation des terres de culture qui entraîne une baisse des surfaces agricoles, du taux d’infiltration et par conséquent la réduction du rendement agricole », « brûlage des déchets plastiques entraînant la production de polluants (…) tels que les dioxines furanes qui provoquent le cancer, l’irritation des yeux ainsi que des maladies cardiovasculaires et respiratoires », « mortalité accrue par indigestion et étouffement au niveau du bétail et de la faune due aux sachets plastiques* ». Sans compter l’impact touristique…

Pollution plastique

Pollution plastique
Un canal pollué de Dakar, en contact direct avec l’océan

L’activité de PROPLAST explose à partir de 2015 avec 120T de plastique collectées chaque mois. Le personnel du centre de traitement augmente en conséquence, de 25 à 240 personnes en l’espace de quelques années. La baisse du prix du pétrole en 2016 impacte l’activité, et le marché devient aussi plus concurrentiel. L’innovation apparaît alors essentielle : Macoumba lance la campagne « Une famille une poubelle », un projet de distribution d’un million de poubelle en partenariat avec la SIMPA (qui produit la poubelle), coûtant chacune 6000 CFA. Soit un projet de 6Mds CFA.

Une famille une poubelle
Campagne « Une famille, une poubelle »

En 2016 est créé le label Waste&Hope, qui a pour objectif de valoriser les ressources plastiques inexploitées, et de répartir équitablement les revenus issus de cette valorisation. Waste&Hope soutient l’initiative PROPLAST et lui permet notamment de vendre ses granulés recyclés en Europe. (A noter également le projet Le Pavé, en collaboration avec PROPLAST).

PROPLAST a donc réussi à transformer le défi de la pollution plastique en opportunité. Macoumba nous confie que désormais, il reste à impliquer les populations et mettre en place un réseau formel et professionnalisé. Une nouvelle usine de traitement est actuellement en construction à Thiès !

Nous avons été impressionné(e)s par la force de caractère de Macoumba et sa volonté de faire bouger les choses, et nous souhaitons à PROPLAST une pleine réussite dans sa stratégie « Ensemble pour un Sénégal sans déchets plastiques » !!

Edouard

Photo collective

*Dakar-Echo.com, http://www.dakar-echo.com/senegal-sans-dechets-plastiques-un-partenariat-entre-tous-les-acteurs-en-vue-dune-gestion-durable/

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