Économie

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Pour mieux appréhender ce nouveau pays que nous nous apprêtons à découvrir, nous avons défricher quelques grands thèmes, en commençant par l’économie. Celle ci fait partie des raisons qui nous ont attirés vers le Sénégal.

Dans ce domaine, il faut relativiser. L’économie sénégalaise est aujourd’hui en plein boom, mais c’est un fait récent et un long chemin reste à parcourir, notamment en terme de développement économique et social.

Le pays a enregistré une croissance supérieure à 6% trois années consécutives (6,8% en 2017 (1)), et la tendance devrait se poursuivre selon les différentes institutions internationales. Avec ces chiffres le Sénégal se positionne comme une des économies motrices de l’Afrique Subsaharienne. Le PIB a atteint 16 Mds$ en 2017, soit 1000$/hab (2). Cependant ces données sont à prendre au conditionnel, car l’économie informelle représente une grande partie de l’activité, entre 50% et 90% du PIB selon les sources (3). Les chiffres du chômage sont également difficiles à connaître avec précision, de 13% à 27% en fonction des sources.

Fumerie de poisson à Johal
Fumerie de poisson à Johal

Les chiffres du découpage par secteur économique montrent, entre autres, que le Sénégal rentre dans la catégorie des pays « en développement ». Plus de la moitié de la population travaille dans le secteur agricole, alors que ce dernier ne représente que 18% du PIB. Le secteur de la pêche, notamment au niveau des exportations, est prépondérant. On compte 63 000 pêcheurs artisans, et 600 000 emplois indirectement rattachés à la pêche (4). La production d’arachide est également un moteur important du secteur primaire, bien que moins prédominante que par le passé, et le secteur connaît des difficultés importantes (mauvaise qualité des sols notamment). L’agriculture est en majorité vivrière, avec des petites exploitations qui font vivre les familles qui les cultivent. L’autosuffisance alimentaire dans certains secteurs comme le riz (une grande partie est aujourd’hui importé d’Asie) fait partie des objectifs du PSE (Plan Sénégal Émergent), vaste plan d’investissement sur 10 ans de 10 000 Mds FCFA (15 Mds€). Ce plan vise à faire du Sénégal un pays émergent (à l’instar de l’Inde ou du Brésil aujourd’hui) à l’horizon 2025.  Les ressources minières sont présentes, mais en faible quantité par rapport à d’autres pays africains, ce qui peut être vue comme un chance, car l’économie sénégalaise s’en trouve plus diversifiée que certaines de ses consœurs. La production d’or est relativement importante, et étrangement le premier client à l’export est la Suisse…(5). Le pays mise également sur les mines de zircon (écrans plasma et industrie aéronautique), et d’ilménite (industrie chimique).

Minerai
Le secteur secondaire repose notamment sur l’exploitation minière (or, zinc, phosphate, fer)

Le secteur secondaire se développe et compte pour 20% des emplois et 23% du PIB (6). Le principal frein à ce développement étant les coupures d’électricité (délestages), qui constituent un des principaux « mal » du pays. En raison de la faiblesse de certaines industries de transformation, mais aussi de la concurrence chinoise et européenne, de nombreux bien sont importés, alors qu’ils pourraient être produits sur place. Certains droits de douane très favorables à l’import (comme sur le lait en poudre venant d’Europe) décourage l’essor d’une industrie locale. La balance commerciale (la différence entre les exportations et les importations de biens et services) est logiquement déficitaire (17% du PIB).

TIC
Le secteur des TIC est en pleine croissance au Sénégal

C’est le secteur tertiaire (services) qui tire l’économie sénégalaise. Bien que ne concernant que 28% des actifs, il produit 60% de la richesse nationale (7).Ce sont les télécoms et l’informatique qui mènent la danse, plus communément regroupés sous le terme de TIC: Technologies de l’Information et de la Communication. Dans ce domaine le gouvernement souhaite clairement faire du pays le hub technologique de l’Afrique de l’Ouest, et tous les ingrédients sont en effet réunis. Une situation politique stable, une économie diversifiée et en croissance, et de plus en plus de matière grise formée sur place ou qui rentre au pays après avoir suivi un cursus dans les écoles européennes ou les universités américaines. C’est cette nouvelle génération d’entrepreneurs et d’entrepreneuses, très tournée vers le digital, que nous allons rencontrer prochainement!

Edouard

(1): Jeune Afrique, fiche pays.
(2): id.
(3): « Enjeux et défis de l’entrepreneuriat au Sénégal », mémoire de fin d’étude HEC, E. Gaydon et P. Lebas, 2017.
(4): Guide du routard Sénégal 2017/2018
(5): https://atlas.media.mit.edu/fr/visualize/tree_map/hs92/export/sen/show/7108/2016/
(6): Société Générale, fiche pays, https://import-export.societegenerale.fr
(7): id.

 

 

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